Dans le cadre d’une « discussion silencieuse au sol », les participants font part de leur réaction à des attaques racistes et discutent de la manière d’y répondre.




- Images / stéréotypes
- Mécanismes
Où étiez-vous lorsque George Floyd est mort ?
Thèmes abordés
- La violence raciste
- Les réponses face au racisme
Objectifs
- Discuter des conséquences du racisme pour les personnes qui en sont victimes
- Réfléchir aux réponses individuelles et collectives qui peuvent être apportées face au racisme
- Promouvoir l’empathie et la solidarité avec les cibles et les victimes du racisme
Préparation / Matériel
- Une grande surface au sol
- 4 feuilles de papier pour tableau de conférence : préparez une feuille pour chacune des questions posées au point 2 des instructions ci-dessous
- Un grand nombre de marqueurs de différentes couleurs ; du ruban adhésif pour fixer les feuilles au mur
Instructions
- Expliquez que dans le cadre de cette activité, divers aspects du racisme seront étudiés. Demandez aux personnes participantes si elles ont entendu parler de ce qui est arrivé à George Floyd.
- Expliquez que la « discussion silencieuse » qui sera menée constituera une sorte d’activité de réflexion :
- Où étiez-vous et que faisiez-vous lorsque vous avez appris ce qui s’est passé ?
- Quelles ont été vos premières réactions ?
- Quel est votre souvenir le plus marquant aujourd’hui en ce qui concerne cet événement ?
- Y a-t-il eu des incidents similaires ou d’autres cas d’attaques racistes dans votre pays ?
- Les participants sont libres d’écrire ce qu’ils veulent, et peuvent également faire des dessins et utiliser des symboles. Si un commentaire figure déjà sur la feuille, les participants peuvent donner une réponse simple en ajoutant une coche ou un émoji.
- Laissez 30 minutes aux participants pour la phase de rédaction de commentaires et de réponses.
- Ramassez les feuilles, affichez-les au mur et laissez à tout le monde le temps de les lire. Si une personne le souhaite, elle peut encore ajouter une contribution à ce stade. Passez ensuite à la phase de compte rendu.
Compte rendu et évaluation
Passez en revue les informations figurant sur les feuilles 1 et 2. Quelqu’un souhaite-t-il faire un commentaire ?
Passez en revue la feuille 3 :
- Quels sont les types d’éléments dont les participants se souviennent ?
- Est-ce que tout le monde se souvient de la même chose ? Pourquoi ? Pourquoi pas ?
- Tout le monde est-il d’accord sur les faits qui se sont déroulés ? Si non, comment les vérifier ?
Passez en revue la feuille 4 :
- Tous les participants ont-ils entendu parler de tous les événements évoqués sur cette feuille ?
- Comment en avez-vous eu connaissance ? En a-t-il été largement question dans les médias ? Pourquoi ? / Pourquoi pas ?
- Quelles formes de racisme sont répandues dans votre pays ? Qui en sont les cibles et les victimes ?
- Le traitement accordé par les médias grand public à l’affaire George Floyd et à la campagne Black Lives Matter a-t-il eu un effet sur les récits d’événements racistes dans votre pays ?
Examinez le vocabulaire utilisé sur les feuilles. Des mots tels que « mort », « homicide » ou « meurtre » ont-ils été employés ? Quel est le poids de chacun de ces mots et qu’est-ce que leur utilisation implique ? Pourquoi est-il important de faire attention au langage que l’on emploie, pour nous et pour les médias ?
Passez ensuite à l’examen des réponses face aux événements racistes :
- Quelles sont les conséquences du racisme pour les personnes qui en sont les victimes et les cibles ?
- Pourquoi est-il important de lutter contre le racisme ?
- Quelles sont les principales parties prenantes engagées dans la lutte contre le racisme dans votre pays et en quoi consiste leur action ?
- Les autorités de votre pays déploient-elles des mesures suffisantes pour lutter contre le racisme ? Existe-t-il des politiques et stratégies publiques, par exemple des campagnes d’éducation et d’information, pour lutter contre le racisme ?
- Quelles sont les possibilités offertes aux citoyens / aux personnes dans votre pays pour lutter contre le racisme ? Quels sont les types d’actions les plus efficaces ?
- Pourquoi est-il important de se mobiliser au niveau local pour lutter contre le racisme ?
- Connaissez-vous des groupes ou des mouvementes locaux qui s’investissent dans la lutte contre le racisme ? En quoi consiste leur action ? Pourriez-vous les rejoindre ?
- Comment pouvons-nous mobiliser d’autres (jeunes) personnes pour qu’elles s’engagent contre le racisme ?
Conseils pour l’animateur
Ne supposez pas que tous les membres du groupe connaissent le nom de George Floyd. Il pourrait être nécessaire d’expliquer que George Floyd (14 octobre 1973 – 25 mai 2020) était un homme afro-américain qui est mort lors de son arrestation à Minneapolis (États-Unis). Un policier blanc a appuyé son genou sur la nuque de George Floyd pendant 8 minutes et 46 secondes, conduisant à son étouffement. Des vidéos de la scène le montrent en train de dire « Je ne peux pas respirer » (« I can’t breathe »), ce qui explique l’intitulé de l’activité. Cet événement a déclenché des émeutes et des manifestations dans le monde entier contre les mauvais traitements à caractère raciste exercés par la police, ce qui a alerté les gouvernements et les autorités au sujet du racisme institutionnel qui existe – et pas uniquement dans la police – et les a invités à prendre des mesures pour y remédier.
