1. Séminaires ministériels

La spécificité la plus importante de l'action du Conseil de l4europe dans le domaine de l'enseignement de la mémoire de l'Holocauste et de prévention des crimes contre l'humanité concernent l'organisation régulière de séminaires ministériels.

L'objectif consiste à encourager les ministres de l'éducation des pays signataires de la Convention culturelle de 1954 à ancrer un enseignement obligatoire de la mémoire de l'Holocauste, en tant que mesure préventive contre le développement de crimes contre l'humanité.

Les séminaires ministériels se déroulent sur des lieux authentiques de mémoire et constituent ainsi des « actions de conscientisation », permettant aux ministres de présenter leurs initiatives en la matière, ce qui constitue des dynamiques de progrès et d'émulation forte.

Ces lieux de mémoire authentique étant situés près de villes avec un patrimoine culturel rappelant l'existence passée d'un patrimoine culturel juif. Ces séminaires permettent également aux participants de découvrir la richesse du patrimoine culturel juif témoignant de la vie avant l'Holocauste.

 

1er séminaire ministériel « Journée de la mémoire », Strasbourg, 18 octobre 2002

36 états membres, représentés au plus haut niveau, ont participé dès sa première édition, au séminaire ministériel organisé au Conseil de l’Europe. Outre le Secrétaire Général, M. Walter Schwimmer et le ministre délégué à l’enseignement scolaire français, M Xavier Darcos, Madame Simone Veil, Présidente de la Fondation pour la mémoire de la Shoah et le professeur Yehouda Bauer ont prononcé des discours et des interventions scientifiques. La veille, un colloque avait été organisé en coopération avec la Task Force international for International Cooperation on Education, Remembrance and Research (ITF), sous présidence française, réunissant artistes, écrivains, cinéastes, réalisateurs, et conservateurs de musée pour étudier le rôle de la création artistique dans l’enseignement de la Shoah.

2ème séminaire des Ministres de l’Education Cracovie et Auschwitz Birkenau, Pologne, 4 au 6 mai 2005

« Enseignement de la mémoire et patrimoine culturel »

Organisé quelques semaines après le 60e anniversaire de la Libération d’Auschwitz, ce séminaire ministériel a connu un très fort succès au niveau de la participation des ministres et fonctionnaires de haut niveau. Des personnalités charismatiques se sont associées à cet événement. Elie Wiesel, le Cardinal Lustiger, Marek Edelmann. De nombreuses propositions nationales de formations d’enseignants ont été faites, suite à la prise de conscience de l’importance du sujet mais aussi des difficultés didactiques pour les traiter correctement.

3ème séminaire ministériel « Enseigner la mémoire : patrimoine culturel – Hier, aujourd’hui et demain », Prague et Terezin, 24-25 avril 2006

Ce séminaire ministériel a accueilli à Prague et Terezin les délégations nationales. La découverte des dessins d’enfants, des pièces de théâtre, des concerts faits à Terezin pendant l’Holocauste et la présentation des activités pédagogiques proposées par le Centre pédagogique de Terezin a mis l’accent sur l’importance d’une approche pluridisciplinaire (cours d’arts plastiques, musique) dans la didactique de l’enseignement sur l’Holocauste. L’Etat des lieux a mis en lumière deux approches pour l’enseignement sur l’Holocauste, la première « historique » stricto sensu et une deuxième plus large d’éducation à la citoyenneté démocratique. A nouveau, à cette occasion, des contacts entre les ministères et le Conseil de l’Europe ont abouti à des propositions concrètes de coopération.

4ème séminaire ministériel « Enseigner la mémoire pour vivre dans une Europe de liberté et de droit », Nuremberg et Dachau, Allemagne, 5-7 novembre 2008

Les nombreuses délégations présentes ont été sensibilisées à la dimension juridique du crime contre l’humanité. Elles ont pris conscience de l’importance de l’Holocauste dans la mise en place d’un système de justice internationale et dans l’institutionnalisation de la défense des droits de l’Homme après les jugements de Nuremberg. L’instauration d’une Europe démocratique fondée sur des valeurs de respect mutuel de la diversité dans un Etat de droit a été une première étape après l’Holocauste. Depuis 1945, les Etats européens doivent par la prévention et l’éducation protéger et défendre les acquis afin d’éviter la répétition des processus d’exclusion. L’Etat des lieux de l’enseignement de l’Holocauste dans les Etats membres a permis de découvrir les multiples initiatives des Etats non seulement au niveau des curricula obligatoires mais aussi d’actions ad hoc, concours, voyages d’études sur des lieux authentiques de mémoire authentiques, « journées dédiées », expositions, rencontres avec des survivants. L’immense majorité des pays pratique dorénavant un enseignement sur l’Holocauste comme paradigme de l’ensemble des crimes contre l’humanité, en mettant l’accent sur les mécanismes. Tous sont conscients de la nécessité d’ancrer cet enseignement avant la disparition des derniers témoins afin que le passage de la mémoire à l’histoire soit assuré.

 

                            

     Marek Edelman, chef de l'insurrection                          Marie Hanafin, Ministre de l'Education et

         du Ghettode Varsovie (à g.),                                  des Sciences de l'Irlande s'adresse aux

      et le Cardinal Jean-Marie Lustiger                               participants de la " Marche des vivants"