Retour 30 ans après le génocide de Srebrenica : honorer les victimes et prévenir de futures atrocités demeurent un devoir collectif

30 ans après le génocide de Srebrenica : honorer les victimes et prévenir de futures atrocités demeurent un devoir collectif

Dans son message publié à l'occasion du trentième anniversaire du génocide de Srebrenica, le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Michael O’Flaherty, a souligné l'importance d'honorer les victimes et d'écouter la société civile pour prévenir de futures violations des droits humains :

« J'étais en Bosnie-Herzégovine il y a 30 ans. Je me souviens très bien de la chute de chacune des zones de sécurité, avec ses conséquences terribles pour ceux qui y vivaient. Nous commémorons le génocide de Srebrenica en ce trentième anniversaire.

Nous nous souvenons et honorons les plus de 8 000 hommes et garçons massacrés à Srebrenica. Nous leur rendons hommage par la commémoration. Nous sommes déterminés à ne plus jamais voir une telle atrocité perpétrée sur le sol de notre continent.

Mais pour honorer et tenir cet engagement, nous devons tirer les leçons de ce qui s'est passé à Srebrenica. Nous devons, entre autres, nous rappeler combien il est essentiel de rester fortement investis dans une société civile dynamique.

La société civile a mis en garde contre ce qui allait se passer à Srebrenica. Elle n'a pas été écoutée. Mon propre supérieur, le rapporteur spécial des Nations Unies de l'époque, Tadeusz Mazowiecki, a également mis en garde. Il n'a pas été écouté. Il a démissionné en signe de protestation.

La société civile a été la voix qui a réclamé justice pour ceux qui ont été victimes du génocide. Les Mères de Srebrenica ont perpétué le récit de ce qui s'est passé, soucieuses de garantir que cela ne se reproduise plus jamais et que justice soit rendue.

Aujourd'hui, nous constatons que c'est encore la société civile qui nous alerte sur les atrocités imminentes et nous guide vers un avenir meilleur et plus pacifique. Mais alors même que nous reconnaissons le rôle essentiel de la société civile, nous devons reconnaître à quel point elle est menacée et sous pression. Partout en Europe, je constate à quel point la société civile est marginalisée, soumise aux menaces et à la violence, sujette à des lois et règlementations abusives, qui l'empêchent de remplir sa mission.

Ceci n’est pas acceptable. Nous devons saisir cette occasion pour réaffirmer le rôle central de la société civile dans la construction de sociétés sûres et prospères.

Je nous encourage tous aujourd'hui à placer notre engagement envers cet objectif au cœur de la manière dont nous honorons personnellement la mémoire de ceux qui ont été tués à Srebrenica. »

Regardez le message vidéo du Commissaire :

Strasbourg 10/07/2025
  • Diminuer la taille du texte
  • Augmenter la taille du texte
  • Imprimer la page