Nous parlons au nom de ceux que personne n’écoute, de ceux qui ne peuvent pas encore parler et de ceux qui ne parleront plus jamais.
Emma González, militante américaine pour le contrôle des armes à feu
La participation des enfants : un droit humain
La participation des enfants signifie que les enfants – toute personne âgée de moins de 18 ans — ont individuellement ou en groupe le droit, les moyens, la place, la possibilité et, si nécessaire, le soutien leur permettant d’exprimer librement leur opinion, d’être entendus et de contribuer aux prises de décision sur les affaires les concernant, leurs opinions étant dûment prises en considération eu égard à leur âge et à leur degré de maturité1. Le droit de participation des enfants et des jeunes s’applique sans discrimination aucune pour des motifs comme la race, l’appartenance ethnique, la couleur, le sexe, la langue, la religion, les opinions politiques ou autres, l’origine nationale ou sociale, la fortune, le handicap, la naissance, l’orientation sexuelle ou toute autre situation.
L’article 12 de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant garantit la participation des enfants en consacrant leur droit d’être entendus. Ce droit doit s’exercer à deux niveaux : au niveau de la prise de décision individuelle (y compris les procédures judiciaires et administratives) et par la participation à la prise de décision publique concernant toutes les questions touchant les enfants.
Le terme « questions » doit être interprété au sens large, de manière à inclure non seulement les questions couvertes par la CDE, mais aussi « toute question intéressant l’enfant », afin de s’assurer que le processus est pertinent pour la vie des enfants. L’enfant a le droit « d’exprimer librement son opinion », sans manipulation, influence ou pression. Tout enfant capable de se forger une opinion doit être entendu : il ne s’agit pas d’établir ainsi une limitation, mais une obligation pour l’État d’évaluer cette capacité au cas par cas plutôt que d’imposer des limites d’âge. Les opinions des enfants doivent être « dûment prises en considération eu égard à leur âge et à leur degré de maturité » et ils doivent être informés des résultats de tout processus et de la manière dont leurs opinions ont été prises en compte. Dans le même temps, il convient également de tenir compte de la notion d’évolution des capacités de l’enfant, et de l’orientation et des conseils donnés par les parents.
La participation ne doit pas se limiter à un événement ponctuel ; ce doit être un processus continu qui contribue à développer une culture de la participation dans l’environnement de l’enfant : dans la famille, à l’école, dans les institutions de soins, dans le système de santé, dans la communauté et la société dans son ensemble. Pour les adultes comme pour les enfants, le développement d’une telle culture de la participation peut être une excellente façon de s’exercer à la démocratie.
La principale condition préalable à une participation significative des enfants et des jeunes est que les adultes respectent leur capacité à prendre part aux décisions et les reconnaissent comme des partenaires. Il en résulte un authentique partenariat démocratique, en lieu et place des relations traditionnellement fondées sur le pouvoir des adultes et leur contrôle sur les enfants. Sans le respect des capacités des enfants, la participation risque de n’être que purement symbolique : les enfants peuvent donner leur avis, mais n’auront aucune influence sur le résultat.
Modèles de participation
Entre la participation symbolique et l’implication pleine et entière, il existe différents degrés de participation. Ceux-ci sont bien illustrés par l’« échelle de la participation » à huit paliers, développée par Roger Hart2. Les trois premiers paliers, à savoir la manipulation, la participation d’apparence et la participation symbolique, relèvent d’une contribution fictive. Parmi les formes véritables de participation figurent les niveaux auxquels les enfants sont « désignés, mais informés » (des rôles spécifiques leur sont confiés), puis « consultés et informés » (les enfants donnent des conseils sur les projets mis en œuvre par les adultes et comprennent en quoi leurs opinions vont influer sur le processus). Viennent les degrés de participation plus avancée : d’abord la « participation initiée par les adultes », qui consiste en une prise de décision partagée avec les enfants, puis le « projet initié et dirigé par les enfants », dans lequel les adultes se cantonnent à un rôle de soutien et de conseil. Au niveau supérieur, les enfants participent à la prise de décision, à la gestion et aux responsabilités aux côtés des adultes, et enfants et adultes échangent des informations et tirent les enseignements de leurs expériences respectives.
La stratégie nationale irlandaise sur la participation des enfants et des jeunes à la prise de décision (Ireland’s National Strategy on Children and Young People’s Participation in Decision-Making3) est la traduction de l’article 12 de la CDE en un modèle composé de quatre éléments distincts et interdépendants dans un ordre chronologique :
ESPACE : les enfants doivent avoir la possibilité de former et d’exprimer leur opinion en tout sécurité et sans exclusive.
