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La Grèce est vivement encouragée à protéger les droits de l'homme des personnes présentant des déficiences intellectuelles ou psychosociales et à désinstitutionnaliser leur accompagnement

Lettre
Strasbourg 12/09/2016
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La Grèce est vivement encouragée à protéger les droits de l'homme des personnes présentant des déficiences intellectuelles ou psychosociales et à désinstitutionnaliser leur accompagnement

Le Commissaire a rendu publique aujourd'hui une lettre adressée au Gouvernement grec, dans laquelle il prend note avec intérêt des efforts déployés par la Grèce depuis le milieu des années 1980 pour mettre fin au placement en institution de personnes présentant des déficiences intellectuelles ou psychosociales et pour développer les services de soins non hospitaliers. Il est toutefois très préoccupé par les cas de décès et de contention physique de patients dans certaines institutions. Les lacunes graves qui persistent dans le système public des soins de santé mentale requièrent une attitude plus proactive et davantage de coordination de la part de l’Etat, une planification plus rigoureuse et un dispositif de suivi renforcé et plus efficace.

En outre, le Commissaire prend note avec une vive inquiétude de l’augmentation de la demande de soins de santé mentale, qui s’accompagne d’une réduction drastique des ressources humaines et financières allouées au système de santé, phénomènes dus à la persistance de la crise économique et de l’austérité. Il souligne que, si l’on n’y prend pas garde, cette situation peut conduire à l’épuisement professionnel des soignants, entraîner un recours massif à la sédation et à d’autres moyens de contention chimiques, et exposer les patients à un risque réel de mauvais traitements. Le Commissaire demande instamment à la Grèce et à ses créanciers internationaux de ne pas imposer de nouvelles coupes budgétaires au secteur de la santé, et notamment de la psychiatrie, lors de la négociation et de la conception de mesures d’austérité. Il encourage aussi le Gouvernement grec à supprimer les placements d’office, les traitements forcés et l’utilisation de moyens de contention physiques en psychiatrie, et à redoubler d’efforts pour atteindre les objectifs de désinstitutionnalisation fixés par les réformes successives de ce secteur.