L’apprentissage interculturel dans l’éducation formelle et non formelle
L’éducation formelle
L’éducation interculturelle formelle inclut les programmes scolaires et les initiatives développées et mises en œuvre par l’école. L’école est, tout comme la famille, un agent majeur de socialisation par le biais duquel les enfants non seulement reçoivent une instruction, mais aussi apprennent l’essentiel de leurs codes culturels. Ces codes culturels doivent offrir une ouverture sur les autres cultures, les autres religions et les autres modes de vie.
Des efforts considérables ont été déployés pour que le système scolaire formel réponde aux exigences du XXIe siècle et aide les enfants et les jeunes à acquérir des compétences interculturelles, ainsi qu’à respecter les droits éducatifs des minorités.
En ce qui concerne les droits des minorités en matière d’éducation, si des progrès significatifs ont été réalisés, nous sommes toujours confrontés à des violations des droits humains, telles que la ségrégation et une offre éducative de moindre qualité dans les écoles des minorités.
Le rôle de l’école en tant que moyen d’accueil, de socialisation et d’inclusion des enfants issus de groupes minoritaires est irremplaçable. L’intégration d’une dimension interculturelle dans l’éducation des enfants et des jeunes issus des minorités devrait permettre à chacun de donner un sens à sa propre identité et d’acquérir le respect de soi. Les programmes d’éducation formelle, qui reflètent bien souvent la culture dominante, devraient offrir un espace qui permette aux enfants d’apprendre les codes culturels tout en leur donnant la possibilité de façonner leur propre identité et d’accéder à l’autonomie.
Le Conseil de l’Europe a élaboré un Cadre de compétences pour une culture de la démocratie dans l’objectif d’aider les systèmes éducatifs à préparer les apprenants à participer concrètement à une culture de la démocratie et à vivre ensemble en paix dans des sociétés culturellement plurielles. Les compétences présentées dans ce cadre peuvent toutes être enseignées, apprises et évaluées, et sont regroupées en quatre catégories : valeurs, attitudes, compétences, connaissances et esprit critique. Dans ce cadre, l’apprentissage interculturel est perçu comme un élément essentiel des processus démocratiques au sein de sociétés plurielles sur le plan culturel.
L’éducation non formelle
Les objectifs de l’apprentissage interculturel non formel coïncident en grande partie avec ceux de l’apprentissage interculturel formel. Les différences entre ces deux approches se situent essentiellement au niveau des intervenants et des méthodes de travail.
L’éducation non formelle est mise en œuvre dans toute la sphère géographique et socio-économique de l’Europe et dans divers contextes : les centres de jeunes, les organisations et les mouvements de jeunesse, les centres d’information et d’orientation pour les jeunes, les activités de loisirs extrascolaires ; dans la rue ; dans le cadre des échanges internationaux de jeunes ; dans les foyers pour les jeunes et les jeunes chômeurs. La plupart des acteurs de cette forme d’éducation sont des bénévoles qui choisissent de consacrer gratuitement de leur temps à ce travail qui leur tient à cœur. Et cette liste ne couvre pas tout le spectre des personnes engagées dans l’organisation d’activités de jeunesse non formelles. En réalité, les acteurs les plus efficaces de ce processus sont les jeunes eux-mêmes, lorsqu’ils prennent en charge l’éducation de leurs pairs. Cette approche, connue sous le nom d’« éducation par les pairs », est traitée plus spécifiquement dans DOmino, publication également produite dans le cadre de la campagne « Tous différents - Tous égaux ».
L’éducation non formelle possède plusieurs caractéristiques importantes qui la distinguent de l’éducation formelle :
L’éducation non formelle est facultative, elle ne possède pas le caractère obligatoire de l’école qui amène parfois les élèves à rejeter les approches ou les sujets inscrits au programme.
Les contenus sont adaptés avec les participants à leur réalité et à leurs besoins spécifiques.
Il y a une plus grande liberté au niveau du choix des objectifs et des activités permettant de les atteindre.
La méthodologie active et participative permet une plus grande participation des apprenants/des jeunes.
Elle devrait (idéalement) être accessible à tous.
Elle se concentre sur l’apprentissage des compétences nécessaires pour la vie quotidienne et la préparation à une citoyenneté active.
Elle est basée sur l’apprentissage individuel et en groupes avec une approche collective.
Elle est holistique et axée sur le processus.
Elle est basée sur l’expérience et l’action.
À maints égards, bien entendu, l’éducation non formelle ne pourrait exister sans l’éducation formelle, et il reste beaucoup à faire pour améliorer leur compatibilité. Vous parviendrez peut-être à adapter certaines activités proposées à une exploitation en milieu scolaire, mais nous nous sommes concentrés sur leur utilisation dans un cadre informel. Dans ce qui suit, nous étudions plus en profondeur les bases de ces activités.
La Charte du Conseil de l’Europe sur l’éducation à la citoyenneté démocratique et l’éducation aux droits de l’homme (2010) reconnaît les différentes approches éducatives (éducation formelle, non formelle et informelle) et leur attribue des fonctions spécifiques dans le développement d’une culture des droits de l’homme et de la démocratie. Elle préconise également l’apprentissage interculturel et la lutte contre le racisme en tant que parties intégrantes de l’éducation à la citoyenneté démocratique et aux droits de l’homme :
« Un élément essentiel de toute éducation à la citoyenneté démocratique et aux droits de l’homme est la promotion de la cohésion sociale et du dialogue interculturel et la conscience de la valeur de la diversité et de l’égalité, y compris l’égalité entre les sexes ; pour cela, il est essentiel d’acquérir les connaissances, les aptitudes personnelles et sociales et la compréhension permettant de réduire les conflits, de mieux apprécier et comprendre les différences entre les confessions et les groupes ethniques, d’instaurer un respect mutuel pour la dignité humaine et les valeurs partagées, d’encourager le dialogue et de promouvoir la non-violence pour la résolution des problèmes et des conflits.L’un des objectifs fondamentaux de toute éducation à la citoyenneté et aux droits de l’homme n’est pas seulement d’apporter aux apprenants des connaissances, des compétences et une compréhension, mais aussi de renforcer leur capacité d’action au sein de la société pour défendre et promouvoir les droits de l’homme, la démocratie et la primauté du droit. »