VOIX : les enfants doivent être encouragés à exprimer leur opinion.
AUDIENCE : leur opinion doit être écoutée.
INFLUENCE : leur opinion doit être prise en compte, le cas échéant4
Je sais mieux utiliser l’ordinateur que ma mère ; c’est elle qui devrait y avoir un accès restreint.
Paroles d’un enfant ayant participé à la rédaction de la Recommandation du Conseil de l’Europe aux États membres sur des Lignes directrices relatives au respect, à la protection et à la réalisation des droits de l’enfant dans l’environnement numérique, 2017
Les enfants à l’ère numérique
Les médias jouent aujourd’hui un rôle central dans la vie des enfants, mais, pour ces derniers, l’internet a détrôné la télévision. Les technologies de l’information et de la communication ont virtuellement pénétré dans les moindres recoins de la vie des gens. Les enfants surfent sur la toile à un âge plus précoce et sont plus susceptibles d’avoir leurs propres appareils. Des recherches ont montré que les enfants s’en servent principalement pour visiter des sites de réseaux sociaux ou communiquer au moyen des messageries instantanées, regarder des vidéos, faire des recherches pour leurs travaux scolaires ou jouer avec d’autres. Ils sont en revanche moins susceptibles de créer du contenu, de lire des informations ou de participer à des activités en ligne1. À maints égards, les technologies de l’information et de la communication (TIC) transforment la vie des enfants ; elles leur ouvrent de nouvelles perspectives, mais présentent aussi des risques pour leur bien-être et le respect de leurs droits. Par conséquent, il convient de garantir aux enfants l’exercice de l’ensemble de leurs droits dans l’environnement numérique.
Droits des enfants dans l’environnement numérique
En tant que détenteur de droits à part entière, chaque enfant devrait pouvoir exercer ses droits humains et ses libertés fondamentales en ligne aussi bien que hors ligne. Le Conseil de l’Europe a adopté des Lignes directrices relatives au respect, à la protection et à la réalisation des droits de l’enfant dans l’environnement numérique dans l’objectif de favoriser l’adoption d’une approche stratégique complète de la gestion du monde souvent complexe que constitue l’environnement numérique. L’« environnement numérique » est entendu au sens de « l’ensemble des technologies de l’information et de la communication (TIC), dont internet, les technologies et dispositifs mobiles et associés, ainsi que les réseaux, bases de données, contenus et services numériques »2.
L’obligation première de promouvoir et de protéger les droits de l’enfant dans l’environnement numérique incombe à l’État, mais les entreprises commerciales, en particulier celles qui fournissent des services à l’échelle mondiale, doivent également s’engager. Cela revêt une importance particulière en cas de violation des droits de l’enfant : les enfants et leurs parents doivent avoir accès à des voies de recours adaptées aux enfants pour déposer plainte et demander réparation dans le cadre de procédures judiciaires et non judiciaires. À cette fin, il convient de fournir aux enfants, dans un langage qu’ils puissent comprendre et d’une manière adaptée à leur âge, à leur maturité et aux différences culturelles et de sexe, des informations concernant les recours possibles. Où et comment déposer une plainte en cas de violation du droit à la vie privée d’un enfant sur un réseau social ?
Accès à l’environnement numérique
En 2017, des enfants ont été consultés dans plusieurs pays sur les Lignes directrices relatives au respect, à la protection et à la réalisation des droits de l’enfant dans l’environnement numérique du Conseil de l’Europe3. Lors de ces consultations, les enfants ont unanimement reconnu que tout le monde devrait avoir accès à internet, sans discrimination, et ils ont été nombreux à estimer que cet accès devrait être gratuit partout ou, à tout le moins, dans les lieux publics. L’accès à internet est important pour les enfants à plusieurs titres : pour apprendre, jouer, se socialiser et s’exprimer. Les Lignes directrices reconnaissent que, lorsque les enfants n’ont pas accès à l’environnement numérique ou que cet accès est limité en raison d’une mauvaise connectivité, leur capacité à exercer pleinement leurs droits humains peut être entravée. Par conséquent, l’accès à l’environnement numérique doit être assuré dans les établissements éducatifs et les structures d’accueil, et des mesures spécifiques doivent être mises en place pour les enfants en situation de vulnérabilité, tels que les enfants handicapés, les enfants faisant l’objet d’un placement, les enfants privés de liberté et les enfants dans le contexte de la migration internationale. Une version adaptée aux enfants de la Recommandation CM/Rec(2018)7 du Comité des Ministres aux États membres sur les Lignes directrices relatives au respect, à la protection et à la réalisation des droits de l’enfant dans l’environnement numérique est également disponible.
