Retour

La Commissaire Mijatovic est consternée par le verdict condamnant Oyub Titiev à une peine de 4 années de privation de liberté

Déclaration
Strasbourg 18/03/2019
  • Diminuer la taille du texte
  • Augmenter la taille du texte
  • Imprimer la page
  • Imprimer en PDF
Oyub Titiev, Grozny 2018 - © Human Rights Watch

Oyub Titiev, Grozny 2018 - © Human Rights Watch

Je suis consternée par la condamnation d’Oyub Titiev à 4 ans de privation de liberté dans une colonie pénitentiaire par le tribunal de Chali. M. Titiev, directeur du bureau tchétchène de l’organisation russe de défense des droits de l'homme « Memorial », est connu pour le travail important qu’il a accompli courageusement dans la région durant de nombreuses années et, plus particulièrement, pour ses efforts visant à établir les responsabilités dans des cas de violations graves des droits de l'homme.

D’emblée, les accusations de possession de marijuana portées contre Oyub Titiev avaient manqué de crédibilité. Il a expliqué que la drogue avait été dissimulée dans sa voiture à son insu, mais cette piste n’a jamais été explorée. En juillet 2018, j’ai attiré l’attention du procureur général de la Fédération de Russie sur les nombreuses défaillances relevées dans ce dossier par le Conseil des droits de l'homme auprès du Président de la Fédération de Russie. J’ai demandé l’adoption de mesures concrètes visant à garantir le respect des droits de M. Titiev, y compris sa libération immédiate. J’ai aussi demandé des informations sur les dispositions prises par les autorités de poursuite au vu des constatations du Conseil des droits de l'homme. Malheureusement, cette lettre reste à ce jour sans réponse.

La condamnation d’Oyub Titiev n’est que le dernier exemple en date d’une série d’initiatives ayant pour effet de créer un environnement hostile et dangereux pour les défenseurs des droits de l'homme en République tchétchène. Cela entraîne plus largement une dégradation de la situation des droits de l'homme dans la région. Une fois de plus, je demande instamment aux autorités de la Fédération de Russie de respecter leurs obligations et de veiller à ce que le système judiciaire ne soit pas utilisé pour harceler les défenseurs des droits de l'homme. J’aborderai de nouveau ce problème avec les autorités russes dès que possible.