« Je suis préoccupé par la situation actuelle des droits humains en Serbie, où, malgré les assurances que j’ai reçues des autorités lors de ma visite en avril, un recours excessif à la force est appliqué pour réprimer les manifestations », a déclaré le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Michael O’Flaherty.
Ces derniers jours ont été marqués par une recrudescence des troubles sociaux, avec des blocages organisés par des manifestants dans toute la Serbie, faisant suite à une manifestation largement pacifique le samedi 28 juin à Belgrade. « La liberté de réunion et la liberté d’expression sont des droits humains fondamentaux consacrés par la Convention européenne des droits de l’homme, et il est du devoir de la Serbie de les garantir. Les manifestations pacifiques sont des outils légitimes permettant à la société civile d’exprimer son mécontentement, notamment face à la situation politique, et doivent être protégées », a déclaré le Commissaire.
Un recours accru à la force par la police ainsi que des arrestations et détentions arbitraires ont eu lieu au cours de la semaine. « Je suis particulièrement préoccupé par l'arrestation d'enfants, ainsi que par le nombre d'étudiants inculpés d'infractions pénales ou hospitalisés pour blessures », a-t-il déclaré. Le Commissaire estime que l'utilisation de matraques, de gaz lacrymogènes, de grenades assourdissantes et, de manière générale, le recours à la force par la police contre les manifestants afin de lever les blocages, pourrait ne pas respecter les exigences de nécessité et de proportionnalité consacrées par le droit international relatif aux droits humains.
Lors de sa récente visite, le Commissaire avait déjà exprimé ses inquiétudes quant à la stigmatisation des manifestants, qui perdure dans le contexte actuel, les étudiants étant qualifiés de terroristes et de hooligans et accusés de tenter une « révolution de couleur ». « Une telle caractérisation erronée de ce mouvement étudiant, largement pacifique, doit être évitée à tout prix », a-t-il déclaré.
Le Commissaire juge inacceptable que les quatre individus jugés pour avoir infligé des blessures graves à deux étudiants en janvier dernier aient désormais été graciés. « J'appelle les autorités à enquêter sur tous les actes de violence, y compris ceux perpétrés par les forces de l'ordre, et à garantir qu'il n'y ait aucune impunité pour de tels actes. Le maintien de l'ordre public doit toujours être assuré dans le cadre d'un maintien de l'ordre démocratique, fondé sur le respect des droits humains.»
