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Dites non au discours de haine sexiste

Déclaration
Strasbourg 22/11/2019
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©Elena (Colombia) / Cartooning for Peace

©Elena (Colombia) / Cartooning for Peace

« Le discours de haine sexiste est un problème de longue date en Europe, qui a pris une dimension nouvelle ces dernières années avec la popularité croissante des plateformes de réseaux sociaux. Des menaces de mort, de sévices sexuels ou de viols sont proférées chaque jour en ligne et hors ligne. Pour prévenir et combattre efficacement la violence à l’égard des femmes fondée sur le genre, les États ont l’obligation de lutter contre le discours de haine sexiste », a déclaré ce jour Dunja Mijatović, Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, à la veille de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

« Le discours de haine sexiste est un problème omniprésent mais souvent négligé qui entrave la pleine réalisation des vies des femmes et filles en Europe. Il peut être dirigé à l’encontre de n’importe quelle femme ou fille par le biais des réseaux sociaux, à la maison, à l’école ou sur le lieu de travail, dans la rue ou dans les transports publics. Cependant, certaines femmes sont plus particulièrement exposées, en particulier les journalistes, les personnalités publiques, les femmes politiques et les défenseuses  des droits des femmes.

Le discours de haine sexiste prend racine dans les inégalités entre femmes et hommes qui durent depuis des siècles, le patriarcat et les rôles stéréotypés des femmes et des hommes au travail, dans la société et dans la vie privée. Il touche de manière disproportionnée les femmes. Il bafoue leurs droits et constitue le terreau pour des violences psychologiques, sexuelles et physiques, voire mortelles. Il affecte également la démocratie car il cherche à faire taire les voix des femmes et à affaiblir leur détermination pour prendre part à la vie culturelle, sociale ou politique. De plus, l’impunité pour les auteurs de discours de haine sexiste ne fait que contribuer au cycle de sexisme et de violences faites aux femmes.

Nous ne pouvons plus tolérer cela. Nous devons tous - les autorités nationales, les médias, le système éducatif, les milieux des affaires, la société civile, les organisations internationales – nous mobiliser pour combattre le discours de haine sexiste. Nous devons le faire avec toute la rigueur de la loi mais aussi grâce à un engagement public plus fort pour lutter contre le sexisme et sensibiliser le grand public aux droits des femmes, en particulier la jeune génération.

Point n’est besoin de réinventer la roue. Nous ne manquons pas d’outils pour nous aider dans ce combat pour la dignité. La Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique, dite Convention d'Istanbul, impose aux États parties d’ériger en infraction pénale le harcèlement sexuel, qui couvre le comportement non désiré, verbal, non-verbal ou physique, à caractère sexuel. La Convention appelle également à mettre en place un ensemble de mesures préventives dans le secteur éducatif et à trouver les moyens d'encourager les sociétés privées et les médias à définir eux-mêmes des normes d'autorégulation. En vertu de cette convention, les auteurs de violences doivent être dûment poursuivis et sanctionnés et les victimes doivent être protégées et soutenues de manière efficace. À ce jour, 34 États membres du Conseil de l’Europe sur 47 ont ratifié la Convention d’Istanbul. Nous devons maintenant faire en sorte que tous les États membres la ratifient et la mettent pleinement en œuvre.

Il est également essentiel de condamner le sexisme de manière plus générale et de mener des initiatives de sensibilisation remettant en cause les stéréotypes de genre. La Recommandation CM/Rec(2019)1 du Comité des Ministres sur la prévention et la lutte contre le sexisme donne des orientations détaillées en la matière dans un certain nombre de domaines incluant le secteur public, les médias, le lieu de travail, la justice, l’éducation et la sphère privée.

Les responsables politiques, les journalistes, les leaders d’opinion, en particulier les hommes, doivent s’engager davantage et de manière plus résolue pour condamner et prévenir le discours de haine sexiste. Cela est crucial pour que les femmes tout comme les hommes aient les moyens d’agir pour dénoncer le discours de haine sexiste et intensifient leur lutte contre toutes les formes de violence à l’encontre des femmes. »