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République slovaque : le parlement devrait rejeter une proposition de loi visant à limiter l’accès à un avortement sécurisé et légal

Lettre
Strasbourg 19/10/2021
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République slovaque : le parlement devrait rejeter une proposition de loi visant à limiter l’accès à un avortement sécurisé et légal

La Commissaire a rendu publique aujourd’hui une lettre qu’elle a envoyée au Conseil national de la République slovaque dans laquelle elle se déclare préoccupée par une proposition de loi en cours d’examen qui limiterait l’accès aux services d’avortement sécurisé et légal.

Pour la troisième fois en trois ans, la Commissaire s’adresse aux parlementaires slovaques pour attirer leur attention sur le fait que les tentatives de restreindre l’accès à un avortement sécurisé et légal mettraient les lois et pratiques de la République slovaque en conflit avec les obligations internationales du pays en matière de droits de l'homme et iraient à l’encontre du principe de non-régression des droits.

La Commissaire souligne que la proposition de prolonger le délai de réflexion obligatoire, qui passerait de 48 à 96 heures, et d’étendre son application à tous les cas sauf s’il y a danger immédiat pour la santé ou la vie de la femme, aggraverait une situation déjà problématique. La Commissaire fait aussi remarquer que la proposition d’interdire la « publicité » pour les services d’avortement risque d’empêcher les professionnels de santé de diffuser publiquement des informations sur les services d’avortement sécurisés. En ce qui concerne la proposition qui viserait à supprimer l’obligation, pour les médecins, de donner des informations sur les méthodes contraceptives et leur utilisation, la Commissaire rappelle qu’une approche de la santé sexuelle et reproductive fondée sur les droits humains suppose de faire en sorte que la contraception moderne soit abordable, disponible et accessible.

Enfin, la Commissaire note avec préoccupation que les tentatives répétées de limiter l’accès à un avortement sécurisé et légal révèlent une tendance alarmante dans le pays visant à saper la santé et les droits sexuels et reproductifs des femmes dans le pays et regrette que cela créé un environnement hostile aux défenseurs des droits de l'homme travaillant dans ce domaine.