En ce qui concerne le travail de jeunesse, la mort de George Floyd a fait naître une motivation chez des millions de personnes, en particulier des jeunes, les poussant à commencer à militer en faveur de la réforme sociale. Pour l’animateur, l’enjeu consiste à déterminer comment aider les jeunes à transformer leur énergie et leur enthousiasme en actions concrètes qui ouvriront la voie à de véritables changements sociaux. Il pourrait être intéressant qu’ils commencent par chercher à en savoir plus sur les affaires de violences policières et de racisme systémique dans leur pays et par rejoindre des campagnes en faveur de la justice.
Le système de la « discussion silencieuse » est un moyen de recueillir des opinions et des informations de façon plus créative que dans le cadre d’un atelier de réflexion ordinaire. Il permet en outre à tous les membres du groupe d’apporter leur contribution, en particulier aux moins loquaces. Pour faciliter la discussion, utilisez une feuille différente pour chacune des quatre questions qui seront posées au point 2 des instructions. Dans un souci de clarté, attribuez à chaque feuille un titre et un numéro. Disposez les feuilles sur le sol et mettez à la disposition des participants un grand nombre de marqueurs de différentes couleurs. Demandez à chacun des participants d’écrire des commentaires ou de dessiner sur les feuilles. Personne n’est autorisé à s’exprimer oralement. À la fin de l’atelier, vous devriez proposer un résumé créatif et coloré des contributions apportées pour chaque point.
Suggestions de suivi
S’engager concrètement : Organisez un mini-atelier de réflexion sur les aspects du racisme qui sont les plus urgents à traiter. Quelles sont les actions les plus efficaces que nous pourrions mettre en place ? Que devrions-nous faire et par quoi devrions-nous commencer ?
Essayer une autre activité : L’activité « Les partis pris des médias » pourrait constituer une suite intéressante à cette activité. Elle consiste en effet à faire des recherches dans les médias pour évaluer leur subjectivité.
Informations générales
Le racisme
En 1995, dans notre Kit pédagogique, nous avons proposé la définition suivante : « Définir le racisme n’est pas facile. (…) Le racisme [est une discrimination qui] repose sur la combinaison de croyances selon lesquelles des caractéristiques humaines, des aptitudes spécifiques, etc., sont déterminées par la race et qu’il y a des races supérieures et des races inférieures ». La notion de « race » est entendue ici comme le résultat de caractéristiques héritées spécifiques, physiques et naturelles. Ces croyances ne se fondent sur aucun élément scientifique établissant l’existence de différentes races ; nous ne formons qu’une seule race, la race humaine.
Aujourd’hui, la définition que la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance donne du racisme se fonde non seulement sur des caractéristiques physiques mais porte plus largement sur « la discrimination (au motif de la “race”, de l’origine ethnique/nationale, de la couleur, de la nationalité, de la religion, de la langue, de l’orientation sexuelle, de l’identité de genre et des caractéristiques sexuelles), la xénophobie, l’antisémitisme et l’intolérance ».
Voir aussi les sections Concepts-clés et raisons d'être et Combattre le racisme en Europe aujourd'hui pour de plus amples informations sur le racisme aujourd’hui.
Déclaration de la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI) sur les abus policiers à caractère raciste, notamment le profilage racial, et le racisme systémique (extrait)
Adoptée par l’ECRI lors de sa 82e réunion plénière (30 juin – 2 juillet 2020)
L’ECRI exprime sa sympathie aux familles de l’ensemble des victimes de violences policières à caractère raciste et fait part de sa solidarité envers les personnes qui manifestent pacifiquement contre le racisme.
Au cours de ses visites dans les pays, l’ECRI a recueilli de nombreux témoignages d’abus à caractère raciste par les forces de l’ordre, notamment des cas de profilage racial et des faits de violence, à l’égard de groupes minoritaires ou de migrants. [...] le profilage racial constitue une forme spécifique de discrimination raciale et doit être expressément interdit par la loi. Il génère un sentiment d’humiliation et d’injustice au sein des groupes qui en font l’objet, conduit à leur stigmatisation, à la production de stéréotypes négatifs à leur égard et à leur aliénation et nuit aux bonnes relations entre les communautés. En outre, [...] le fait que des membres des forces de l’ordre perçoivent les personnes appartenant à une communauté donnée comme des « délinquants » et qu’ils se livrent par conséquent à des pratiques de profilage racial peut aboutir à un « racisme institutionnalisé ».
Les manifestations pacifiques contre le racisme et les répercussions négatives de la pandémie de Covid-19 sur de nombreux groupes minoritaires ont sensibilisé davantage la population à la fois aux origines et aux conséquences du « racisme et des inégalités systémiques » qui imprègnent la vie quotidienne des groupes minoritaires, affectant leur accès à l’éducation, à l’emploi, à la santé et au logement. Le racisme exprimé ouvertement est assez facile à reconnaître, mais les préjugés raciaux inconscients, bien qu’ils soient répandus, sont dissimulés et apparaissent souvent comme un « racisme sans racistes ».
L’ECRI appelle tous les décideurs politiques au sein des États membres du Conseil de l’Europe à profiter des perspectives offertes par la mobilisation actuelle contre le racisme pour envoyer des messages clairs prônant une tolérance zéro et agir efficacement contre le racisme et la discrimination ».
Cette déclaration est disponible en intégralité sur le site web de l'ECRI.