19 févr. 2019 Niv. 1
Aucune réponse
Création de l'alerte : 13 févr. 2019 Fédération de Russie

La Russie ouvre une enquête à l'encontre d'une journaliste et saisit son matériel pour avoir "justifié des actes de terrorisme"

Source de la menaceEtatique
CatégorieDétention et emprisonnement de journalistes
Auteur CPJ
Aucune réponse
Auteur CPJ
Svetlana Prokopyeva, une pigiste basée à Pskov pour le service russe de Radio Free Europe/Radio Liberty et la station de radio d'information Echo de Moscou, fait l'objet d'une enquête pour des commentaires critiques des autorités russes concernant un attentat suicide survenu l'année dernière, selon Radio Free Europe/Radio Liberty et la journaliste, interrogés par CPJ. Le régulateur fédéral russe des médias, Roskomnadzor, a déclaré que les commentaires incriminés, faits lors d'une émission de la succursale de l'Echo de Moscou à Pskov, équivalaient à "justifier le terrorisme".

Le 6 février 2019, les forces spéciales de la police ont fait une descente en armes au domicile de Mme Prokopyeva et a saisi deux téléphones portables et trois ordinateurs portables, ainsi que de nombreux documents relatifs à son travail, a déclaré Mme Prokopyeva au CPJ. Elle a indiqué que la police l'avait emmenée à un poste de police local, où elle a été interrogée avant d'être relâchée. Selon le bureau russe de Human Rights Watch, l'avocat de Prokopyeva était présent lors de la perquisition et de l'interrogatoire. Le même jour, la police locale a procédé à un "examen du lieu du crime" à l'Echo de Moscou. Mme Prokopyeva a déclaré au CPJ qu'elle avait encore été interrogée par la police le 7 février et que la police l'avait forcée, elle et son avocat, à signer un accord stipulant qu'ils ne divulgueraient pas des informations sensibles sur l'enquête. La police de Ksov n’a pas pu être jointe par téléphone pour commenter.

L'enquête sur Prokopyeva découle des propos qu'elle a tenus alors qu'elle animait une émission produite par la succursale de l'Echo de Moscou à Pskov le 7 novembre 2018. Au cours de l’émission, elle a évoqué un attentat suicide à la bombe perpétré à Arkhangelsk en octobre, quand une jeune fille de 17 ans a fait détoner une bombe artisanale dans le bâtiment de l’antenne locale du Service fédéral de sécurité. Prokopyeva a déclaré à l'antenne que la poseuse de bombe était "une adolescente qui a grandi sous le règne de Poutine" et qu'"un ‘État impitoyable’ avait élevé quelqu'un qui voyait la violence comme la seule voie", selon le résumé de ses remarques rédigé par Human Rights Watch.

Une transcription de l'émission a été publiée sur le site web de l'Echo de Moscou et sur le portail d'information local Pskov Newsfeed. En décembre 2018, Roskomnadzor a adressé un avertissement aux deux médias et tous deux ont supprimé les transcriptions de leurs sites. Plus tard dans le mois, Roskomnadzor a condamné la station de radio à une amende de 150 000 roubles (environ 2 280 dollars) et Pskov Newsfeed à 200 000 roubles d’amende (environ 3 040 dollars) pour avoir diffusé ses commentaires. Mme Prokopyeva pourrait être inculpée en vertu de l'article 205.2(2) du code pénal russe, qui sanctionne la justification publique du terrorisme ; si elle est reconnue coupable, elle risque jusqu'à sept ans de prison.
Suites données
19 févr. 2019
La Commissaire aux droits de l’homme a publié le 19 février 2019 une lettre dans laquelle elle demande à Tatiana Moskalkova, Haut-Commissaire aux droits de l’homme de la Fédération de Russie, d’accorder une attention toute particulière à l’affaire de Svetlana Prokopyevale.soulignant que le recours abusif à la législation anti-terroriste restreint la liberté des médias et la liberté d’expression.
13 févr. 2019
Le représentant de l'OSCE appelle à l'abandon des charges pénales à l'encontre de la journaliste de Radio Ekho Moskvy Svetlana Prokopyeva.
Ouvrir dans une nouvelle fenêtre show-link