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Le Commissaire Hammarberg appelle à mettre fin aux retours forcés et demande l’évacuation immédiate des camps roms contaminés par le plomb

Visite au Kosovo*
Strasbourg 15/02/10
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 A l'issue de sa deuxième visite en dix mois dans les camps roms contaminés par le plomb de Češmin Lug et d'Osterode, dans le nord du Kosovo, Thomas Hammarberg, Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, a déploré que la situation des habitants n'ait pas changé : « Que des gens vivent dans ces camps depuis une bonne dizaine d'années est un véritable scandale dont la communauté internationale est en bonne partie responsable » a-t-il déclaré.

Le plomb, qui se répand dans le sol, l'eau et l'air, fait de graves dégâts sur la santé des habitants de ces camps, surtout des enfants.

« Pour pouvoir fermer les camps, il faut proposer des logements sains aux quelque 600 personnes qui y vivent et qui ont par ailleurs toutes besoin d'un traitement médical d'urgence », a souligné le Commissaire lors de cette nouvelle visite au Kosovo à la mi-février.

Thomas Hammarberg s'est également dit préoccupé par le fait que plusieurs gouvernements européens procèdent à des retours forcés de réfugiés vers le Kosovo. D'après les statistiques de l'ONU, plus de 2 500 personnes – dont des Roms qui se sont retrouvés dans les camps contaminés par le plomb – ont été expulsées de pays européens vers le Kosovo en 2009, principalement d'Allemagne, d'Autriche, de Suède et de Suisse.

« J'appelle les Etats européens à mettre fin aux retours forcés jusqu'à ce que le Kosovo soit en mesure d'offrir des conditions de vie, des soins, des services éducatifs et sociaux et des emplois convenables ».

Le Kosovo a déjà signé des accords de réadmission avec plusieurs pays. Pourtant, il est clair qu'avec 20 000 personnes déplacées sur son territoire et un taux de chômage qui avoisine les 50 %, le Kosovo ne possède pas les infrastructures qui permettraient une réintégration durable des réfugiés.

« Un certain nombre de réfugiés vivent depuis de nombreuses années dans les pays d'accueil où leurs enfants sont nés. Ceux-ci en parlent la langue couramment et n'ont plus de liens avec le Kosovo. C'est pourquoi autant de réfugiés retournent dans les pays d'accueil dès qu'ils le peuvent », a ajouté le Commissaire Hammarberg.

* « Toute référence au Kosovo dans le présent document, qu'il s'agisse de son territoire, de ses institutions ou de sa population, doit être entendue dans le plein respect de la Résolution 1244 du Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies, sans préjuger du statut du Kosovo. »