Back Cérémonie de lever de drapeau à l’occasion de la passation de la présidence du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe de la République de Moldova à Monaco

Seul le prononcé fait foi

Allocution de M. Alain Berset,

Secrétaire Général du Conseil de l’Europe

 

Madame la Présidente du Comité des Ministres,
Madame l’ambassadrice de la République de Moldova,
Madame la Présidente de l’APCE,

Excellences, chers.ères collègues,

Six mois, c’est court et long à la fois.

Court parce que les événements se sont succédé à un rythme effréné.

La présidence de la République de Moldova débutait à peine que la menace d’une action militaire contre le Groenland montrait que plus rien n’allait de soi — pas même la souveraineté de l’un de nos États membres.

C’était après la catastrophe humanitaire de Gaza, qui sévit encore. Juste avant le Venezuela, et avant que la guerre en Iran et au Moyen-Orient ne vienne frapper aux portes de notre continent.

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La rupture était là — géopolitique, énergétique, juridique, morale — sur tous les fronts à la fois.

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Dans ces conditions, six mois c'est long aussi. 

Mais pendant cette présidence, le Conseil de l’Europe n’a pas reculé d’un pas — ni sur ses principes, ni sur ses engagements.

Nous avons continué à soutenir l’Ukraine alors que la guerre en Iran a redistribué les ressources et les priorités de certains.

Nous avons progressé sur la responsabilité et la justice avec la Commission internationale des réclamations et le Tribunal spécial pour le crime d’agression.

Nous avons ouvert le chemin vers un instrument juridique contre les manipulations de l’information et les ingérences menées depuis l’étranger.

Et sur la migration, nous avons permis un dialogue et trouvé une voie politique commune, fondée sur la Convention.

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Six mois de rupture.

Six mois où nous avons bâti.

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C’est dans cette Europe-là que la Principauté de Monaco débute la présidence du Comité des Ministres pour la première fois de son histoire.

Ses priorités ne sont pas des priorités de temps calme. Ce sont des priorités qui s’inscrivent dans la durée.

Dans ce que le Prince Albert II, lors de sa rencontre avec le Pape Léon XIV en mars dernier, a appelé « l’équilibre entre les impératifs du présent et les exigences du temps long. »

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Il a raison.

Dans le monde en rupture qui est le nôtre, le temps long est une exigence.

Les décisions que nous prenons aujourd’hui doivent dépasser les cycles politiques et les crises que nous traversons.

Elles doivent aussi tenir dans dix, vingt, trente ans.

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Toute notre gratitude à la République de Moldova.

Le flambeau est à Monaco.

Merci.

Secrétaire Général Strasbourg 20 May 2026
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