Les enfants ont-ils accès à l’internet dans votre école / institution / établissement ?
Dans votre pays, les enfants sont-ils autorisés à utiliser leurs appareils intelligents à l’école ?
Droit à la liberté d’expression et d’information
L’environnement numérique offre un potentiel considérable pour favoriser la réalisation du droit des enfants à la liberté d’expression, notamment pour rechercher, recevoir et communiquer des informations et des idées de toutes sortes. La CDE dispose que l’enfant doit avoir accès à une information et à des matériels provenant de sources nationales et internationales diverses, notamment ceux qui visent à promouvoir son bien-être social, spirituel et moral ainsi que sa santé physique et mentale (article 17). Les enfants, en tant que créateurs et distributeurs d’informations dans l’environnement numérique, devraient être sensibilisés à la manière d’exercer leur droit à la liberté d’expression dans l’environnement numérique, dans le respect des droits et de la dignité des autres, y compris d’autres enfants.
Avez-vous des exemples d’enfants pratiquant la liberté d’expression en ligne ?
Où les enfants recherchent-ils des informations lorsqu’ils veulent en savoir plus sur une question ?
Participation, droit au jeu et droit de réunion et d’association
Par la communication, le jeu et le divertissement en ligne, et les activités en réseau, l’environnement numérique offre aux enfants des possibilités uniques en matière de jeu, de participation à des activités ludiques et de liberté de réunion et d’association. Les outils interactifs et ludiques peuvent stimuler des aptitudes telles que la créativité, la capacité à travailler en équipe et la résolution de problèmes, s’ils sont adaptés au développement de leurs capacités et, en particulier, aux besoins de ceux d’entre eux qui sont en situation de vulnérabilité. Le droit au jeu est naturellement important pour les enfants, même si le temps passé en ligne et ses conséquences sur la santé physique et mentale peuvent être un sujet d’inquiétude. Il existe également des préoccupations concernant la sécurité, notamment l’effet des jeux violents et les risques de rencontrer des inconnus en ligne.
La participation dans l’environnement numérique inclut la possibilité pour les enfants de prendre part efficacement aux débats politiques, qu’ils soient locaux, nationaux ou mondiaux. Les activités en ligne et hors ligne peuvent être combinées et se compléter utilement, par exemple dans le cas de la campagne #FridaysForFuture qui a mobilisé des millions d’enfants du monde entier via les réseaux sociaux pour des manifestations dans la rue et la mise en œuvre d’autres projets visant à attirer l’attention sur la crise climatique. Néanmoins, tout contrôle ou surveillance interférant avec l’exercice de leurs droits de réunion et d’association pacifiques devraient être prévus par une loi accessible, précise, claire et prévisible, poursuivre un but légitime, être nécessaires dans une société démocratique et proportionnés au but légitime poursuivi, et prévoir des recours effectifs
Vie privée et protection des données
Les enfants ont droit au respect de leur vie privée et familiale dans l’environnement numérique, ce qui inclut la protection de leurs données personnelles et le respect de la confidentialité de leur correspondance et de leurs communications privées. Les menaces pesant sur la vie privée des enfants peuvent provenir de leurs propres activités dans l’environnement numérique, ainsi que des activités d’autres personnes, y compris la famille, les amis ou les étrangers, par exemple lorsque les parents partagent en ligne des photos ou d’autres informations concernant leurs enfants. Les atteintes à la vie privée des enfants peuvent résulter de la collecte et du traitement des données par des institutions publiques, du profilage des entreprises, ainsi que d’activités criminelles telles que le piratage ou l’usurpation d’identité.
Les données personnelles des enfants devraient être traitées loyalement, conformément à la loi, avec précision et de manière sûre, à des fins spécifiques et avec le consentement libre, explicite, éclairé et sans ambiguïté de l’enfant et/ou de ses parents. Pour être en mesure de donner leur consentement, les enfants doivent pouvoir disposer d’informations facilement accessibles, utiles, adaptées à leur maturité et à leur âge, concernant les outils et paramètres de confidentialité ainsi que les voies de recours. Dans la plupart des pays, l’âge auquel les enfants sont capables de consentir au traitement des données personnelles est défini par la loi ; en dessous de cet âge, le consentement des parents est requis pour le traitement de toute donnée personnelle. Le consentement peut être retiré à tout moment, et les enfants et leurs parents doivent avoir accès à leurs données personnelles et pouvoir les faire rectifier ou supprimer.
