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Journée internationale des personnes âgées : ces temps de pandémie imposent de réfléchir et d’agir

Déclaration
Strasbourg 01/10/2020
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Journée internationale des personnes âgées : ces temps de pandémie imposent de réfléchir et d’agir

La Journée internationale des personnes âgées est l’occasion de rendre hommage aux personnes âgées, à leurs réalisations et à la contribution qu’elles continuent d’apporter à nos sociétés. Cette année, nous célébrons cette journée dans le contexte exceptionnel de la pandémie de COVID-19, qui a révélé de graves insuffisances dans tous les États membres du Conseil de l'Europe. Cela doit nous inciter à réfléchir à l’attitude de nos sociétés à l’égard du vieillissement et des personnes âgées.

Le SARS-CoV-2 est un virus qui, lorsqu’il contamine des personnes âgées, présente indéniablement un risque particulier pour leur santé. Cependant, les ravages qu'il a causés sont aussi imputables à la mauvaise gestion de la crise sanitaire, notamment à des formes de négligence et d’abus observées dans des établissements de soins de longue durée et au manque de préparation de ces établissements, à une discrimination qui a empêché des personnes âgées de bénéficier des traitements qui auraient pu leur sauver la vie, au manque de soins de soutien et de soins palliatifs, à l’isolement social des personnes âgées, qui ne s’est pas accompagné de mesures destinées à atténuer ses effets sur leur santé mentale, et à un risque accru de pauvreté. Nous avons aussi observé des signes inquiétants de clivages entre générations, y compris une augmentation des violences et des abus visant des personnes âgées.

Ces phénomènes sont le résultat d’insuffisances structurelles que la pandémie n’a pas créées mais qu’elle a aggravées et qui avaient été négligées durant des années malgré les appels répétés de mon bureau et d’autres instances nationales et internationales de défense des droits de l'homme. Aujourd’hui, il n’est plus possible de fermer les yeux sur ces insuffisances. Tous les États membres doivent redoubler d’efforts pour combattre l’isolement des personnes âgées et pour enquêter dûment sur tous les décès survenus dans des circonstances douteuses au cours de la pandémie. Ils devraient aussi engager enfin les réformes sociales nécessaires pour éliminer les causes profondes de cette tragédie ; il s’agirait en particulier de faire évoluer les modes de prise en charge de longue durée pour qu’ils soient axés sur les droits de l'homme, l’autonomie et la dignité des personnes âgées.

Nous ne pouvons pas faire comme s’il ne s’était rien passé. Il est de notre devoir de tirer les enseignements du lourd tribut que les personnes âgées ont payé à la pandémie. Ce faisant, nous ne devons pas nous focaliser sur la vulnérabilité des personnes âgées mais nous attacher aussi à favoriser leur autonomie, à prendre en compte leurs points de vue et leurs préoccupations, et à mettre en valeur ce qu’elles apportent à nos sociétés. Il nous incombe de veiller à ce que les personnes âgées soient écoutées, entendues et associées aux débats les concernant, qu’il est urgent d’organiser dans tous nos États membres.