23 oct. 2019 Niv. 1
L'État a répondu
Création de l'alerte : 15 oct. 2019 n° 128/2019 Espagne

Douze journalistes victimes de violence en marge des manifestations en Catalogne

Source de la menaceEtatique
CatégorieAtteintes à la sécurité et à l’intégrité physique des journalistes
Auteur FEJ/FIJ Article 19
Auteur FEJ/FIJ Article 19
Douze journalistes clairement identifiés comme tels ont été la cible de violences policières, le 14 octobre 2019, en Catalogne, dans le cadre de la couverture des manifestations qui ont fait suite à la condamnation de neuf dirigeants indépendantistes à des peines de prison pour la tentative de sécession de la Catalogne en 2017. La plupart de ces agressions ont été perpétrées par des policiers, soit par les "Mossos d'Esquadra", qui dépendent du gouvernement autonome catalan, soit par la Police nationale, qui dépend du ministère espagnol de l'Intérieur. Les douze journalistes agressés sont: Elise Gazengel (du média numérique Contexto), Pol Pareja (eldiario.es), Jordi Mumbrú (quotidien "Ara"), Eudald Martínez (radio RAC 1), Albert Salamé y Oriol Izquierdo (Vilaweb.cat), Joan Giralt, Freddy Davies et Núria Gebellí (magazine "La Directa"), Pau Venteo (Catalunya Radio), Victor Asensio (Elprat TV), et un photo-reporter qui préfère rester anonyme. Eudald Martínez est la seule victime qui n'a pas été attaquée par des agents de police: il a été touché par une pierre lancée par des manifestants. La plupart des incidents ont été enregistrés aux abords de l'aéroport de Barcelone-El Prat.
La Fédération des syndicats de journalistes (FESP), le Syndicat des journalistes de Catalogne (SPC) et le groupement des journalistes du syndicat FSC-CCOO exigent qu'une enquête soit ouverte et que la responsabilité des agressions soit établie. Ils ont adressé leur requête au Conseiller de l'Intérieur du gouvernement autonome catalan Miquel Buch et au ministre espagnol de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska.
Mises à jour
Nouveau 23 oct. 2019
Ce nombre a encore augmenté encore pour atteindre 59. Le 17 octobre, des manifestants d'extrême droite ont également agressé une équipe de télévision de la chaîne Cuatro. Le 18 octobre, à Ronda de San Pere, la police a tiré des balles en caoutchouc sur des journalistes identifiés, blessant un journaliste d'ACN. Deux équipes de la Televisión Española (TVE) ont été agressées. A Barcelone, un journaliste de Context a été victime d'une crise d'asthme, causée par des gaz lacrymogènes. Le journaliste d'El Mundo, Quico Sallés, a déclaré avoir été touché à la jambe par des balles en caoutchouc avant d'être battu par cinq policiers. Le photojournaliste Juan Carlos Mohr a affirmé que des policiers l'avaient frappé, lui et son appareil photo. La journaliste Fermín Grodira a déclaré avoir été insultée, bousculée et frappée par des policiers. Arnau Maymó, journaliste de Catalunya Ràdio, a déclaré avoir été frappé par des policiers qui lui ont dit "Vous ne savez pas qui nous sommes". Le photojournaliste du Nacional Sergi Alcázar a été frappé par un policier. Le directeur d'El Mon, Salvador Cot, a déclaré qu'il avait été frappé par des agents de la police nationale alors qu'il prenait des photos. Le journaliste indépendant Guillem Andrés a été battu par des policiers bien qu'il se soit identifié comme journaliste. Le photojournaliste Emili Puig a été atteint au visage par une balle en caoutchouc alors qu'il s'était identifié. Albert Prat, journaliste de Cadena SER, a déclaré avoir été frappé aux jambes alors qu'il s'était identifié. Un caméraman d'Euskal Telebista a été emmené à l'hôpital, après que les policiers aient ignoré ses appels à l'aide, pour le traitement des blessures causées par une balle en caoutchouc. Emilio Morenati et Bernat Arnangué, journalistes de l'AP, ont été touchés par des tirs de balles en caoutchouc. Le photojournaliste de Vilaweb Albert Salamé a été blessé en plein jour. Le photographe Paco Freire a rapporté que des policiers l'ont agressé, l'ont frappé et ont cassé son appareil photo, bien qu'il se soit identifié et malgré l'absence de manifestants sur les lieux. A Gérone, le photojournaliste du Diari de Girona, David Aparicio, a été blessé par une balle en caoutchouc alors qu'il portait une veste de presse. Le 19 octobre, un cameraman de TV3 a été frappé par un manifestant à Barcelone. Selon Mèdia.cat, le nombre de journalistes blessés est de 65, mais certains restent à identifier.
Nouveau 18 oct. 2019
Le nombre de journalistes victimes de violences lors de la couverture des manifestations s'élève à 37. Le 15 octobre, à Tarragone, un manifestant a tiré les cheveux d'Ariadna Escoda, rédactrice de Canal Reus. A Lleida, la journaliste de l'Agence catalane de presse (ACN) Laura Cortés a été blessée à la jambe. A Barcelone, la photojournaliste d'eldiario.es Sònia Calvó, le photojournaliste indépendant Xavi Hurtado, le journaliste d'El Món Quico Sallés, trois photographes ayant demandé l'anonymat et un journaliste français ont été frappés par des policiers. La photographe Mireia Comas a été frappée à la tête par une bouteille. Deux journalistes ont été soignés suite à leur exposition aux gaz lacrymogènes. A Sabadell, un rédacteur en chef d'ACN a été blessé par des jets de pierres. Le 16 octobre, la journaliste de La Directa Sira Esclasans a été touchée par une balle en caoutchouc. Cristina Calderer, photographe d'Ara, a été blessée par un jet de pierre. Un rédacteur en chef du journal, Xavi Tedó, aurait été battu par des policiers. Le photographe de Fotomovimento Bru Aguiló a dit que des policiers avaient cassé son appareil photo et frappé au genou. Deux travailleurs de La Mosca TV ont été frappés par des policiers et un troisième touché par une balle en caoutchouc. Télémadrid a signalé des attaques sur deux cameramen. A Gérone, un rédacteur en chef d'ACN a été frappé par des objets lancés sur des policiers. Le 17 octobre, des membres de l'équipe de Telecinco TV ont été attaqués par des manifestants d'extrême droite, qui ont cassé leur caméra et les ont insultés. Carles Márquez, journaliste d'El Periódico, a été touché par une balle en caoutchouc tirée d'une camionnette de police alors qu'il se trouvait dans un groupe de journalistes identifiés.
Réponses de l'État
21 oct. 2019
Nouveau Réponse des autorités espagnoles
Suites données
22 oct. 2019
Nouveau Préoccupée par le contexte d'insécurité croissante dans lequel travaillent les journalistes couvrant la situation en Catalogne ces derniers mois, et par la recrudescence des agressions contre les journalistes, la Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe appelle les autorités espagnoles à enquêter sur tous les cas signalés d'agression contre des journalistes et à prendre des mesures pour garantir la sécurité des journalistes lors des manifestations.
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