Quel est l’âge du consentement au traitement des données personnelles dans votre pays ? Savez-vous quel est l’âge minimum requis pour utiliser les réseaux sociaux ?
Droit à l’éducation
Étant donné que l’environnement numérique permet et améliore l’accès des enfants à une éducation de qualité, il est essentiel que les États encouragent les possibilités en ligne pour l’éducation formelle, non formelle et informelle. L’utilisation de la technologie numérique en classe peut faciliter la coopération entre les élèves et les enseignants à la condition qu’une infrastructure technologique appropriée soit fournie. La numérisation de l’enseignement est inévitable pour adapter les programmes aux besoins changeants de la société, afin que les enfants puissent acquérir les connaissances et les compétences nécessaires à une vie réussie lorsqu’ils seront adultes.
La culture numérique, y compris la maîtrise des médias et de l’information, et l’éducation à la citoyenneté numérique garantissent que les enfants disposent des compétences nécessaires pour agir avec sagesse dans l’environnement numérique, mais aussi de la résilience voulue pour affronter les risques qui y sont associés. Grâce à cela, les enfants devraient pouvoir comprendre et appréhender les contenus et les comportements potentiellement préjudiciables, ainsi que les conséquences potentielles d’une diffusion ultérieure de telles informations sur eux-mêmes ou sur d’autres personnes. La formation à la culture numérique devrait faire partie du cursus scolaire de base dès les premières années et des initiatives et programmes d’éducation et de sensibilisation devraient être mis en place pour les enfants, les parents et les éducateurs travaillant avec des enfants. Les enfants devraient être informés des services dont ils peuvent bénéficier s’ils en sont victimes.
La Journée pour un internet plus sûr est organisée chaque année en février par le réseau InsafeiIN-HOPE, avec le soutien de la Commission européenne, afin de promouvoir une utilisation sûre et positive de la technologie numérique, en particulier chez les enfants et les jeunes. Organisé le deuxième jour de la deuxième semaine du deuxième mois de chaque année, l’événement réunit des millions de personnes pour inspirer des changements positifs en ligne, sensibiliser aux questions de sécurité sur la toile et participer à des événements et activités dans le monde entier. La Journée pour un internet plus sûr a dépassé sa zone géographique traditionnelle et est désormais célébrée dans plus de 170 pays à travers le monde. En savoir plus
Existe-t-il dans votre pays une permanence téléphonique ou une ligne téléphonique d’urgence qui aide les enfants confrontés à des contenus et des
comportements préjudiciables ?
Droit à la protection contre la violence
L’enfant a le droit d’être protégé contre toute forme de violence, d’exploitation et d’abus dans l’environnement numérique. Cela étant, toutes les mesures de précaution et de protection devraient tenir compte de l’intérêt supérieur de l’enfant et du développement de ses capacités, et ne pas restreindre indûment l’exercice d’autres droits. Les bébés doivent être protégés d’une exposition prématurée à l’environnement numérique, en raison de bénéfices réduits au regard de leurs besoins particuliers sur le plan physique, psychologique, social et en termes de stimulation. Une vérification efficace de l'âge est nécessaire pour garantir la protection des enfants contre les produits, services et contenus dans l'environnement numérique qui sont légalement soumis à des limites d’âge strictes.
L’environnement numérique peut présenter un certain nombre d’aspects préoccupants pour le bien-être des enfants, leur développement et leur santé, tels que, mais pas exclusivement, les risques de préjudice en lien avec :
l’exploitation et les abus sexuels, la sollicitation à des fins sexuelles (grooming), le recrutement d’enfants en ligne pour la commission d’infractions pénales, pour la participation à des mouvements politiques ou religieux extrémistes ou à des fins de traite d’êtres humains (risques de contact) ;
la représentation dégradante et stéréotypée et l’hypersexualisation, en particulier des femmes et des enfants, la représentation et la glorification de la violence contre autrui et contre soi-même, en particulier le suicide, l’humiliation, l’expression discriminatoire ou raciste, ou l’apologie de ces
conduites, la publicité, les contenus destinés à des adultes (risques de contenu) ;
les brimades, le harcèlement sexuel et d’autres formes de harcèlement, la diffusion non consensuelle d’images sexuelles, l’extorsion, le discours de haine, le piratage, les paris, le téléchargement illégal et autres infractions à la propriété intellectuelle, l’exploitation commerciale (risques de comportement) ;
l’utilisation excessive, la privation de sommeil et les atteintes à l’intégrité physique (risques pour la santé).
