24 mai 2019 Niv. 1
L'État a répondu
Création de l'alerte : 11 déc. 2018 France

Violences policières répétées contre les journalistes couvrant les manifestations

Source de la menaceEtatique
CatégorieAtteintes à la sécurité et à l’intégrité physique des journalistes
Auteur FEJ/FIJ AEJ CPJ Index RSF
Auteur FEJ/FIJ AEJ CPJ Index RSF
Samedi 8 décembre, de nombreux journalistes qui couvraient les manifestations des "Gilets Jaunes" en France ont été victimes de violences policières. Une quinzaine de photographes et reporters ont ainsi été blessés par des tirs ciblés de flash-ball, de grenades ou des balles perdues, alors qu'ils étaient clairement identifiés par leurs brassards de presse ou tenaient un appareil photo ou une caméra à la main. Deux photographes du quotidien "Le Parisien-Aujourd’hui en France" ont notamment été «touchés par des tirs de flash-ball sur les Champs-Elysées, à Paris, l’un à la nuque et l’autre au genou», rapporte le journal. Un journaliste de l’agence de presse audio A2PRL a également rapporté qu’un policier lui avait tiré dessus. Des journalistes d’Explicite ont aussi été visés par des tirs de flash-ball. "Le Journal du dimanche" a également rapporté que l’un de ses photographes a été «frappé à deux reprises par un CRS lors d’une échauffourée entre forces de l’ordre et gilets jaunes» sur les Champs-Elysées. Un photographe de l’AFP au Puy-en-Velay a lui “été légèrement touché au bras par un tir tendu de grenade lacrymogène alors qu’il s’avançait, absolument seul, vers un cordon des forces de l’ordre”, d’après son employeur. Plusieurs photographes travaillant pour le quotidien "Libération" racontent des faits semblables et un journaliste de l’agence de presse Reuters a également été mis en joue à Bordeaux. D’autres se sont vu retirer et confisquer leur matériel de protection (casques, lunettes et masques à gaz) par les forces de l’ordre, dès 8h du matin, alors qu’ils étaient en possession de leur carte de presse. Ces confiscations ont parfois été opérées sous des menaces de placement en garde à vue. Les syndicats de journalistes français ont appelé les journalistes à signaler les incidents à l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN, «police des polices »). Lundi, ils ont demandé à être reçus en urgence par le Président de la République.
Mises à jour
Nouveau 24 mai 2019
Le 2 mai 2019, face à la persistance des incidents liés à la gestion des manifestations de « Gilets jaunes » par les forces de l’ordre, qui continuent à engendrer des blessés parmi les journalistes de terrain, le SNJ, le SNJ-CGT et la CFDT-Journalistes ont demandé à être reçu par le Premier ministre et le Président de la République pour leur faire part de la réprobation de la profession, appeler à faire la lumière sur ces incidents et obtenir l’engagement de mesures indispensables pour les endiguer. Le 3 mai 2019, le secrétaire-général de Reporters sans frontières, Christophe Deloire, a déclaré à l’issue d’un entretien avec le Président de la République que celui-ci s’était engagé à ce que des « actions soient prises face aux violences policières commises contre la presse lors des manifestations de Gilets jaunes ». La Présidence de la République a confirmé, sans donner plus de précisions, qu’Emmanuel Macron avait assuré lors de cet entretien « qu’il suivait ça de très près ». Le journaliste David Dufresne a recensé et documenté 102 cas d’agression de journalistes, sur un total de 795 allégations de « violences policières » depuis le début du mouvement des « Gilets jaunes ». Le 19 mai 2019, 229 enquêtes avaient été ouvertes par l’IGPN ou l’IGGN sur des suspicions de violences policières, dont une soixantaine ont été traitées sans qu’aucune sanction ne soit prononcée. Moins de 20 signalements émanent de journalistes. Alors que plus de 2.000 manifestants ont fait l'objet de condamnations depuis le début du mouvement des « Gilets jaunes », aucun signalement de violences infligées aux journalistes n’a donné lieu à une sanction.
Réponses de l'État
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