Retour

Les autorités hongroises n’ont pas pris suffisamment de mesures pour protéger les enfants migrants contre les abus sexuels le long de la frontière serbo-hongroise

Strasbourg 6 June 2019
  • Diminuer la taille du texte
  • Augmenter la taille du texte
  • Imprimer la page
  • Imprimer en PDF
Les autorités hongroises n’ont pas pris suffisamment de mesures pour protéger les enfants migrants contre les abus sexuels le long de la frontière serbo-hongroise

Un rapport adopté aujourd’hui par le Comité des Parties à la Convention du Conseil de l’Europe sur la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels (« Comité de Lanzarote ») « déplore » l’absence de mesures efficaces prises pour protéger les enfants migrants et demandeurs d’asile contre l’exploitation et les abus sexuels dans les zones de transit de la frontière serbo-hongroise.

À la suite d’une visite effectuée dans les zones de transit en 2017 et des recommandations adressées aux autorités hongroises l’année dernière, le Comité de Lanzarote a conclu que les enfants présents dans ces zones restaient confrontés à des risques excessifs, parce que les autorités hongroises n’avaient pas pris suffisamment de mesures pour les protéger, malgré quelques améliorations positives (comme la mise en place de formations et l’installation d’aires ombragées).

Le rapport souligne les difficultés persistantes auxquelles se heurtent les enfants, qui vont du blocage continu de l’accès des ONG aux zones de transit à une vérification insuffisante de l’âge des mineurs.

Le Comité de Lanzarote continue à déplorer que les enfants non accompagnés âgés de 14 à 18 ans soient toujours considérés comme des adultes par la procédure d’immigration. Des enfants restent retenus dans des espaces clôturés en plein air, où des conteneurs leur servent d’abri. Les enfants non accompagnés âgés de 14 à 18 ans, en particulier les filles, ne sont toujours pas pris en charge par le système hongrois classique de protection de l’enfance, ce qui accroît le risque d’exploitation et d’abus sexuels de ces mineurs.

Le Comité est particulièrement préoccupé par la fermeture annoncée du foyer pour enfants Károlyi István à Fót. Malgré les explications données par les autorités hongroises, le Comité de Lanzarote n’a pas obtenu d’informations précises sur les solutions de remplacement prévues en matière d’hébergement et de conditions d’hébergement des enfants non accompagnés.

En outre, les autorités hongroises n’ont pas pris suffisamment de mesures pour coopérer avec les autorités serbes et gérer convenablement les listes d’attente pour l’entrée dans les zones de transit hongroises, de manière à prévenir les risques d’exploitation et d’abus sexuels des enfants demandeurs d’asile.

La procédure de vérification de l’âge des enfants n’a pas changé depuis la visite effectuée en 2017. Les médecins militaires, dont la compétence en matière de vérification d’âge n’a pas été démontrée, continuent à exercer cette fonction.

Un autre problème vient de difficultés liées aux langues parlées. D’après des sources fiables autres que les autorités hongroises, les enfants touchés par la crise des réfugiés n’ont pas accès à des services d’interprétation adaptés, notamment au cours des examens médicaux, des séances de psychothérapie et des entretiens avec les tuteurs ou les travailleurs sociaux. Le Comité se félicite de la présence dans les zones de transit d’un psychologue et d’un psychiatre, ce qui représente une « évolution positive », mais reste préoccupé par le temps de présence « très limité » de ces professionnels (« quelques heures par semaine ») et par les grandes difficultés de communication qui existe entre eux et les enfants en raison des obstacles linguistiques.


 Evaluation des suites données par les autorités hongroises aux recommandations qui leur ont été adressées