21 août 2020 Niv. 1
L'État a répondu
Création de l'alerte : 20 déc. 2019 n° 150/2019 Ukraine

Le journaliste tatar de Crimée Nariman Memedeminov condamné à 2,5 ans de prison pour terrorisme

1 Journaliste en détention
Source de la menaceEtatique
CatégorieDétention et emprisonnement de journalistes
Auteur CPJ FEJ/FIJ
Auteur CPJ FEJ/FIJ
Toutes les activités du Conseil de l'Europe concernant la République autonome de Crimée et la ville de Sébastopol doivent se comprendre en pleine conformité avec les termes de la décision CM/Del/Dec(2014)1196/1.8 et des décisions ultérieures du Comité des Ministres condamnant l’annexion illégale de la République autonome de Crimée et de la ville de Sébastopol par la Fédération de Russie et confirmant la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine.
Le 22 mars 2018, des agents du Service fédéral de sécurité (FSB) de Russie ont arrêté Nariman Memedeminov, un journaliste indépendant d'origine ethnique tatar de Crimée, à son domicile à Kholmivka, dans le district de Bakhchisaray en Crimée, selon Human Rights Watch (HRW) et Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL), qui ont cité sa femme, Lemara Memedeminova. Le FSB a saisi du matériel électronique et des livres et l'a placé en détention provisoire à Simferopol, en Crimée, selon RFE/RL.

Memedeminov couvrait les activités de la population autochtone tatar de Crimée, une minorité musulmane, et des violations présumées des droits de l'homme par les autorités de la Fédération de Russie en Crimée, en publiant des vidéos sur sa chaîne YouTube et sur la chaîne YouTube de Crimean Solidarity, selon Krym.Realii (Crimea Realities) et l'examen des vidéos par le CPJ. Crimean Solidarity aide les prisonniers politiques de Crimée en rendant publiques les poursuites judiciaires dont ils font l'objet et en plaidant pour leur libération, selon le site Web du groupe. Memedeminov a suivi en direct les procès et les perquisitions au domicile de militants tatars de Crimée, et a interrogé les membres de leur famille et leurs avocats, selon Krym.Realii.

Memedeminov a été accusé d'appels publics au terrorisme sur Internet, en vertu de l'article 205.2 du code pénal de la Fédération de Russie, rapporte l'agence de presse d'État ukrainienne Ukrinform. Le ministère public a affirmé que trois des vidéos de Memedeminov, dont une relative à une réunion du groupe islamiste " Hizb ut-Tahrir " datant de 2013, avant que la Fédération de Russie n'annexe la Crimée, appelaient à des activités terroristes, selon deux articles de RFE/RL. Le groupe " Hizb ut-Tahrir " opère légalement en Ukraine, mais est considéré comme une organisation terroriste en Fédération de Russie, selon Freedom House et RFE/RL. Les vidéos de Memedeminov datant de 2013 présentent des appels à se conformer aux normes de l'Islam et à exprimer des opinions lors des fêtes nationales de la Fédération de Russie, telles que la Journée internationale de la femme et la Journée de l'enfant, selon RFE/RL et Ukrinform. Le site d'information ukrainien Zn.ua a cité l'avocat du journaliste, Edem Semedlyayev, qui a déclaré qu'un groupe de Russes a été invité à donner son avis d'expert sur le contenu des vidéos. Semedlyayev a affirmé qu'il remettait en question la conclusion du groupe et a déclaré que des experts respectés de l'islam qui connaissaient la vie quotidienne des musulmans pieux ainsi que les spécificités de l'islam auraient dû être impliqués dans l'affaire.

Le 1er octobre 2019, Memedeminov a nié les accusations portées devant le tribunal militaire du district sud de Rostov-sur-le-Don (Fédération de Russie), rapporte RFE/RL. Le 2 octobre 2019, il a été reconnu coupable d'appels publics au terrorisme sur Internet et condamné à deux ans et six mois de prison, selon RFE/RL et HRW. Le 14 octobre 2019, le journaliste a fait appel, a déclaré Semedlyayev à Krym.Realii.

Memedeminov est détenu dans un centre de détention à Rostov-sur-le-Don, selon les médias ukrainiens. Après qu'il se soit plaint à plusieurs reprises pour des douleurs, les médecins l'ont examiné en février 2019 et ont programmé une opération le 14 mars 2019, a rapporté le Groupe de protection des droits de l'homme de Kharkiv (KHPG), basé en Ukraine. Lorsque l'opération a été reportée, le syndicat national des journalistes ukrainiens a qualifié cette décision d'" acte de torture " et a demandé la libération de Memedeminov. Le 6 novembre 2019, le consul général d'Ukraine en Crimée, Taras Malyshevskiy, a rendu visite aux prisonniers de Crimée à Rostov-sur-le-Don, selon Krym.Realii. Le CPJ a téléphoné à la branche locale du ministère fédéral de l'Intérieur à Rostov-sur-le-Don, mais un officier de service a refusé de faire des commentaires sur le journaliste, affirmant que l'information n'était disponible que pour les membres de sa famille.

La Fédération de Russie applique ses lois en Crimée depuis mars 2014, y compris des restrictions substantielles à la liberté des médias, selon le rapport " Freedom in the World " publié par Freedom House en 2019. Dans le cadre d'une procédure d'enregistrement auprès du régulateur des médias russes Roskomnadzor, le nombre de médias en Crimée a été réduit de plus de 90 %, et les autorités russes ont restreint l'accès à la télévision ukrainienne et aux autres médias. Selon Krym.Realii, Freedom House et HRW, de nombreux membres de la population autochtone tatar de Crimée se sont ouvertement opposés à l'annexion par la Fédération de Russie.
Réponses de l'État
21 août 2020
Réponse du Gouvernement ukrainien
Journalistes freelance

Informations clés :

Nariman Memedeminov

Journalistes en détention

Actuellement en détention (1) :

Nariman Memedeminov
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