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L'intention du gouvernement britannique de délocaliser le traitement des demandes d'asile au Rwanda envoie un signal inquiétant

Déclaration
Strasbourg 14 avril 2022
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Les migrants arrivés à bord d'un bateau de sauvetage des forces frontalières sont escortés par le personnel des forces frontalières, après avoir traversé la Manche, au port de Douvres, au Royaume Uni, le 15 décembre 2021. Crédit: REUTERS/Matthew Childs

Les migrants arrivés à bord d'un bateau de sauvetage des forces frontalières sont escortés par le personnel des forces frontalières, après avoir traversé la Manche, au port de Douvres, au Royaume Uni, le 15 décembre 2021. Crédit: REUTERS/Matthew Childs

« L'annonce faite aujourd'hui par le gouvernement britannique de son intention de délocaliser le traitement des demandes d'asile au Rwanda envoie un signal inquiétant », a déclaré la Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Dunja Mijatović. « Non seulement cette externalisation soulève des questions sur la protection des droits humains des personnes concernées. Elle indique également que le Royaume-Uni a l'intention de transférer la responsabilité de ce qui est en fait une très faible proportion de personnes cherchant une protection dans le monde, de son territoire à celui d'un autre pays. Un tel transfert de responsabilité risque de porter gravement atteinte au système mondial de protection internationale. »

« Alors que le gouvernement souligne l'importance des voies d’accès sûres et légales en général, les plans annoncés ne répondent pas à l'absence de telles possibilités pour les personnes se trouvant actuellement en France, y compris pour celles qui ont des revendications légitimes pour se rendre au Royaume-Uni, par exemple sur la base de liens familiaux. Il est essentiel de développer des voies d’accès sûres et légales et de placer les droits humains au centre de l'approche pour résoudre le problème des traversées dangereuses de la Manche et pour supprimer les conditions dans lesquelles la traite des êtres humains peut prospérer.

J'appelle les parlementaires, dans le cadre de leur examen approfondi du projet de loi sur la nationalité et les frontières (Nationality and Borders Bill), à veiller à ne permettre aucune régression des garanties et protections en matière de droits humains dans le système d'asile britannique. Ils devraient en particulier rejeter les propositions qui permettent la délocalisation et qui établissent des distinctions dans le niveau de protection ou les procédures appliquées en fonction de la manière dont les personnes arrivent au Royaume-Uni.

Plus que jamais, tous les États membres du Conseil de l'Europe doivent maintenir fermement leur engagement à faire respecter les droits humains des personnes en quête de protection. Dans cette perspective, je poursuivrai mon travail avec le gouvernement britannique sur cette question importante. »