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L’Autriche devrait intensifier ses efforts pour protéger les droits des femmes, faire progresser l’égalité femmes-hommes et améliorer l’accueil et l’intégration des réfugiés, des demandeurs d’asile et des migrants

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Strasbourg 20/12/2021
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L’Autriche devrait intensifier ses efforts pour protéger les droits des femmes, faire progresser l’égalité femmes-hommes et améliorer l’accueil et l’intégration des réfugiés, des demandeurs d’asile et des migrants

« L’Autriche a pris d’importantes mesures pour lutter contre la violence à l’égard des femmes, mais une action renforcée et mieux coordonnée s’impose compte tenu du nombre élevé de féminicides et de l’apparition de nouvelles dimensions numériques de la violence », a déclaré aujourd’hui Dunja Mijatović, Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe à l’issue d’une visite en Autriche conduite du 13 au 17 décembre.

« Les autorités devraient non seulement veiller à ce que des ressources suffisantes soient affectées de manière transparente et durable à la prévention de la violence à l’égard des femmes et à la protection des victimes, mais aussi adopter une approche ambitieuse et globale face aux enjeux juridiques, financiers, opérationnels et humains que cela implique, en étroite coopération avec tous les acteurs concernés, y compris les structures nationales des droits de l’homme et les ONG », a-t-elle ajouté. « J’ai pris note avec intérêt de l’adoption récente du train de mesures sur le discours de haine en ligne (Hass im Netz), qui prévoit de nouveaux outils pour lutter contre ce fléau et je serai très attentive à sa mise en œuvre dans la pratique ».

Il est impératif de préserver la santé et les droits sexuels et reproductifs des femmes pour garantir une pleine égalité de genre. Tous les obstacles financiers et pratiques qui empêchent l’accès aux services concernés devraient être supprimés. « J’ai pu constater que pour beaucoup de femmes qui vivent en Autriche, en particulier les femmes jeunes et/ou démunies, l’exercice effectif de ces droits était compromis par le manque d’accès à des services de contraception et d’avortement abordables, ce que la pandémie n’a fait qu’aggraver », a déclaré la Commissaire lors de la visite d’un centre de consultation géré par le Planning familial autrichien. Elle a recommandé que les autorités autrichiennes veillent à ce que les produits et services de contraception soient pris en charge par la caisse publique d’assurance-maladie ou par des dispositifs de subvention et que l’accessibilité et la disponibilité des services d’avortement légal soient garanties concrètement dans tout le pays.

Elle a noté en outre que l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes en Autriche – l’un des plus importants de l’Union européenne, s’établissant à 19,9 % en 2019 d’après Eurostat – contribue à des inégalités marquées en matière de retraite et à la pauvreté des femmes. La Commissaire a donc demandé instamment aux autorités de s’assurer que les sanctions prévues par la loi sont effectivement appliquées aux employeurs qui pratiquent une discrimination fondée sur le genre et de garantir l’accès à des chances égales pour les femmes et les hommes.

En ce qui concerne l’accueil et l'intégration des réfugiés, des demandeurs d'asile et des migrants, la Commissaire a visité le Centre d'accueil initial de Traiskirchen (Basse-Autriche), où elle a rencontré de nombreux résidents, notamment des familles, des femmes, des filles et garçons non accompagnés, ainsi que des membres du personnel de l’Agence fédérale des services d’accueil et d’accompagnement. « Je salue le travail accompli par l’Agence pour accueillir tous les arrivants dans de bonnes conditions sanitaires, mais le centre atteint ses limites, étant donné que beaucoup de ceux qui pourraient être transférés dans d'autres structures d’accueil sous la responsabilité des Länder restent à Traiskirchen », a déclaré la Commissaire. Conçu pour des séjours de courte durée, le Centre ne propose pas d’activités éducatives ou récréatives suffisantes ou adéquates, ce qui nuit particulièrement aux mineurs non accompagnés. Les moins de 14 ans sont actuellement pris en charge par des mères demandeuses d'asile « rémunérées » qui vivent également dans le Centre et qui, parfois, ne parlent même pas la même langue. « J'invite instamment les autorités à désigner des tuteurs à part entière pour ces jeunes enfants dès le tout début de la procédure d'asile et à poursuivre leurs discussions avec les Länder afin de faire en sorte qu’ils jouent leur rôle et que soient transférés les demandeurs d’asile ayant achevé la procédure d’admissibilité, comme le prévoit la loi », a déclaré la Commissaire. Soulignant l’importance cruciale de l’assistance juridique dans la procédure d’asile, la Commissaire a également invité les autorités autrichiennes à préserver, tant dans la pratique que dans la loi, la qualité de l’assistance fournie par l’Agence fédérale des services d’accueil et d’accompagnement, ainsi que l’indépendance de l’Agence.

Au cours de sa visite, la Commissaire a rencontré le Président fédéral Alexander Van der Bellen, le Ministre fédéral des Affaires européennes et internationales Alexander Schallenberg, la Ministre fédérale de l’UE et de la Constitution à la Chancellerie fédérale, Karoline Edtstadler, le Ministre fédéral des Affaires sociales, de la Santé, des Soins et de la Protection des consommateurs Wolfgang Mückstein, la Ministre fédérale des Femmes et de l’Intégration à la Chancellerie fédérale Susanne Raab, la Ministre fédérale de la Justice Alma Zadić et des hauts fonctionnaires du Ministère fédéral de l’Intérieur. Elle a également rencontré Petra Bayr, députée au Parlement autrichien, le Médiateur pour l’égalité de traitement, le bureau du Médiateur autrichien, le maire de Traiskirchen Andreas Babler, ainsi que des représentants de la société civile et d’organisations internationales. Elle a également participé, avec Karin Lukas, Présidente du Comité européen des droits sociaux, au lancement en ligne de l’Annuaire européen des droits de l’homme, organisé par le Centre européen de formation et de recherche sur les droits de l'homme et la démocratie de l'Université de Graz.

Le rapport de la Commissaire sur sa visite sera publié prochainement.