Plus que jamais, l’interdépendance de nos mondes physiques et politiques s’impose comme une évidence. Sur une planète en crise, la démocratie est-elle en capacité de sauver l’environnement ?

En 2020, l’humanité a été confrontée à des défis planétaires inattendus, mais alors qu’une bataille nécessaire se déroule contre la pandémie Covid-19, la plus grande menace à son existence continue de croître. Les atteintes à l’environnement et le changement climatique sont toujours là. L’empoisonnement de la terre, la pollution de l’air et de l’eau continue de causer la mort des plantes, des animaux et des humains. L’augmentation des températures et du niveau des mers est en passe de rendre des terres inhabitables, forçant des personnes à quitter leur maison et à chercher un nouveau lieu de vie. Il est temps d’agir !

Or, de récents sondages ont révélé un niveau encore jamais enregistré d’insatisfaction et de méfiance à l’égard de la démocratie en tant que système de gouvernement. Ses réponses à toute une série de problèmes actuels– qu’ils concernent l’économie, la pandémie ou l’environnement – ont déçu des millions de personnes. D’aucuns s’interrogent sur la capacité, la compétence et même la légitimité de la gouvernance démocratique pour ce qui est d’apporter des réponses à leurs besoins les plus vitaux.

Dès lors, dans le contexte de la réflexion sur les moyens de stopper et de réparer les atteintes dévastatrices portées à notre environnement, il convient de s’interroger sur ce qui est vraiment nécessaire pour réussir. Comment assurer la compatibilité de la gouvernance démocratique avec l’action rapide et décisive requise ? Si notre mode de vie actuel est incompatible avec notre santé et notre survie à long terme, comment pouvons-nous nous mobiliser pour opérer des changements essentiels ? Quel impact sur les libertés individuelles sommes-nous prêts à accepter ? La pandémie du Covid-19 a-t-elle démontré que nous sommes en réalité capables de modifier en profondeur nos habitudes lorsque cela s’avère nécessaire ? Est-ce que de nouvelles restrictions et changements de comportement pourraient aussi « aplanir la courbe » des atteintes à l’environnement ? La confiance dont jouissent nos gouvernements est-elle suffisante pour leur permettre d’entreprendre les actions nécessaires à temps ?

 

Questions-clés à aborder :

Gouvernements nationaux, organisations internationales ou citoyens : qui fixe le rythme de l’action ?

On entend souvent parler de l’impatience de la population face au manque de rapidité et de détermination des gouvernements à répondre à la crise environnementale planétaire. Pourtant, la société civile se mobilise et multiplie les initiatives locales. Les autorités nationales et internationales avancent-elles moins vite que l’opinion publique, ou est-ce au contraire l’opinion publique qui freine ? Qu’est-ce qui empêche les gouvernements de prendre des mesures plus radicales ? Peut-être sont-ils influencés par des intérêts économiques et commerciaux, ou par des impératifs d’investissements publics dans d’autres domaines allant des infrastructures aux services publics, en passant par les retraites. Ces préoccupations sont, elles aussi, légitimes. Le contexte variant entre le nord et le sud, entre les économies développées et moins développées, peut-on demander les mêmes sacrifices à tous ? Comment les démocraties et les organisations internationales peuvent-elles gérer ces facteurs et ces impératifs contradictoires

Quel style de gouvernance est le mieux à même de faire face aux défis environnementaux ?

La comparaison entre différentes approches gouvernementales dans le contexte de la pandémie du Covid-19 a mis en lumière leur capacité à mettre en œuvre de façon décisive des actions immédiates ou à court terme. La légitimité du processus décisionnel démocratique découle de sa transparence, de l’existence d’une obligation de rendre des comptes et du consentement des personnes représentées. Mais, en situation de crise, ce processus retarde-t-il la réaction, là où la rapidité est essentielle ? Comment concilier la gestion de l’urgence avec et les droits et libertés individuelles et le respect de la délibération démocratique à tous les niveaux de gouvernement?

Public et privé : quel rôle pour quel secteur ?

Pour prévenir et limiter les atteintes à l’environnement, des changements de comportement et des solutions technologiques sont nécessaires. Qui, du secteur public ou privé, a mieux œuvré dans ce domaine - et quel secteur est le mieux à même d’apporter de véritables changements à l’avenir ? Serait-ce principalement l’affaire des économies de marché par le jeu de l’offre et de la demande ? La solution viendra-t-elle plutôt des gouvernements et des organisations internationales qui peuvent établir des incitations et des normes pour corriger les défaillances du marché ? Si, en effet, nous avons besoin du meilleur des deux secteurs pour résoudre le problème, quelles formes de nouveaux partenariats public-privé seront à envisager ?

Le Forum mondial de la démocratie 2020 examinera toutes ces questions et se donne pour objectif de faire émerger de nouvelles idées pour faire face à la crise environnementale que nous traversons aujourd’hui. Il réunira d’éminents intervenants issus du monde de la politique, des entreprises, des ONG, du milieu universitaire et du journalisme, ainsi que des initiatives citoyennes provenant du monde entier.

Le Forum mondial de la démocratie est une plateforme unique qui permet aux décideurs et aux militants de débattre de solutions aux défis qui se posent à nos démocraties. En identifiant et en analysant des initiatives et pratiques expérimentales, le Forum met en avant et encourage des innovations démocratiques provenant de la base et leur transfert à un niveau systémique afin de renforcer les fondations des sociétés démocratiques. Le Forum contribue ainsi à faire évoluer la démocratie vers des structures et des institutions plus participatives et inclusives. Les sessions plénières seront l’occasion de débattre avec des intervenants de tous continents, de toutes orientations politiques et de tous milieux, et de cerner les questions. Les laboratoires permettront aux participants de mettre à l’essai des initiatives innovantes proposant des réponses aux questions-clés. C’est le moment de voir grand et de faire bouger les choses.

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