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10e conférence du Conseil de l'Europe sur la Convention européenne du paysage

Strasbourg , 

Conférence organisée sous les auspices de la présidence de la Finlande du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe

Tel que prononcé

Madame l’Ambassadrice, Chers Présidents,

Mesdames et Messieurs, représentants de gouvernements et d’organisations internationales gouvernementales et non gouvernementales,

C’est un grand plaisir pour moi de vous accueillir au Palais de l’Europe.

Je tiens à vous remercier pour votre participation à la 10e Conférence du Conseil de l’Europe sur la Convention européenne du paysage, organisée sous les auspices de la présidence finlandaise du Comité des Ministres.

Cette Conférence permettra de présenter les avancées réalisées par les Etats Parties à la Convention, conformément aux dispositions de l’article 10 de la Convention, concernant le contrôle de sa mise en œuvre.

A présent ratifiée par 39 Etats membres du Conseil de l’Europe, la Convention est devenue un texte de référence essentiel.

Intégrant pleinement le paysage dans l’agenda des gouvernements, elle permet d’orienter les politiques de protection, de gestion et d’aménagement du paysage pour les territoires « exceptionnels », « du quotidien », ainsi que pour des espaces dégradés qui peuvent être le lieu de vie de populations.

Je me félicite des progrès importants accomplis dans l’élaboration de politiques paysagères, ainsi qu’en faveur de l’intégration de la dimension paysagère dans les politiques sectorielles. Au cours de ces dernières années, des stratégies, des plans d’action comportant des instruments juridiques et financiers ont été adoptés et des cadres de coopération institutionnels, interministériels et entre des niveaux d’autorité, ont été mis en place.

Le Programme de travail de la Convention continue à promouvoir une coopération intergouvernementale sur la base de textes de référence adoptés par le Comité des Ministres. L’un recommande aux Parties à la Convention d’utiliser le Système d’information du Conseil de l’Europe sur la mise en œuvre de la Convention dans le cadre de leur coopération. Un autre stipule que les réalisations exemplaires présentées par les Parties, dans le cadre des sessions du Prix du paysage, font partie de « l’Alliance pour le Prix du paysage du Conseil de l’Europe ».

Il est nécessaire de poursuivre cette coopération en encourageant cette « intelligence collective » en marche, qui permet de promouvoir non seulement la connaissance des paysages, mais aussi la connaissance des politiques développées en leur faveur.

Je voudrais remercier les Etats Parties à la Convention qui ont déjà présenté des rapports sur la mise en œuvre de la Convention, au niveau national, régional et local. Je remercie ceux qui ont soutenu sa mise en œuvre de par des contributions intellectuelles et matérielles, et ceux qui ont accueilli des événements du Conseil de l’Europe en faveur de la mise en œuvre de la Convention.

Les Etats membres du Conseil de l’Europe ont noté dans le Préambule de la Convention que les évolutions des techniques de productions (agricole, sylvicole, industrielle et minière) ainsi que certaines pratiques (en matière d’aménagement du territoire, d’urbanisme, de transport, de réseaux, de tourisme et de loisirs) et, de manière plus générale, les changements économiques mondiaux continuent à accélérer la transformation des paysages.

Je suis heureuse que des thèmes importants soient à l’ordre du jour de cette Conférence afin d’anticiper ces évolutions et de tenter d’y apporter des réponses appropriées. Il est ainsi question de transition énergétique, afin de faire face au changement climatique, d’aménagement du territoire, afin de faire face à la désertification du monde rural, de la création d’emploi, grâce au maintien de savoir-faire, et de la qualité de l’eau, indispensable à toute forme de vie.

Le paysage constitue, comme le dit la Convention, « un élément essentiel du bien-être individuel et social ». Si, comme elle l’ajoute, sa protection, sa gestion et son aménagement « impliquent dès lors des droits et des responsabilités pour chacun », notre génération a bien un rôle important à jouer et une responsabilité majeure.

Les situations résultant d’une protection, d’une gestion et d’une planification inadéquates du paysage peuvent en effet s’avérer irréversibles et causer de graves dommages, affectant tant les êtres humains que les espèces animales et végétales.

La société actuelle – en particulier la jeune génération – commence à prendre conscience de la nécessité qu’il y a à « prendre soin » du paysage comme espace de la vie. Une demande sociale en paysage va croissant, et une volonté de participation l’accompagne.

Les pouvoirs publics ont ainsi la responsabilité d’anticiper les changements en établissant un cadre institutionnel, juridique et financier approprié.

Une récente recommandation du Comité des Ministres souligne la nécessité de

« considérer l’importance de la qualité et de la diversité des paysages, autant pour l’esprit et le corps des êtres humains que pour les sociétés, dans les réflexions et travaux consacrés aux droits de l’homme et à la démocratie, dans une perspective de développement durable » ;

et

« d’inscrire les politiques du paysage dans la durée, afin qu’elles tiennent compte du cadre de vie commun aux générations présentes et futures ».

Les travaux mentionnés à l’ordre du jour de cette Conférence concernant la responsabilité, la démocratie et la participation ont bien pour objet de donner suite à ces dispositions.

Je conclus cette intervention en vous indiquant que le Conseil de l’Europe est très heureux de célébrer, l’an prochain, le 20e anniversaire de la Convention européenne du paysage.

Je vous invite ainsi à poursuivre cette excellente coopération intergouvernementale favorable à un développement durable et harmonieux de la société.