Tous ces faits et comportements peuvent avoir un effet nocif sur le bien-être physique, affectif et psychologique des enfants.
Le cyberharcèlement, c’est quoi ?
Le cyberharcèlement est une forme de harcèlement exercée au moyen des technologies numériques. Elle peut avoir lieu sur les réseaux sociaux, les plateformes de messagerie ou de jeu et les téléphones portables. Il s’agit d’un comportement répétitif visant à faire naître la peur, la colère ou la honte chez les victimes. En voici quelques exemples :
faire circuler de fausses informations ou publier des photos compromettantes sur les réseaux sociaux ;
envoyer des messages blessants ou des menaces sur les plateformes de messagerie ;
se faire passer pour quelqu’un et envoyer des messages malveillants en son nom.
Les auteurs d’actes de harcèlement agissent souvent à la fois dans le monde réel et en ligne. Toutefois, le cyberharcèlement laisse une empreinte numérique, c’est-à-dire un enregistrement, qui peut s’avérer utile pour prouver les violences subies et y mettre fin. Source: Unicef
La parentalité à l’ère du numérique
L’environnement numérique est un défi pour la parentalité. Les parents sont régulièrement confrontés à de nouveaux problèmes tandis que les enfants et les jeunes maîtrisent de mieux en mieux internet, la technologie numérique et les réseaux sociaux. Les principes de la parentalité numérique résident dans une communication ouverte avec l’enfant, y compris l’intérêt pour les activités numériques de celui-ci et si possible une participation régulière à celles-ci, et, en même temps, dans une protection active de la réputation et de l’identité numériques de l’enfant. Les parents devraient également être informés des possibilités et des risques de l’environnement numérique et avoir accès à des services de soutien tels que des lignes d’assistance et des numéros verts.
Le Conseil de l’Europe a élaboré des outils pédagogiques spéciaux pour aider les parents à aborder de manière adéquate les possibilités et les défis inhérents à l’environnement numérique. Le guide La parentalité à l’ère du numérique - Des approches parentales positives pour différents scénarios vise à aider les parents à comprendre le style de parentalité qui convient le mieux à leur famille afin que leurs enfants puissent participer au monde virtuel et en profiter véritablement, tout en étant protégés de tout risque posé par ce nouvel environnement. Dans la même série, l’ouvrage intitulé La parentalité à l’ère du numérique - Conseils aux parents pour la protection en ligne des enfants contre l’exploitation sexuelle et les abus sexuels fournit des outils et des conseils précieux pour la protection des enfants dans l’environnement numérique.
L’animateur doit examiner toute une série de facteurs pour déterminer les activités qu’il va utiliser. Parmi les considérations essentielles figurent :
1. Les enfants :
Avant de choisir une ou plusieurs activités, l’animateur a besoin de connaître les
enfants avec qui il va travailler.
a. Quels sont leur niveau de développement, centres d’intérêt, préoccupations et styles d’apprentissage ?
b. Y a-t-il des problèmes ou des conflits au sein du groupe ?
c. Ces enfants sont-ils confrontés à des questions ou problèmes particuliers au sein de leurs communautés ?
d. Que savent déjà les enfants au sujet des droits humains ? Certaines activités de Repères Juniors supposent, en guise d’introduction, une présentation de la Convention des droits de l’enfant.
Cela étant, ne pensez pas que vous devez attendre d’avoir la réponse à toutes ces questions avant d’utiliser le manuel. Souvent, la mise en œuvre des activités est le meilleur moyen de découvrir votre groupe !
2. Votre objectif en termes d’apprentissage :
Certaines activités peuvent servir à améliorer la compréhension générale des droits humains, voire à passer un bon moment, mais la plupart peuvent et doivent être axées sur les thèmes qui sont proches des enfants ou qui intéressent le groupe, la communauté ou le monde. Toutes les activités de Repères Juniors permettent de sensibiliser et d'agir sur l'ensemble des droits humains. Elles sont par ailleurs organisées de manière à permettre de se concentrer sur des thèmes spécifiques qui établissent un lien entre les enfants et les défis actuels en matière de droits humains en Europe, et notamment :
3. La suite d’activités :
Des connaissances, capacités, valeurs et attitudes pérennes ne sauraient être développées au moyen d’une seule activité. Choisissez donc des activités qui forment une suite cohérente, qu’elles soient basées sur un thème particulier des droits humains ou axées sur l’acquisition de certaines compétences. Cette série d’activités peut se dérouler sur un mois, un trimestre scolaire voire une année complète. Vous opterez peut-être pour des activités qui cadrent avec les disciplines du programme scolaire ou abordent des problèmes d’actualité au sein du groupe ou de la communauté.
