Retour Séance d’ouverture de la 19e Conférence des Ministres du Conseil de l’Europe responsables du Sport

Discours de M. Alain Berset, Secrétaire Général du Conseil de l’Europe

Seul le prononcé fait foi

 

Votre Altesse Sérénissime,
Madame la Première vice-présidente du Comité international paralympique,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Excellences,


Derrière chaque légende du sport, il y a une enfance.
Celle d’un garçon de cinq ans qui invente ses premiers dribbles dans les quartiers nord de Marseille. D’une fille de six ans qui enchaîne les roues dans une cour de récréation roumaine. D’une autre qui tape des balles de tennis à deux mains sur un parking de Novi Sad. D’un garçon de onze ans qui court plus vite que ses camarades dans un collège de Londres.

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Ce soir, partout en Europe, des millions d’enfants prendront à leur tour le chemin de l’entraînement. Toutes et tous ne deviendront pas des légendes. Toutes et tous ont le droit d’y grandir en sécurité. C’est ce que défend le Conseil de l’Europe.

Les droits humains, la démocratie et l’État de droit ne s’arrêtent pas au bord du terrain. C’est souvent là qu’on les rencontre pour la première fois. On y apprend à respecter la règle et l’arbitre. À gagner avec dignité. Et à accepter la défaite. C’est l’essence même de la démocratie.

La Charte européenne du sport reconnaît le droit de chacune et chacun à un sport sûr et inclusif. Les pouvoirs publics ont la légitimité pour agir. Pour être efficaces, ils doivent coopérer avec le mouvement sportif et la société civile. C’est ici que cette coopération se construit.

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Il y a urgence. Selon l’OMS Europe, entre 11 et 15 ans, 3 garçons sur 4 ne bougent pas assez. Chez les filles, plus de 4 sur 5.

En juin, la présidence monégasque nous alertait sur les écrans. Le sport et le jeu peuvent rendre aux enfants ce que les écrans leur prennent. À une condition. Qu’on les y protège.

Trop d’enfants ont subi des violences et des abus dans le sport, souvent en silence, de la part d’adultes qui avaient toute leur confiance. Il faut prévenir. Vérifier qui les encadre. Les aider à parler. Les associer aux décisions. Le projet de résolution devant vous ouvre la voie à une recommandation du Comité des Ministres. Je vous encourage à l’adopter.

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Une dérive m’inquiète. L’argent et le pouvoir pèsent de plus en plus lourd.

Les paris ouvrent la porte à la fraude. L’influence politique s’invite jusque sur le terrain. Des athlètes subissent encore des insultes racistes.

Qui accepterait une compétition où la règle ne vaut que pour certains ? Le droit international ne fait pas exception. Quand on le bafoue, comme aujourd’hui, peut-on croire que cette rupture restera entre États ? Qu’elle épargnera le droit national et nos terrains de sport ? Que retient un enfant de tout cela ? Que la règle se négocie.

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La réponse du Conseil de l’Europe, c’est le droit. Sa Convention contre le dopage protège la santé des athlètes. Celle de Saint-Denis, qui fête ses dix ans, protège les stades, et celle de Macolin les compétitions contre les manipulations.

L’autonomie du sport est précieuse. Elle ne dispense personne de transparence. Pendant la Coupe du monde de football, j’ai proposé une troisième mi-temps, celle de la gouvernance.

Je la maintiens. Elle peut déboucher sur une évaluation indépendante.

Elle couvre aussi l’intégrité des compétitions et les paris responsables.

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Monseigneur, Mesdames et Messieurs les Ministres,

Derrière chaque légende du sport, il y a une enfance.

Derrière chaque enfance, il y a des adultes.

À nous d’être dignes de cette confiance.


Je vous souhaite une excellente conférence.

Secrétaire Général Monaco, Grimaldi Forum 4 novembre 2026
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