Back

L’égalité de genre dans le monde du travail en Europe n’est encore qu’une promesse lointaine

Déclaration
Strasbourg 20/12/217
  • Diminuer la taille du texte
  • Augmenter la taille du texte
  • Imprimer la page
  • Imprimer en PDF
L’égalité de genre dans le monde du travail en Europe n’est encore qu’une promesse lointaine

« Cette année encore, dans les faits, les femmes en Europe auront travaillé pendant deux mois sans être payées en comparaison aux hommes. De plus, elles continuent d’être sous-représentées dans les instances de décision et les postes à responsabilité. C’est là une injustice flagrante et une violation des droits humains. Les États européens doivent prendre ce problème à bras-le-corps, de manière beaucoup plus énergique qu’ils ne l’ont fait jusqu’à présent », a estimé aujourd’hui Nils Muižnieks, Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l'Europe, dans sa déclaration de fin d’année.

« Même si la situation varie d’un pays à l’autre, il est évident que les femmes sont victimes sur tout notre continent d’une inégalité de traitement et d’une inégalité des chances dans leur vie professionnelle. Il serait faux de croire que cette situation s’explique uniquement par la dynamique du marché du travail. En effet, la discrimination, directe ou indirecte, que subissent les femmes dans ce domaine résulte d’attitudes sociales profondément ancrées qui maintiennent les femmes dans un rôle subordonné. Pour s’attaquer à ce problème, les États membres du Conseil de l'Europe doivent par conséquent adopter une approche globale, qui implique aussi bien de réviser la législation que de mettre en œuvre des mesures politiques, culturelles et économiques », a ajouté le Commissaire.

« Le rôle des autorités, en particulier des gouvernements et des parlements, est crucial. Les pouvoirs publics doivent donner l’exemple et appliquer pleinement les normes relatives à l’égalité de genre qui sont énoncées dans les traités internationaux et européens relatifs aux droits de l’homme. Parmi ceux-ci, la Charte sociale européenne exige des États parties qu’ils garantissent le principe d’une rémunération égale pour un travail de valeur égale dans des lois dont la mise en œuvre doit être effective. Cela suppose notamment de prévoir des sanctions appropriées et des voies de recours en cas de discrimination entre les femmes et les hommes au travail. Les autorités devraient se mobiliser davantage pour combler les écarts de rémunération entre les sexes tant dans l’administration publique que sur le marché du travail. Elles devraient également supprimer les obstacles qui empêchent les femmes d’accéder aux plus hautes fonctions », a ajouté le Commissaire.

« La situation actuelle n’est pas seulement préjudiciable pour les femmes et l’économie, elle est délétère pour la société dans son ensemble. Même là où les inégalités salariales entre les femmes et les hommes diminuent, l’évolution se fait très lentement. Si les États n’accentuent pas leurs efforts maintenant, il faudra encore plusieurs décennies pour parvenir à la pleine égalité. Or, nous ne pouvons nous permettre d’attendre aussi longtemps. Les États européens doivent se montrer plus déterminés à honorer leur obligation de garantir l’égalité de genre dans le domaine de l’emploi », a conclu le Commissaire.