Culture, patrimoine et diversité


Prsentation de la Convention europenne pour la protection du patrimoine archologique (rvise) (La Valette, 1992)

Le patrimoine archologique : volution d'une dfinition
Le patrimoine archologique recouvre  les structures, constructions, ensembles architecturaux, sites amnags, tmoins mobiliers, monuments d’autre nature, ainsi que leur contexte, qu’ils soient situs dans le sol ou sous les eaux . Depuis la Convention de Londres, sa dfinition a volu. Ainsi, les objets relevs lors de fouilles par exemple ne sont plus les seuls lments importants. Chaque trace, chaque tmoignage, susceptible d'clairer un aspect du pass de l'humanit, de faire avancer la connaissance de l'histoire et des relations de l'homme avec son milieu naturel, prend toute sa dimension patrimoniale.

Une source de la mmoire collective europenne
La Convention rvise met en vidence l'importance scientifique du patrimoine archologique. Prcdemment, on fouillait les sites et les monuments archologiques afin d'en retirer les objets que l'on plaait dans les muses et dans les galeries d'art. Beaucoup regardaient, et regardent encore aujourd'hui, ce patrimoine comme une source de profit commercial. Les Etats doivent veiller empcher ce genre de fouilles. Grce aux techniques scientifiques de plus en plus labores, l'tude du patrimoine archologique offre des dtails prcieux sur l'volution de l'humanit en Europe. Il est finalement une source de la mmoire collective europenne, un instrument d'tude historique et scientifique, qu'il faut protger.

Archologie et amnagement du territoire
La Convention de La Valette tablit une interaction directe entre l'archologie et l'amnagement du territoire. En cela, elle remet jour la Convention de Londres de 1969. Car plus de vingt ans aprs, la population, le niveau de vie, mais aussi le nombre et la complexit des projets se sont accrus : grands travaux (autoroutes, mtros et trains grande vitesse, remaniement des centres urbains anciens, parcs de stationnement…) ou interventions dans la nature (reboisement, consolidation des sols, par exemple). Ces oprations ont engendr des risques nouveaux pour la dcouverte et la protection du patrimoine archologique.

Identification du patrimoine archologique et mesures de protection juridique
La connaissance du patrimoine archologique grce un inventaire prcis est particulirement important et utile au moment de planifier des projets d'amnagement du territoire. Les mesures de protection juridique consistent en particulier rglementer la conduite des fouilles sur les terrains publics comme privs.

Conservation intgre et patrimoine archologique
L'application des principes de la conservation intgre au patrimoine archologique vise ce que les Etats encouragent la collaboration des archologues, urbanistes et amnageurs du territoire dans tout le processus de planification. Par ailleurs, les nouvelles constructions ne devront pas altrer le paysage ni la situation d'un site, en modifiant par exemple le cours des eaux, le rgime des vents, ou la diffusion de la lumire solaire.

Financement, diffusion de l'information et assistance technique mutuelle
La Convention rvise demande chaque Etat partie de soutenir financirement la recherche archologique, d'encourager l'archologie prventive partir de financements publics ou privs suivant les circonstances. Ce cot comporte aussi bien le travail archologique lui-mme que les activits postrieures aux fouilles, notamment l'archivage des recherches et l'tablissement de catalogues et de rapports. Il est prvu que l'information scientifique collecte et les analyses de spcialistes seront largement diffuses, de mme que sera dveloppe l'assistance technique et scientifique mutuelle grce des changes de personnes dans les mtiers intressant la conservation du patrimoine archologique.

Sensibilisation du public au patrimoine archologique
Plus le public est conscient de la valeur de son patrimoine, moins il est enclin l'endommager ou le dtruire. C'est la raison pour laquelle la Convention de La Valette rappelle que l'accs aux sites et aux objets doit tre facilit. Certaines circonstances exigent parfois que l'accs soit refus au public dans l'intrt du patrimoine − par exemple des grottes contenant des peintures rupestres prhistoriques fermes au public pour ne pas lever de manire dommageable la teneur en humidit et en bactries. Il est prvu dans de tels cas, que les sites seront prsents sous d'autres formes, par des reproductions en grandeur relle notamment.

Prvention de la circulation illicite des biens
Pour lutter contre la circulation illicite des objets, les Etats peuvent cooprer en s'informant mutuellement de l'apparition d'objets suspects sur le march. La Convention rappelle en outre que la meilleure arme contre le commerce d'objets provenant de fouilles illicites passe par l'ducation du public, une ducation tendant montrer qu'en sparant l'objet de son contexte, on dtruit la valeur scientifique de cet objet en mme temps qu'on endommage son site d'origine.

Le suivi par le Conseil de l'Europe
La Convention tablit un comit d'experts auprs du Conseil de l'Europe charg de faire rgulirement le point des politiques de protection du patrimoine archologique dans les Etats parties.

La Convention de La Valette au regard d'autres textes internationaux
La Convention de La Valette dfinit, l’chelon de l’Europe et sous forme de trait international, les principes de base communs mettre en œuvre dans les politiques nationales du patrimoine archologique. Elle complte les dispositions gnrales de la Convention du patrimoine mondial de l'Unesco (1972) et ractualise la recommandation dfinissant les principes internationaux appliquer en matire de fouilles archologiques (Unesco, 1956) ainsi que celle concernant la protection, sur le plan national, du patrimoine culturel et naturel (Unesco, 1972). Elle complte galement sous l’angle des mesures de prvention la Convention concernant les mesures prendre pour interdire et empcher l’importation, l’exportation et le transfert de proprits illicites des biens culturels (Unesco, 1970). La Convention sur la protection du patrimoine culturel subaquatique (Unesco, 2001) a un champ d’action plus restrictif et spcifique que la Convention de La Valette. Elle porte essentiellement sur le patrimoine subaquatique maritime et concerne des biens d’au moins cent ans. Les deux conventions sont ainsi complmentaires.