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Ne pas tenir compte des identités sociales complexes peut compromettre la protection contre les discriminations

Strasbourg 27 septembre 2022
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Ne pas tenir compte des identités sociales complexes peut compromettre la protection contre les discriminations

Le séminaire annuel de 2022 de la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI) avec les organismes de promotion de l'égalité était consacré au concept d'intersectionnalité. Il a été question cette année d’examiner de plus près les conséquences de l'interaction entre deux ou plusieurs formes de discrimination et la manière dont celles-ci contribuent à créer différents niveaux d'inégalité.

L'ECRI a adopté une approche intersectionnelle dans ses travaux de monitoring par pays, lesquels ont mis en évidence les vulnérabilités spécifiques rencontrées, par exemple, par les femmes roms, les hommes noirs ou les femmes musulmanes, ainsi que dans le cadre de ses nouvelles normes, comme c'est le cas dans sa Recommandation de politique générale n°5 (révisée) sur la prévention et la lutte contre le racisme et la discrimination envers les musulmans et dans sa Recommandation de politique générale n°9 (révisée) sur la prévention et la lutte contre l'antisémitisme. Dans sa Recommandation de politique générale n°2 (révisée) sur les organismes de promotion de l'égalité chargés de lutter contre le racisme et l'intolérance au niveau national, l'ECRI a estimé que le mandat des organismes de promotion de l'égalité devrait également couvrir la discrimination intersectionnelle.

Maria Daniella Marouda, Présidente de l'ECRI, Helena Dalli, Commissaire de l'Union européenne (UE) à l'égalité, Jeroen Schokkenbroek, Directeur de l’Anti-discrimination du Conseil de l'Europe, et Petra Bayr, Rapporteure générale de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe sur la lutte contre le racisme et l'intolérance, ont souligné à l'ouverture du séminaire qu'il était grand temps d'utiliser au mieux le concept d'intersectionnalité pour lutter plus efficacement contre la discrimination et les discours de haine et parvenir à une plus grande égalité. "L'intersectionnalité peut offrir de nouvelles façons de refléter la complexité des identités sociales multiples. Elle permet de lever le voile sur l’existence d’inégalités et ainsi mieux les percevoir. Cela nécessite une réflexion collective sur la manière de l'utiliser lorsque les cadres juridiques et politiques sont revus." Il s’agissait là de l'un des messages majeurs.

Au cours du séminaire, deux victimes ont fait part de leurs témoignages sur les discriminations croisées qu'elles ont subies en raison de leur orientation sexuelle, de leur religion, de leur genre et de leur ethnicité. Le professeur Colm O'Cinneide de l'University College de Londres (UCL) a prononcé un discours liminaire. Cela a permis aux participants d'avoir une discussion approfondie sur les défis et les éventuelles réponses en matière d'élaboration des lois ou des politiques, de prévention, de protection et de soutien des victimes et de recours en justice à visée stratégique.

Des représentants d'organismes internationaux, tels que le Comité des Nations Unies pour l'élimination de la discrimination raciale (CERD), la Commission de l’UE et l'Agence des droits fondamentaux de l'UE (FRA) ont également fait part de leurs points de vue au cours du séminaire.

Le séminaire annuel de l'ECRI a été organisé en consultation avec le Réseau européen des organismes de promotion de l'égalité (Equinet) et a réuni plus de quatre-vingt-dix participants issus des organismes de promotion de l'égalité et de certaines institutions nationales des droits de l'homme des Etats membres du Conseil de l'Europe, des membres de l'ECRI et des représentants d’organisations clés de la société civile, aux niveaux européen et national.


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