Dans tous les cas, recherchez un équilibre entre les types d’activités et placez les besoins des enfants au premier rang de vos priorités. La diversité méthodologique n’est pas seulement un moyen de rendre les activités plus amusantes. Elle permet aussi que les enfants apprennent avec tous leurs sens et leurs émotions, autant qu’avec leurs esprits. Pour cette raison, Repères Juniors vous offre un large choix de techniques et de méthodologies (exemples : discussion, débat, narration/histoires, simulation, théâtre, jeu de société, activités artistiques, compétition en groupe).
Aucun enfant ne peut apprendre les droits humains dans un environnement qui ne soit pas lui-même respectueux et promoteur des droits humains. Créer un tel environnement est donc le mieux que puisse faire l’animateur pour favoriser chez l’enfant la compréhension des droits humains.
Premiers pas avec Repères Junior
Les informations pratiques contenues dans ce chapitre ont pour but de vous aider, en tant qu’animateur, à utiliser Repères Juniors. Mais ne vous laissez pas décourager par la multitude de conseils et de recommandations. Personne d’autre que vous ne connaît mieux votre environnement et les enfants avec lesquels vous travaillez. Servez-vous donc des informations et des conseils à votre gré. Vous devriez en effet trouver dans ce chapitre les réponses aux questions que vous vous posez. Sachez enfin que si vous créez un environnement d’apprentissage qui respecte et promeut les droits fondamentaux de l’enfant, l’enfant y apprendra naturellement les droits humains !
À la différence des plans de cours utilisables dans un programme scolaire, le manuel a été conçu pour être le plus adaptable possible aux différents contextes dans lesquels les enfants peuvent apprendre les droits humains – qu’il s’agisse de camps d’été, de programmes extrascolaires, de groupe de jeunes ou de voyages d’études, voire de la traditionnelle salle de classe. Même si beaucoup des activités proposées exigent une certaine préparation, elles sont utilisables partout et n’importe quand. Cela étant, trouver le moment où les enfants sont les plus réceptifs à cet apprentissage, que ce soit lorsqu’un conflit surgit dans le groupe ou, au contraire, que le groupe se sent d’humeur joyeuse, fait partie du métier de l’animateur : votre métier !
Pour que les enfants puissent exercer pleinement leurs droits, ils doivent savoir quels sont ces droits. En les découvrant, les enfants deviennent plus conscients et plus résilients et renforcent leur capacité à agir en tant que défenseurs des droits humains, que ce soit dans leur propre intérêt ou en défendant les autres. Cela leur permet d'apprendre et de pratiquer les valeurs démocratiques en tant que citoyens.
C'est pourquoi l'éducation aux droits humains est importante à tous les âges.
Compasito est un outil unique. Ce manuel en ligne est une référence qui renforce le travail effectué dans les écoles par le biais de l'éducation non formelle et des activités de jeunesse. L'apprentissage crée une prise de conscience, une compréhension et un respect des droits humains. Les enfants sont encouragés à exercer leurs droits dans différents environnements et aspects de leur vie.
Je souhaite aux utilisateurs de ce manuel de réussir à rapprocher les droits humains de la vie des enfants et des jeunes. Je suis convaincu que cela leur sera bénéfique dans l'immédiat et qu'il s'agira d'un investissement précieux à long terme pour la démocratie dans nos sociétés.
Les activités de Repères Juniors ont été conçues pour favoriser un apprentissage expérientiel des droits humains dans divers contextes, avec divers styles d’apprentissage et niveaux de développement. Les activités ont pour point de départ une situation abstraite ou imaginée qui favorise la participation des enfants en tant que groupe, tandis que la section consacrée au débriefing et à l’évaluation se situe à un niveau plus personnel et individuel.
Le débriefing et l’évaluation forment la partie essentielle de toute activité, sans laquelle l’activité ne serait qu’une activité, rien de plus. Négliger le débriefing, au-delà du simple fait de manquer une opportunité d’apprentissage, peut avoir des répercussions très néfastes, comme renforcer les stéréotypes et banaliser les émotions qu’une activité peut susciter.
