Un processus d’éducation sociale

L’apprentissage interculturel est aujourd’hui l’un des meilleurs outils à notre disposition pour nous aider à tirer profit des opportunités qu’offrent les sociétés multiculturelles. L’accent ayant été mis sur la compétence interculturelle en tant que compétence essentielle pour les jeunes du XXIe siècle, dans l’éducation formelle comme non formelle, l’apprentissage interculturel trouve sa place dans les programmes éducatifs à la fois en tant qu’approche en soi et en tant que sujet d’apprentissage. Cela se reflète également dans le travail des Centres européens de la jeunesse et leurs normes de qualité pour les activités éducatives.
L’apprentissage interculturel, en tant qu’approche éducative transversale, nous aide à être plus attentifs dans nos interactions avec les autres, à être capables de fonctionner avec plus de fluidité dans les relations de pouvoir associées à différents statuts (classe, genre, ethnie, orientation sexuelle, etc.), ainsi qu’à restructurer ce que nous avons appris dans des contextes éducatifs organisés, pour pouvoir évoluer dans notre quotidien.
En tant que sujet d’apprentissage, cela implique généralement de découvrir ce qu’est la culture, mais aussi de réfléchir à ses propres stéréotypes et préjugés, au racisme et à la discrimination dans nos sociétés, et de renforcer les connaissances, les compétences et les attitudes qui permettent de favoriser le développement de sociétés interculturelles et de s’épanouir dans de telles sociétés.
L’apprentissage interculturel a pour objectif global de favoriser et de consolider les bases des relations mutuelles entre les sociétés, mais aussi entre les groupes culturels majoritaires et minoritaires. Atteindre cet objectif signifie :
- veiller à que la diversité soit enracinée dans l’égalité et qu’elle ne devienne pas une justification à la marginalisation ;
- s’attacher à reconnaître les diverses identités culturelles et promouvoir le respect des minorités ;
- résoudre les intérêts conflictuels de manière pacifique.
Cet objectif global suppose que l’apprentissage interculturel se déroule au niveau de la société dans son ensemble. Il est impossible d’imaginer une société interculturelle qui ne fonctionnerait qu’avec l’une des parties concernées, c’est-à-dire avec seulement les groupes minoritaires ou les groupes majoritaires. Cela ne signifie pas que le travail mené exclusivement avec des groupes minoritaires n’a pas de valeur spécifique ; il permet souvent aux jeunes issus de ces groupes de réfléchir à leur propre identité, à leur histoire et aux relations de pouvoir dans la société, l’objectif étant de les accompagner vers l’autonomisation. Toutefois, les rencontres et les interactions avec les autres, dans toute leur diversité, sont essentielles pour donner du sens, permettre à chacun de se mobiliser, de découvrir et remettre en question ses propres perceptions et préjugés.
Un programme pour les majorités et les minorités

Logiquement, ces différents besoins ont des objectifs différents. Concernant les groupes sociaux majoritaires, les cibles de l’apprentissage interculturel sont les suivantes :
- favoriser la compréhension de la réalité d’un monde interdépendant et encourager une action cohérente dans le cadre de cette réalité ;
- dépasser les préjugés négatifs et les stéréotypes ethniques ;
- encourager l’appréciation de la différence et de la diversité ;
- rechercher et mettre en lumière les points communs ;
- générer des attitudes et des modes de comportement positifs à l’égard des individus d’autres sociétés et cultures ;
- traduire les principes de solidarité et de courage civil en actes.
Concernant les groupes minoritaires, les cibles de l’apprentissage interculturel englobent tous les points susmentionnés, ainsi que l’apprentissage de la vie dans une société dominante sans perte d’identité culturelle.