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Forum des cités interculturelles à Bari
La ville italienne de Bari, connue comme la
porte du sud du pays, a accueilli le
1er décembre 2009 une réunion organisée
conjointement par le programme des "Cités
interculturelles" et la région des Pouilles.
Cette réunion avait pour thème "les
collectivités locales et les politiques d’accueil
et d’intégration en Europe et dans les pays
méditerranéens". Plus de 60 participants de
divers domaines - intellectuels, responsables
de l’élaboration des politiques
internationales, nationales et locales,
professionnels de l’intégration, journalistes et
représentants de la société civile de l’Europe
et du Maghreb - ont examiné les principes et
les méthodes du programme des "Cités
interculturelles" et la possibilité qu’ils offrent
de transformer la gouvernance et les
politiques municipales dans des
communautés de plus en plus diversifiées.
Pertinence de la démarche des cités
interculturelles
La Secrétaire Générale adjointe du Conseil de
l'Europe, Maud de Boer-Buquicchio, a
souligné la pertinence de l’approche des cités
interculturelles en donnant l’exemple du
débat récent en Suisse sur l’interdiction de la
construction de minarets : "dans le
référendum suisse, Neuchâtel, qui participe
au programme des cités interculturelles, a
voté à l’encontre de la tendance nationale".
Elle a poursuivi en soulignant que "Neuchâtel est un bon exemple de ce qu’une
direction politique forte et une approche
interculturelle de la gouvernance de la
politique municipale peuvent transformer la
présence de 25 % d’étrangers [comme c’est
le cas à Neuchâtel, note de l’auteur] en un
atout synonyme de dynamisme, créativité et
croissance".
Gestion de la diversité interculturelle : le
rôle des médias
Au cours des deux jours qui ont précédé la
conférence, un groupe international de
jeunes journalistes de la presse imprimée et
télévisuelle a produit des matériels
médiatiques présentant la situation
interculturelle de Bari. Ils se sont rendu
compte que l’exploitation de l’interculturalité
comme une ressource était non seulement un
sujet qu’ils pouvaient couvrir dans leurs
reportages, mais aussi une expérience qu’ils
pouvaient vivre en direct dans le cadre de
leur travail.
Comme l'a expliqué Paola Guarnieri, jeune
journaliste de radio travaillant pour la Rai :
"Nous sommes 12 journalistes,
12 professionnels faisant le même travail,
dans lequel on nous demande normalement
d’être des témoins neutres et impartiaux.
Mais ici, à Bari, on nous a demandé de faire
plus : être non seulement des témoins
impartiaux, mais aussi des individus. Des
personnes ayant un regard différent, des
cultures et des avis différents. Nous avons
apporté notre diversité dans notre travail, et
nos différences qui auraient pu constituer des
problèmes ou des obstacles se sont révélées des atouts qui ont amélioré la qualité de
notre travail collectif".
La conférence s’est terminée par le
lancement de la campagne antidiscrimination
dans la région des Pouilles. |