Culture, patrimoine et diversité

 

Rumeurs à Botkyrka – une étude sur des rumeurs communes qui nuisent à une Botkurka interculturelle

 

La propagation de rumeurs est une caractéristique principale des mécanismes qui excluent et stigmatisent des groupes marginaux de la société. Le Centre mul-ticulturel a été chargé par la municipalité de Botkyrka, Suède, et le Conseil de l’Europe de préparer une étude sur des rumeurs communes qui circulent dans la municipalité et qui entravent le développement vers une Botkirka interculturelle.

 

Cette étude est une étape vers un travail anti-rumeur que Botkyrka souhaite développer suite aux actions contre les rumeurs menées ces dernières années à Barcelone, Espagne. La recherche sur les rumeurs a montré qu’elles ne peuvent être comprises en dehors du contexte culturel et économique dans lequel elles circulent. Vanja Möller, la gestionnaire du projet pour la campagne anti-rumeur pour Botkyrka est ravie de cette étude :

 

Cette étude a posé les jalons d’un travail anti-rumeur et a inspiré le réseau anti-rumeur Botkyrka Fördomsfritt, au sein duquel les chercheurs locaux et la municipalité travaillent en commun pour identifier et contrer les rumeurs qui mènent à la xénophobie et au racisme. Dans le courant de l’été 2014 le Centre Multiculturel réalisera un suivi de cette étude pour identifier les arguments, les raisonnements et les faits qui peuvent être utlisés pour éliminer ces rumeurs.

 

Botkyrka - le contexte


Botkyrka est la municipalité la plus pauvre de l’agglomération de Stockholm en terme de revenu par habitant. Sa population est la troisième population la plus jeune de toutes les municipalités de Suède. En 2010 Botkyrka est devenue la municipalité avec la proportion la plus large de citoyens d’origine étrangère (53,2%) du pays. La majorité des habitants venant de pays non occidentaux vivent au nord de la municipalité, communément appelé Botkyrka Nord, séparé géographiquement et symboliquement de la partie sud de la municipalité. Botkyrka Sud a une longue histoire urbaine alors que Botkyrka Nord ne s’est développé que très récemment.

 

Depuis les années 80 et particulièrement dans les années 90 et après, les immigrants qui se sont installés dans la partie nord de la municipalité venaient de plus en plus de pays autres que d’Europe de l’ouest. Aujourd’hui, les 3 comtés administratifs du nord de Botkyrla, i.e., Fittja, Alby et Hallunda-Norsborg se placent parmi les régions les plus pauvres et diverses de Suède. Dans Botkyrla Nord, plus de 65% de la population est d’origine étrangère, et dans certains quartiers la proportion est de 90-95%, dont 70% d’origine non-européenne. La majorité des quartiers sud de la municipalité est d’origine suèdoise, le revenu par habitant y est généralement plus élevé et l’attachement au marché du travail y est meilleur.

 

Rumeurs communes qui nuisent à une Botkyrka interculturelle


Les rumeurs identifiées dans cette études sont liées au schéma socio-économique qui caractérise Botkyrka en tant que municipalité

1. Les personnes dans Botkyrka Nord sont des criminels

2. La culture des immigrants est incompatible avec la culture suédoise. Les immigrants ne veulent pas être intégrés

3. La distribution des ressources est injuste. Borkyrka nord perçoit tout l’argent des impôts

4. Il est inadmissible que les traditions suédoises soient interdites

 

Chacune des rumeurs formulées dans cette liste regroupe une variété de diffé-rentes rumeurs articulées dans les études qui ont été analysées. Ces rumeurs sont souvent interconnectées. Dans une analyse de ces études, certains sché-mas se sont clarifiés concernant la diffusion de rumeurs qui sont contraires au processus interculturel à Botkyrka. Il est évident que certaines rumeurs circu-lent davantage parmi certains groupes que parmi d’autres.

 

Un défi dans cette tâche était de trouver un niveau pertinent d’abstraction pour identifier les rumeurs. Alors que certaines rumeurs exprimées peuvent être très générales et diffuses, d’autres sont très détaillées et concernent des personnes en particulier. La prochaine étape sera d’identifier les arguments, raisonnements et faits qui peuvent éliminer ces rumeurs.