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Neuchâtel : l’intégration culturelle en action
La journaliste Brigid Grauman a participé à la visite d’étude à Neuchâtel qui a
permis aux représentants des cités interculturelles pilotes de découvrir la
stratégie interculturelle de ce canton suisse. Elle a publié ses impressions
dans un
article spécial du Global Post.
Selon elle, le canton de Neuchâtel a une des
politiques les plus progressistes d’Europe à
l’égard des étrangers. L’accent mis par les
pouvoirs publics sur la prévention de la
discrimination et la promotion d’une identité
pluraliste et multiculturelle du citoyen a porté
ses fruits. En dépit d’une forte proportion de
résidents étrangers représentant 25 % des
170 000 habitants, Neuchâtel a fait partie
des quatre cantons suisses qui ont voté
contre l’interdiction des minarets.
Le canton a une longue tradition de
tolérance. Les étrangers ont le droit de voter
aux élections cantonales depuis 1849, et
depuis 2007 ils peuvent se présenter aux
élections au niveau communal après cinq ans
de résidence.
La journaliste rapporte dans son article que
la Suisse est une terre d’immigration comme
l’ensemble de l’Europe, et que ce phénomène
ne peut que s’accentuer, selon Pascal Mahon,
professeur de droit constitutionnel à
l’université de Neuchâtel. Celui-ci a aidé à
rédiger la Charte du citoyen de Neuchâtel,
qui énonce les règles de la démocratie suisse
et est remise à tout nouvel arrivant dans le
canton. Mais ce comportement de tolérance
de Neuchâtel est à mettre en grande partie
au crédit de Thomas Facchinetti, qui a créé
en 1990 le Bureau du délégué aux étrangers
qu’il gère depuis cette date. "Nous sommes
une forme de contre-pouvoir, explique-t-il.
Nous servons de médiateur entre le pouvoir
politique et les associations d’immigrés".
Si les débats récents ont porté sur les droits
des musulmans de se faire enterrer dans les
cimetières du canton et l’occupation d’un
bâtiment public par des immigrés
clandestins, le plus souvent des questions
débattues sont moins controversées, comme
l’organisation d’un festival italien dans un
village. Le canton dispose de mesures
facilitant l’intégration, comme des cours de
français facilement accessibles et des règles
sur la mixité des logements et l’ouverture du
marché du travail. Les fonctionnaires de
police et de l’administration bénéficient d’une
formation spéciale, et même les gérants
d’immeubles suivent des cours de gestion de
la diversité interculturelle.
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