Parce que cette forme d’éducation non formelle fait largement appel aux émotions, certains sujets peuvent être dérangeants car ils touchent à la réalité quotidienne des enfants. Les animateurs doivent être conscients de ce potentiel lorsqu’ils choisissent ou adaptent une activité pour leur groupe. Les activités de Repères Juniors se présentent selon un format destiné à guider l’animateur dans son choix, pour répondre au mieux aux besoins du groupe, et dans leur mise en oeuvre. Les activités proposent également des exemples de questions pour la discussion, des conseils pour l’animation et l’adaptation de l’activité, ainsi que des suggestions d’actions que le groupe pourrait entreprendre pour faire suite à l’activité.
[The adults] didn’t really have to face all these problems and issues that we have to face now because in their childhood they didn’t have to think about these consequences.
Repères Juniors se destine en priorité aux éducateurs et aux formateurs qui travaillent avec les enfants, aux enseignants et aux travailleurs sociaux mais aussi aux parents, aux éducateurs du secteur non formel tels que les animateurs de jeunesse et les conseillers/assistants pédagogiques dans les centres pour enfants et pour jeunes, mais aussi à tous ceux qui s’intéressent à l’éducation des enfants aux droits humains et recherchent des outils pratiques pour les familiariser avec les questions de valeurs et les thématiques sociales. Les activités sont conçues pour des enfants de 5 à 13 ans.
Education and Leisure - Human rights instruments and initiatives
Carole SCHNITZLER
modifié il y a 1 année.
Nations Unies
L’éducation dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies
Le Cadre d’action Éducation 2030, adopté par 184 États membres de l’UNESCO en novembre 2015, vise à mobiliser tous les pays et partenaires autour de l’objectif de développement durable 4 (ODD4) relatif à l’éducation et ses cibles. Il propose des modalités de mise en œuvre, de coordination, de financement et de suivi de ce programme pour assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie.
SDG 4 – Education de qualité
ODD4. Assurer l’accès de toutes et de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie.
4.1 D’ici à 2030, faire en sorte que toutes les filles et tous les garçons suivent, sur un pied d’égalité, un cycle complet d’enseignement primaire et secondaire gratuit et de qualité les dotant d’acquis véritablement utiles.
4.2 D’ici à 2030, faire en sorte que toutes les filles et tous les garçons aient accès à des activités de développement et de soins de la petite enfance et à une éducation préscolaire de qualité qui les préparent à suivre un enseignement primaire.
4.5 5 D’ici à 2030, éliminer les inégalités entre les sexes dans le domaine de l’éducation et assurer l’égalité d’accès des personnes vulnérables, y compris les personnes handicapées, les autochtones et les enfants en situation de vulnérabilité, à tous les niveaux d’enseignement et de formation professionnelle.
4.7 7 D’ici à 2030, faire en sorte que tous les élèves acquièrent les connaissances et compétences nécessaires pour promouvoir le développement durable, notamment par l’éducation en faveur du développement et de modes de vie durables, des droits de l’homme, de l’égalité des sexes, de la promotion d’une culture de paix et de non-violence, de la citoyenneté mondiale et de l’appréciation de la diversité culturelle et de la contribution de la culture au développement durable.
4.a Construire des établissements scolaires qui soient adaptés aux enfants, aux personnes handicapées et aux deux sexes ou adapter les établissements existants à cette fin et fournir à tous un cadre d’apprentissage sûr, non violent, inclusif et efficace.
Le Conseil de l'Europe
L’article 17 de la Charte sociale européenne révisée établit le droit des enfants et des adolescents à la protection sociale, juridique et économique, en disposant que les Parties s’engagent « à assurer aux enfants et aux adolescents, compte tenu des droits et des devoirs des parents, les soins, l’assistance, l’éducation et la formation dont ils ont besoin, notamment en prévoyant la création ou le maintien d’institutions ou de services adéquats et suffisants à cette fin ». Les enfants doivent avoir accès à un enseignement primaire et secondaire gratuit et être encouragés à fréquenter régulièrement l’école.
L’article 12 de la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales garantit le droit à l’éducation des personnes appartenant à des minorités afin de faciliter le développement du potentiel et de la personnalité de l’enfant, de garantir sa sécurité et de servir les aspirations linguistiques, religieuses et philosophiques des élèves et de leurs parents :
Les Parties prendront, si nécessaire, des mesures dans le domaine de l’éducation et de la recherche
pour promouvoir la connaissance de la culture, de l’histoire, de la langue et de la religion de leurs minorités nationales aussi bien que de la majorité (…). Les Parties s’engagent à promouvoir l’égalité des chances dans l’accès à l’éducation à tous les niveaux pour les personnes appartenant à des minorités nationales.
