Retour Le Commissaire appelle la Hongrie à respecter les droits humains des personnes LGBTI et à mettre fin aux restrictions imposées à l'espace civique

Déclaration
Le Commissaire appelle la Hongrie à respecter les droits humains des personnes LGBTI et à mettre fin aux restrictions imposées à l'espace civique

« Je suis présent ici à Budapest lors de la semaine des fiertés en solidarité avec les communautés LGBTI hongroises, en signe de respect et de célébration de leurs membres dans toute leur diversité, mais aussi en signe de rejet de la violation de leurs droits humains », a déclaré le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Michael O'Flaherty, lors de la 30e Conférence internationale sur les droits humains de la Pride de Budapest, le 25 juin 2025.

Lors de la conférence, le Commissaire O’Flaherty a exprimé sa profonde solidarité envers les personnes LGBTI et la société civile hongroise  (lire le discours). Le Commissaire, qui avait déjà exprimé son inquiétude au sujet de la législation permettant l’interdiction de rassemblements liés à l’égalité pour les personnes LGBTI, a exprimé sa profonde déception face à la décision d’interdire la Marche des fiertés de Budapest, prévue le samedi 28 juin. Il a également souligné que la Hongrie n’est malheureusement pas la seule dans ce cas : des interdictions similaires existent ailleurs, en droit comme en pratique. Lorsque les marches ont lieu, elles sont trop souvent accueillies par la haine, la violence et des arrestations massives ou arbitraires.

L'interdiction de la Marche des fiertés de Budapest est la dernière d'une série de répressions contre les personnes LGBTI en Hongrie, suite à l'introduction de la loi dite « anti propagande LGBTI » en 2021, actuellement soumise à une procédure d'infraction devant la Cour de justice de l'Union européenne.

« Nous devons rester unis face à ces menaces flagrantes pour les droits humains. La possibilité de se rassembler pacifiquement, de s'exprimer et d'être traité sur un pied d'égalité et avec dignité, indépendamment de son orientation sexuelle, de son identité ou expression de genre, ou de ses caractéristiques sexuelles, n'a rien à voir avec des idéologies ou des faveurs accordées à certains groupes . C'est une pierre angulaire des démocraties saines et fondées sur les droits humains, et un indicateur du fonctionnement de l'État de droit dans un pays. Ne pas défendre ces droits risque de saper les fondements mêmes de nos sociétés respectueuses du droit. Démanteler les droits humains de certains ne se fait pas de façon isolée ; tôt ou tard, ce sont les droits de tous qui sont affectés.

La répression contre les personnes LGBTI en Hongrie doit être replacée dans un contexte plus large. Rien qu'au cours de l'année écoulée, j'ai réagi à des amendements constitutionnels et législatifs successifs qui semblent viser à réduire au silence les organisations de la société civile et les médias indépendants, en restreignant leur espace d'action et en les stigmatisant dans des campagnes alimentées par la désinformation. Les acteurs de la société civile sont confrontés à des campagnes d’intimidation et de harcèlement en lien avec leur travail de défense des droits humains ou de dénonciation de la corruption. Je demeure profondément préoccupé par le projet de loi sur la transparence de la vie publique qui, dans sa version soumise au Parlement, porte atteinte fondamentalement à l'espace civique en Hongrie.

Ce week-end marquera le point culminant du mois des fiertés à Budapest. Nombreux sont ceux qui se rassembleront pour célébrer et défendre l'égalité et les droits humains de tous. J'appelle les autorités hongroises à permettre aux participants pacifiques de défiler en toute sécurité, sans crainte de représailles, de poursuites ou de violences. Les forces de l'ordre doivent garantir un espace de protection aux participants.

Plus généralement, les autorités devraient mettre fin aux mesures qui affaiblissent la société civile. Elles devraient créer un environnement de travail favorable aux défenseurs des droits humains, conformément aux normes internationales contraignantes en matière de droits humains. »

 

Budapest 27/06/2025
  • Diminuer la taille du texte
  • Augmenter la taille du texte
  • Imprimer la page