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Sulfina Barbu : « le développement durable passe par l’implication des collectivités locales »
Strasbourg, 17 mars 2005
Les collectivités locales et régionales sont les partenaires indispensables de toute politique de réduction des gaz à effet de serre, de protection de l’eau et de développement durable, a déclaré devant le Congrès la ministre roumaine de l’environnement et de la gestion de l’eau, Sulfina Barbu. Elle détaille, dans cette interview, les mesures prises ou à prendre pour parvenir à ces objectifs.
Question : Le protocole de Kyoto va permettre d’intensifier et de coordonner la lutte contre l’effet de serre au niveau planétaire : quels rôles peuvent jouer les régions et les collectivités locales européennes pour contribuer à la réussite de ce programme ?
Sulfina Barbu : le protocole rappelle que la lutte contre l’effet de serre dépasse les frontières nationales, et propose des mesures pour renforcer cette lutte tout relançant l’économie. Il incite, dans ce cadre, les régions et les collectivités locales à développer elles aussi des politiques de réduction des gaz et, plus globalement, des activités économiques à la fois rentables et « propres ». En Roumanie, les collectivités locales sont très impliquées, actuellement, dans la modernisation de leurs centrales thermiques, et dans la réduction des émissions des gaz à effet de serre.
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Question : Le Congrès va travailler, jeudi, sur les problèmes de la gestion de l’eau : quel peut être, selon vous, l’apport des collectivités locales et régionales à ce dossier, tant au niveau européen que directement sur le terrain ?
Sulfina Barbu : Les collectivités locales sont très impliquées dans la gestion de l’eau, et peuvent favoriser son utilisation rationnelle grâce à mesures techniques, mais aussi par des tarifications mieux adaptées aux besoins. La réduction des consommations inutiles –lutte contre les fuites du réseau et gaspillages de toutes sortes- est très importante pour protéger les réserves d’eau potable. En outre, les communautés locales doivent participer plus étroitement à l’application de la directive cadre européenne sur l’eau. Sans elles, les objectifs de ce texte ne seront pas atteints. Plusieurs villes roumaines modernisent leurs systèmes de traitement des eaux usées, avec un financement provenant à 70% de l’Union européenne, les 30% versants étant payés par les collectivités locales concernées.
Question : Quels sont les autres grands domaines du développement durable pour lesquels l’implication des collectivités locales et régionales est le plus souhaitable ?
Sulfina Barbu : Le développement durable est d’abord un état d’esprit. Les collectivités locales et régionales sont particulièrement bien placées pour évaluer l’impact positif ou négatif des politique nationales de développement : elles doivent donc pouvoir les rejeter si leurs effets ne répondent à leurs objectifs, et doivent être mieux associées, dès le départ, aux prises de décision. A côté des mesures purement environnementales, les collectivités locales peuvent s’impliquer dans le domaine de l’éducation, comme nous le faisons à la municipalité de Bucarest : nous proposons des formations « écociviques » aux enfants, qui sont très réceptifs à ces concepts, et qui peuvent ensuite sensibiliser leurs parents à ces questions. Nous souhaitons développer, dans tout le pays, cette éducation des jeunes à l’écologie et à la citoyenneté, indispensable pour l’avenir du pays.