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Retrait de la Turquie de la Convention d'Istanbul - une regression inadmissible des droits des femmes en Europe

Déclaration de la Conférence des OING
Strasbourg 23 mars 2021
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Retrait de la Turquie de la Convention d'Istanbul - une regression inadmissible des droits des femmes en Europe

Nous sommes des millions à être consternés par le décret signé par le Président Recep Tayyip Erdogan, publié au Journal officiel le 19 mars 2021, sans aucun débat parlementaire et sans entendre la voix de la société civile turque, en faveur de la Convention d’Istanbul et en faveur des protections qu’elle procure contre la violence domestique et contre tous les actes de violence fondés sur le genre qui entrainent ou sont susceptibles d’entrainer aux victimes des dommages ou souffrances de nature physique, sexuelle, psychologique ou économique.

Le retrait de cette Convention constitue une régression inadmissible des droits des femmes en Europe et en soi un déni des actes de féminicide qui se produisent partout en Europe y compris en Turquie.

Pourquoi les femmes turques ne peuvent-elles pas être en sécurité dans leur propre foyer ? Pourquoi n'est-ce pas une préoccupation majeure d'un Etat membre du Conseil de l'Europe qui a accueilli l’ouverture de la Convention d’Istanbul aux signatures il y a 10 ans ?

La Conférence des OING dans sa Recommandation adoptée le 15 octobre 2020 (CONF/PLE(2020)REC) a appelé les Etats à renforcer et à renouveler leurs engagements à mettre fin à la violence à l'égard des femmes, et non à rejeter les traités internationaux conçus pour protéger les femmes et tenir les agresseurs pour responsables.

Nous, Femmes et Hommes d’Europe profondément unis à nos sœurs de Turquie et à nos frères qui sont pour beaucoup opposés à un tel renoncement et demandons à cet Etat membre du Conseil de l’Europe de changer cette décision, si cruelle pour l’avenir des femmes en Turquie.