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Elections présidentielles bélarusses: Il n'y a pas d'avenir pacifique sans vérité, confiance et réconciliation

Déclaration par la Commission droits humains de la Conférence des OING
Strasbourg 18 août 2020
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Elections présidentielles bélarusses: Il n'y a pas d'avenir pacifique sans vérité, confiance et réconciliation

La commission des droits humains de la Conférence des OING soutient les manifestants pacifiques au Bélarus et appelle à LA VÉRITÉ, LA CONFIANCE ET LA RÉCONCILIATION.

Comme l'ont souligné les Ministres des affaires étrangères de l'Union européenne, les élections présidentielles bélarusses du 9 août "n'ont été ni libres ni équitables"[1].. À ce jour, personne ne connaît les résultats exacts et réels de l'élection de dimanche. Les autorités bélarusses n'ont pas invité les organismes internationaux reconnus à observer l'élection[2]

En descendant dans la rue, des milliers de Bélarusses ont montré qu'ils en avaient assez de vivre sous ce régime déshumanisant. Les ouvriers, les forces de sécurité, les personnes de tous les milieux et surtout les mères et les épouses sont actuellement, une semaine après l'élection, engagés dans des manifestations massives dans toutes les grandes villes du pays.

Ces protestations ont conduit à l'utilisation d'une force excessive et arbitraire par la police et les services de sécurité. Des milliers de manifestants et de passants ont été emmenés dans des centres de détention (inconnus de la famille et des amis), à l'extérieur desquels on pouvait entendre les cris des personnes torturées. Après leur libération, de nombreux détenus ont pu montrer les blessures qui leur avaient été infligées. Au 16/08, au moins 3 personnes ont été tuées suite à ces violences.

LA POSITION DES FEMMES DANS CE CONFLIT :

Amnesty International rapporte que "les femmes sont touchées de manière disproportionnée par la sévère répression des droits humains au Belarus, où les autorités font preuve d'un mépris flagrant des obligations du pays en matière de droits humains à l'approche de l'élection présidentielle d'août 2020. Les femmes sont victimes de stéréotypes et de discriminations fondés sur des notions patriarcales de rôles sexués qui les présentent comme "vulnérables" et "faibles", leur refusent le contrôle de leur corps et les cantonnent dans des rôles et des responsabilités de soins ou de parent. Il est également évident, à l'approche de l'élection présidentielle d'août, que les femmes sont souvent ciblées par les autorités de manière spécifique au genre"[3].

Étant donné que les femmes jouent un rôle de premier plan dans la consolidation de l'opposition, la protestation et la demande de retour de leurs fils et conjoints de prison, elles doivent être protégées contre des nouvelles répressions.

NÉCESSITÉ D'UNE SOLIDARITÉ INTERNATIONALE FORTE ET APPEL À UN VÉRITABLE CHANGEMENT

La Conférence des OING, par l'intermédiaire de sa Commission des droits humains, exprime sa solidarité avec les manifestants pacifiques au Belarus. Elle appelle les parties prenantes concernées, tant les institutions que les citoyens du monde entier, à soutenir les efforts du peuple bélarusse pour voir les droits humains, l'État de droit et les valeurs démocratiques européennes pleinement mis en œuvre dans leur pays.

Bien que le Bélarus ne soit pas unEtat membre du Conseil de l'Europe, il coopère à plusieurs programmes du Conseil de l'Europe. La Conférence des OING a accueilli plusieurs délégations de la société civile bélarusse lors de ses sessions. Elle continuera à garder le contact et joindra ses forces pour une pleine application des droits humains et pour l'abolition de la peine de mort au Bélarus.

Aujourd'hui, nous demandons aux autorités publiques du Bélarus de mettre fin à la violence contre les manifestants pacifiques et de libérer TOUTES les personnes détenues à la suite des dernières élections. Les droits à des élections libres, à la liberté d'expression, de réunion pacifique et d'association doivent être mis en œuvre, car ils sont les piliers de l'État et de la société démocratiques.

Nous appelons à un dialogue ouvert avec la société civile, avec l'opposition, avec toutes les parties qui peuvent contribuer à restaurer la démocratie, l'État de droit et le respect des droits humains au Bélarus dans les prochains développements démocratiques pacifiques.

Il n'y a pas d'avenir pacifique sans vérité, confiance et réconciliation.

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[1] La vidéo-conférence des Ministres d’affaires étrangers. Résultats principaux, Bruxelles, 14/08/2020