30 oct. 2018 Niv. 2
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Création de l'alerte : 29 avr. 2018 Fédération de Russie

Russie: le blocage de Telegram entraîne le blocage temporaire de sites d'information

Source de la menaceEtatique
CatégorieAutres actes ayant des effets dissuasifs sur la liberté des médias
Auteur Article 19 FEJ/FIJ Index PEN RSF
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Auteur Article 19 FEJ/FIJ Index PEN RSF
Le 13 avril 2018, le tribunal du district de Tagansky a autorisé Roskomnadzor, régulateur des communications de Russie, à bloquer l'accès au service de messagerie en ligne Telegram au motif que l'entreprise n'avait pas respecté l'ordonnance de 2017 prescrivant la livraison des clés de déchiffrement au service fédéral de sécurité russe (FSB).

Pour les utilisateurs russes, les applications telles que Telegram et les services similaires qui essayent de fournir des communications sécurisées sont cruciales pour la sécurité des utilisateurs. Ils constituent une source importante d'informations sur des questions cruciales de la politique, de l'économie et de la vie sociale, sans ingérence excessive du gouvernement. Pour les médias et les journalistes basés en Russie et à l'étranger, Telegram sert non seulement de plateforme de messagerie permettant des communications sécurisées avec leurs sources, mais également de lieu de publication. Par le biais de ses canaux, Telegram agit comme un transporteur et distributeur de contenu pour des médias entiers ainsi que pour les journalistes individuels et les blogueurs.

Depuis la décision du 13 avril, les mesures prises par les autorités russes pour restreindre l'accès à Telegram ont provoqué des perturbations massives sur Internet, et a notamment eu pour effet secondaire un blocage massif de sites. Entre le 16 et le 18 avril 2018, près de 20 millions d'adresses IP (Internet Protocol) ont été bloquées par Roskomnadzor qui tentait de restreindre l'accès à Telegram. La majorité des adresses bloquées sont la propriété de sociétés Internet internationales, notamment Google, Amazon et Microsoft. Parmi les sites temporairement bloqués figuraient au moins six médias en ligne (Petersburg Diary, Coda Story, FlashNord, FlashSiberia, Tayga.info et 7 × 7). Au 30 avril 2018, 14,6 millions de sites Internet restent bloqués.

Le 17 avril 2018, Roskomnadzor a demandé à Google et à Apple de retirer l'accès à l'application Telegram de leurs boutiques d'applications, bien que la législation russe ne prévoit pas la possibilité d’effectuer une telle demande. L'application reste disponible, mais Telegram n'a pas été en mesure de fournir des mises à jour qui permettraient un meilleur accès proxy pour les utilisateurs. Les fournisseurs de réseaux privés virtuels (VPN) - tels que TgVPN, Le VPN et VeeSecurity - ont également été ciblés pour avoir fourni d'autres moyens d'accéder à Telegram. La loi fédérale 276-FZ interdit aux VPN et aux anonymiseurs Internet de fournir l'accès à des sites web interdits en Russie et autorise Roskomnadzor à ordonner le blocage de tout site expliquant comment utiliser ces services.
Mises à jour
30 oct. 2018
Le 9 octobre 2018, un comité d'appel du tribunal municipal de Moscou a rejeté une demande d'examen par une cour de cassation d'un pourvoi en cassation formée par le représentant de Telegram Messenger LLP, à l'encontre de la décision du tribunal de Tagansky de Moscou du 13 avril 2018 et de la décision d'appel du tribunal municipal de Moscou du 14 juin.
03 août 2018
En juin 2018, suite à l'épuisement des voies de recours internes, les avocats de Telegram ont introduit une requête relative au blocage de Telegram en Russie auprès de la Cour européenne des droits de l'homme.
Suites données
02 mai 2018
Blocking of Telegram and legal restrictions on social networks will limit freedom of expression in Russia, says OSCE Representative Désir.
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