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2014 a été une mauvaise année pour les droits de l’homme en Europe

Rapport d'activité annuel
Strasbourg 23/04/2015
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2014 a été une mauvaise année pour les droits de l’homme en Europe

Rapport annuel d'activité 2014

« L’année passée des milliers de personnes qui n’auraient pas dû mourir ont perdu la vie, principalement en mer Méditerranée et en Ukraine de l’est. Elles n’auraient pas dû mourir dans une Europe qui se targue d’être un espace où règnent la prééminence du droit et la démocratie, sur un continent qui prétend avoir tiré les leçons de son histoire sanglante et violente, » a déclaré aujourd’hui Nils Muižnieks, Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, lors de la présentation de son rapport annuel d’activité 2014.

Le Commissaire a souligné la situation dramatique des migrants qui continuent à mourir dans la mer Méditerranée en tentant de rejoindre l'Europe après avoir fui des conflits, la persécution et la pauvreté. « Alors que le chiffre officiel des décès en mer dépasse les 3 000 en 2014, dans les premiers mois de 2015, 1600 se sont déjà noyés. Ces décès étaient évitables. D’octobre 2013 à octobre 2014, l’opération de recherche et de sauvetage en mer Mare Nostrum, conduite par l’Italie, a prouvé qu’avec une volonté politique et un engagement financier suffisants, des dizaines de milliers de vies pouvaient être sauvées ».

L’année 2014 a également été dominée par les événements en Ukraine. « La politique et la géopolitique du confit en Ukraine de l’est ont souvent éclipsé une grave crise humanitaire. Les populations les plus vulnérables – et notamment les civils qui vivent près de la ligne de front, les personnes déplacées, les enfants, les personnes âgées et les personnes handicapées – ont énormément souffert ».

Le rapport attire également l’attention sur la grave détérioration de la situation des droits de l'homme en Azerbaïdjan. « À partir de l’été et jusqu’en 2015, les autorités azerbaïdjanaises ont poursuivi en justice et placé en rétention beaucoup de défenseurs des droits de l’homme les plus éminents du pays. Certains ont été accusés de violer une très inéquitable législation relative aux ONG, qui empêche pratiquement tout travail sur les droits de l’homme. D’autres sont poursuivis pour des infractions graves notamment espionnage, infractions liées aux armes ou aux stupéfiants, ou encore hooliganisme, défiant toute crédibilité. »

Le Commissaire a également souligné que la pression contre les ONG et les médias a augmenté dans de nombreux Etats membres du Conseil de l'Europe. « Les journalistes et militants d’ONG ont subi toutes sortes de pressions : attaques physiques, intimidation, harcèlement judiciaire et abus de leviers financiers. Ceci a des implications très graves sur le long terme, puisque les ONG et les médias jouent un rôle extrêmement important dans la protection des droits de l'homme. Nous devons prendre des mesures énergiques pour assurer la viabilité à la fois de médias indépendants et d’organisations non gouvernementales, sinon nous risquerions de nous réveiller un matin sans journaliste ou ONG pour dénoncer la corruption, les abus de pouvoir et les violations de droits de l’homme ».

Lire le rapport annuel d'activité 2014 du Commissaire aux droits de l'homme