Le Conseil de l’Europe a développé le Cadre de référence des compétences pour une culture de la démocratie à l’intention des responsables des politiques éducatives, des enseignants et des autres professionnels de l’éducation intervenant à tous les niveaux des systèmes éducatifs, de l’école maternelle à l’enseignement supérieur, en passant par l’enseignement primaire et secondaire, sans oublier l’éducation des adultes et la formation professionnelle.
La Stratégie du Conseil de l’Europe pour le secteur jeunesse à l’horizon 2030 le charge d’élaborer des normes et des ressources pour renforcer la qualité et la reconnaissance des programmes d’éducation non formelle et étendre l’attrait du travail de jeunesse au profit de populations de jeunes plus larges. Le secteur jeunesse a également pour mission de renforcer les capacités et ressources des organisations de jeunesse et d’autres parties prenantes concernées afin qu’elles puissent dispenser une éducation aux droits humains et défendre l’accès à ces droits6.
Plein la Bobine – France
« Plein la Bobine » est un festival international de cinéma Jeune public qui se tient chaque année dans le Massif du Sancy, dans la région Auvergne en France. Entre les festivals, l’organisation met en œuvre, toute l’année, des activités éducatives liées au cinéma pour les enfants de la localité. Les écoles peuvent demander à participer de différentes manières : par exemple, en tant que membres des « classes Jury », les enfants peuvent voter pour leur court métrage préféré ; ils peuvent rejoindre les « classes Médias » et faire un reportage sur le festival ; ils peuvent aussi rejoindre les « classes Programmation » et participer à la conception d’une partie du programme du festival. Pour plus d’informations, voir leur site web
Relevant human rights instruments and initiatives - Poverty
Carole SCHNITZLER
modifié il y a 12 mois.
Conseil de l'Europe
La Convention européenne des droits de l’homme, qui consacre les droits civils et politiques, est complétée par la Charte sociale européenne (CSE), adoptée en 1961 et révisée en 1996, qui garantit les droits économiques et sociaux. Comme la plupart des instruments relatifs aux droits humains, la Convention européenne des droits de l’homme contient une déclaration ferme contre la discrimination. Bien qu’elle ne cite pas spécifiquement la pauvreté comme motif de discrimination, elle mentionne « la fortune ... ou toute autre situation ». S’intéressant à la vie quotidienne des individus, la Charte sociale européenne couvre un grand nombre des aspects clés de la pauvreté :
Logement : accès à un logement d’un niveau suffisant et d’un coût abordable ; réduction de l’état de sans-abri ;
Santé : structures de soins accessibles et efficaces pour l’ensemble de la population, y compris en matière de prévention des maladies ;
Éducation : enseignement primaire et secondaire gratuit et orientation professionnelle ; accès à la formation professionnelle et continue ;
Emploi : politique économique et sociale pour assurer le plein emploi ; accès à l’emploi ;
Protection juridique et sociale : droit à la sécurité sociale, protection sociale et services sociaux ; droit à la protection contre la pauvreté et l’exclusion sociale.
Plusieurs articles de la Déclaration universelle des droits de l’homme font obligation aux États de fournir des services appropriés et d’aider leurs citoyens à bénéficier de conditions de vie adéquates :
droit à la sécurité sociale ;
droit à une rémunération égale à travail égal ;
droit au repos, aux loisirs et au jeu ;
droit à des conditions de vie adéquates ;
droit à l’éducation ;
droit de participer à la vie culturelle
La Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant contient de nombreuses dispositions relatives au bien-être économique des enfants. Si la responsabilité d’élever l’enfant et d’assurer son développement incombe au premier chef aux parents, l’État est tenu d’aider les parents et les tuteurs s’ils ne sont pas en mesure de s’occuper convenablement de l’enfant (article 18). La convention confère également à tous les enfants plusieurs droits
le droit jouir du meilleur état de santé possible et de bénéficier de services médicaux et de rééducation (article 24) ;
le droit de tout enfant à un niveau de vie suffisant pour permettre son développement physique, mental, spirituel, moral et social (article 27) ;
le droit de bénéficier de la sécurité sociale, y compris des assurances sociales (article 26).
Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, adopté en 1966, engage les États parties à prendre les mesures appropriées pour parvenir progressivement à la pleine réalisation des droits qu’il consacre, au maximum des ressources dont ils disposent.