11 juin 2019 Niv. 2
L'État a répondu
Création de l'alerte : 23 avr. 2019 Finlande

Finlande: Un tribunal condamne la journaliste Johanna Vehkoo pour diffamation

Source de la menaceEtatique
CatégorieAutres actes ayant des effets dissuasifs sur la liberté des médias
Auteur CPJ FEJ/FIJ RSF
Auteur CPJ FEJ/FIJ RSF
Le 12 avril 2019, un tribunal de Oulu, en Finlande centrale, a jugé la journaliste d’investigation Johanna Vehkoo coupable de diffamation délictuelle du conseiller municipal de Oulu Junes Lokka. Les poursuites visent les commentaires de Vehkoo dans un groupe privé Facebook, dans lequel elle a qualifié Lokka de « raciste » et de « clown nazi », selon des rapports de la presse locale, une déclaration de l’Union des journalistes en Finlande, un syndicat local de travailleurs des médias, et Vehkoo, qui s’est adressé au CPJ. Selon sa déclaration, Vehoo considère l’affaire comme une mesure de représailles contre ses reportages. Vehkoo suit l’extrême droite et écrit une chronique de vérification des faits pour le radiodiffuseur public finlandais Yleisradio Oy et, selon la déclaration du syndicat, elle a cofondé le site d’investigation Longplay. Le CPJ a sollicité les commentaires de Lokka sans obtenir de réponse. Vehkoo a été condamné à payer un total de 150 Euros à l’État et 200 Euros de dommages-intérêts à Lokka, et a également été tenu de rembourser les frais de justice à Lokka, d’un montant de 6 000 Euros. Vehkoo entend interjeter appel. Vehkoo a expliqué au CPJ que ses commentaires sur Facebook datent du 2 novembre 2016. Selon son site Web personnel, Lokka était alors militant qui s’était présenté depuis 2012 à divers mandats électoraux pour une plate-forme hostile à l’Union européenne. Lokka a déposé plainte contre Vehkoo pour diffamation en octobre 2018, après avoir été élu en mars 2017, soit près de deux ans après ses commentaires initiaux, selon Yleisradio Oy. Lokka, qui co-anime l’émission sur YouTube « Monokulttuuri FM » (Monoculture FM), a ciblé Vehkoo sur les médias sociaux de manière répétée depuis la fin 2016, qualifiant ses reportages de « mensonges » sur Twitter et faisant d’elle le sujet de plusieurs émissions sur YouTube, selon l’analyse des activités de Lokka sur les réseaux sociaux effectuée par le CPJ. Vehkoo a déclaré au CPJ que « selon le Tribunal de district d’Oulu, on ne peut qualifier personne de raciste ou de nazi, dans la mesure où cela entraîne toujours la diffamation ». « J’ai décrit l’idéologie et la tactique d’un militant et politicien d’extrême droite. Cela doit certainement être couvert par la liberté d’expression ». Selon Helsingin Sanomat, Lokka a nié avoir harcelé Vehkoo.
Mises à jour
11 juin 2019
Le 13 mai 2019, Madame Vehkoo a fait appel de la décision rendue.
Réponses de l'État
11 juin 2019
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