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Jean-Paul Heider : «le développement durable passe par la coopération entre toutes les collectivités locales et régionales»

Vice Président du Conseil régional d’Alsace et de l’Association des Régions Frontalières d’Europe, Jean-Paul Heider présentera jeudi, devant le Congrès, une communication sur la coopération transfrontalière en matière de développement durable. Il en explique les enjeux et les défis dans cette interview.

Strasbourg, 15 mars 2005

Question : En quoi la coopération transfrontalière peut elle contribuer au développement durable ?

Jean-Paul Heider : Quand on vit dans une région frontalière, comme l’Alsace ou le Bade-Wurtemberg, on est sensible d’emblée à ces questions, car directement confronté aux actions de ses voisins, positives ou négatives. Les régions arrosées par le Rhin partagent la plus grande nappe phréatique d’Europe, et une pollution en Alsace concerne le pays de Bade, et inversement. Il faut donc travailler ensemble à la protection de l’environnement. Mais nos deux régions, avec les cantons du nord-ouest de la Suisse, ont développé bien d’autres projets et programmes transfrontaliers communs : coopération médicale, notamment entre les hôpitaux de Sélestat et d’Offenburg, réseau universitaire de la vallée du Rhin, ou création d’une école trinationale d’ingénieurs, avec des cours se déroulant à Fribourg, Bâle et Mulhouse, et un diplôme reconnu dans les trois pays.

Question : Les régions européennes disposent elles toutes de suffisamment de compétences pour développer des projets transfrontaliers, ou faut-il encore accroître leurs prérogatives politiques et administratives ?

Jean-Paul Heider : Dans la vallée du Rhin supérieur, il arrive que les compétences régionales ne soient pas identiques : un sujet peut être du ressort de l’Etat dans un pays, et pas dans l’autre, ce qui complique parfois les dossiers. Mais il ne faut pas s’arrêter pour autant : quand un dossier transfrontalier est bon, on peut le mener en trouvant des formules qui tiennent compte de ces spécificités. L’important, c’est d’avoir vraiment la volonté de travailler ensemble : la coopération transfrontalière, ce n’est pas du chacun pour soi, mais la gestion commune de problèmes communs. Ce que je souhaite avant tout dire au Congrès, c’est que le développement durable appelle la coopération entre toutes les collectivités locales et régionales, dans chaque région concernée.

Question : Le Congrès a participé, récemment, à la création d’une « Eurorégion adriatique/ionienne », qui va justement se préoccuper de développement durable. Y a-t-il d’autres projets du même type en préparation ?

Jean-Paul Heider : L’Alsace, le Bade Wurtemberg et le nord-ouest de la Suisse sont associés, via les programmes Interreg, à deux projets de coopération régionale, qui vont du sud de l’Angleterre à l’Italie du nord. Cela permet de gérer ensemble des grands dossiers comme les énergies renouvelables et les économies d’énergie, mais aussi les infrastructures des transports, avec notamment la traversée des Alpes. Je souhaite que l’expérience accumulée par l’Alsace et ses voisins dans toutes les formes de coopération transfrontalière puisse servir à l’ensemble des régions frontalières d’Europe.