
Une année s’est écoulée depuis la tenue, au Bélarus, d’une élection présidentielle frauduleuse à l’issue de laquelle le président sortant, Alexandre Loukachenko, a été déclaré vainqueur. Ce qui a suivi a été une répression dure et inacceptable, a déclaré le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Thomas Hammarberg, dans un article publié aujourd’hui par l’hebdomadaire New Europe.
Des milliers de personnes ont pris part aux manifestations de protestation organisées à Minsk le soir du scrutin du 19 décembre. La police a eu recours à la force sans discernement et de manière disproportionnée et a arrêté pas moins de 700 manifestants. La plupart d’entre eux ont été condamnés à l’issue de procès sommaires à des amendes ou à des peines de détention administrative allant de cinq à quinze jours. Ceratins détenus ont été maltraités, d'autres sont transférés d’un établissement à l’autre ou alors déclarés indisponibles lorsque leurs avocats et membres de leurs familles cherchent à exercer leur droit de leur rendre visite en prison.
Dans le même temps, des groupes de défense des droits de l'homme ont été soumis à des pressions et à une surveillance systématiques. Ales Bialiatski, personnalité reconnue, président du centre des droits de l'homme « Viasna » et vice-président de la Fédération internationale des droits de l'homme, a été arrêté en août et condamné à quatre ans et demi d’emprisonnement dans une colonie pénitentiaire à régime sévère, à la confiscation de ses biens et à une lourde amende, dont le montant équivaut à plus de 50 000 euros
Le Bélarus est le seul pays d’Europe à ne pas remplir les conditions requises pour rejoindre le Conseil de l'Europe et son bilan en matière de droits de l'homme pour l’année écoulée a encore éloigné la perspective d’une adhésion, conclut le Commissaire.