Cette activité, qui consiste à créer une histoire tous ensemble, invite à réfléchir à l’image que nous avons des personnes appartenant à d’autres cultures et groupes sociaux.




- Images / stéréotypes
Avez-vous déjà essayé d’écrire une histoire en collaboration avec 10 personnes ou plus ? Voici l’occasion d’essayer !
Thèmes abordés
- Les stéréotypes.
- Notre connaissance limitée des autres groupes culturels.
Objectifs
- Amener les participants à réfléchir à leur propre niveau d’ethnocentrisme.
- Prendre conscience du fait que l’idée que nous nous faisons des autres conditionne nos attentes vis-à-vis d’eux.
Préparation/Matériel
- Une balle ; du papier et un stylo pour l’observateur ; un tableau de conférence et un marqueur.
- Des chaises (facultatif).
Instructions
- Invitez les participants à s’asseoir en cercle.
- Demandez à l’un d’entre eux de jouer le rôle de l’observateur. Expliquez-lui qu’il va devoir s’asseoir à l’extérieur du cercle, écouter attentivement et prendre en note l’histoire que les participants s’apprêtent à inventer.
- Expliquez aux autres membres du groupe qu’ils vont devoir inventer une histoire tous ensemble, en utilisant, pour cela, une balle.
- Prenez la balle et dites : « C’est l’histoire d’Antonio, un jeune Madrilène. » Ensuite, passez la balle à un membre du groupe et invitez-le à continuer l’histoire par une ou deux phrases, puis à passer la balle à quelqu’un d’autre.
- Continuez ainsi jusqu’à ce qu’une histoire naisse de ces interventions successives.
- Après 10 ou 12 interventions, demandez à ce qu’on vous redonne la balle et remerciez les participants d’avoir contribué à la création de cette histoire. Expliquez-leur qu’ils vont désormais devoir raconter une nouvelle histoire, celle d’Ali, un jeune Marocain. Donnez la balle à l’un des participants et demandez-lui de commencer à raconter cette histoire..
- Arrêtez l’activité au bout de 10 à 12 interventions.
Bilan et évaluation
Demandez à l’observateur de lire les notes qu’ils a prises sur les histoires et d’en inscrire les principaux points sur le tableau.
- A-t-il été facile ou difficile d’inventer une histoire autour d’Antonio ? Pourquoi ?
- A-t-il été facile ou difficile d’inventer une histoire autour d’Ali ? Pourquoi ?
- En quoi le contenu de ces deux histoires était-il semblable ? En quoi était-il différent ? Quelles sortes de détails figuraient dans les deux histoires ?
- Est-ce que tout le monde s’imaginait la vie en Espagne et au Maroc à peu près de la même manière ? Pourquoi ?
- Sur quelles idées, images et informations avez-vous fondé vos histoires ? Ces images étaient-elles réalistes et pertinentes ?
- D’où proviennent ces images et informations ? Des médias d’information classiques ? Des réseaux sociaux ? De votre expérience personnelle ?
- Dans quelle mesure vos valeurs et votre culture influencent-elles vos attentes envers les autres ? Quelle part de vous-même projetez-vous sur les autres ?
- Quelles conséquences le fait de percevoir les autres à travers notre propre prisme culturel peut-il avoir ? Pouvez-vous donner des exemples de propos que les gens tiennent sur « les autres » ? Ces propos sont-ils plutôt positifs ou négatifs ?
- Quelles répercussions le fait d’être victimes de discrimination a-t-il sur « les autres » ?
- Dans quelle mesure avez-vous conscience du fait de percevoir « les autres » à travers votre propre prisme culturel ? Êtes-vous prêts à accepter l’idée que votre propre culture n’est que l’une des nombreuses façons de voir le monde, aussi complexes les unes que les autres ?
- Le fait d’apprendre à connaître et/ou de rencontrer « les autres » favorise-t-il les changements d’attitude à leur égard ? Pourquoi ?
- Comment pouvez-vous vous entraîner à percevoir « les autres » sans biais culturel ?
Conseils pour les animateurs
Le mieux est que l’histoire soit inventée de manière spontanée, à un rythme rapide. L’observateur aura donc certainement des difficultés pour tout noter. Vous pouvez résoudre ce problème en faisant intervenir un second observateur ou en enregistrant l’histoire à l’aide d’un magnétophone.
Au départ, il est important de présenter l’activité comme un simple travail collectif consistant à créer des histoires.
Il est probable, dans le cadre de cet exercice, que les participants évoqueront les relations familiales des deux garçons et des détails de leur vie quotidienne, et donc, qu’ils soulèveront des questions relatives à l’égalité des chances. Dites-leur que ces questions sont tout à fait pertinentes, mais que le groupe pourra se pencher dessus à une autre occasion car cette activité est axée sur les images que les participants ont des autres nationalités ou cultures, sur la provenance de ces images, ainsi que sur l’ouverture des participants à la différence culturelle et leur acceptation de celle-ci.
Les noms des personnages amèneront le groupe au thème sur lequel vous voulez travailler ; n’hésitez donc pas à les modifier en conséquence. L’objectif est d’aider les participants à reconnaître qu’ils en savent en fait très peu sur les personnes qui vivent dans d’autres pays. Si nécessaire, à la place d’Antonio, choisissez un prénom qui corresponde davantage à leur réalité, ou remplacez « Ali » par un prénom associé à un pays étranger, mais pas trop lointain.
Si vous souhaitez travailler sur les migrants, par exemple, vous devrez choisir des prénoms traditionnellement associés aux membres de la majorité et aux migrants, et mentionner les quartiers de votre ville où ces deux groupes sont les plus représentés, en plantant le décor de l’histoire dans la première phrase. Autres exemples de thèmes et d’amorces : « C’est l’histoire de Frank, un jeune homosexuel… » ou « C’est l’histoire de Maria, qui est handicapée physique… ».
Cette activité fonctionne bien également avec des personnes issues de groupes minoritaires monoculturels. Elle peut déboucher sur une discussion au sujet des difficultés que rencontrent ces personnes pour apprendre à connaître les membres de la culture majoritaire.
Variantes
- Divisez les participants en deux groupes et demandez à chaque groupe de travailler sur une seule des histoires. Ensuite, comparez les deux histoires. Cette variante est intéressante car les participants ne s’attendent pas à ce travail de comparaison.
- Constituez deux groupes et demandez à chacun deux de dessiner ou d’écrire la biographie de l’un des personnages de l’histoire, ou un moment important de sa vie. Puis, comparez les deux biographies ou histoires.
Suggestions de suivi
S’engager concrètement : Réfléchissez ensemble à des moyens d’entrer en contact avec des personnes différentes de vous (devenir bénévole dans une association de migrants, lire davantage, en s’intéressant en particulier à l’actualité internationale, ou devenir membre d’un groupe de rencontre, par exemple).
Essayer une autre activité : Si vous aimez les histoires et les surprises, nous vous invitons à essayer « Contes et légendes du monde ».