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Yavuz Mildon : «Les médiateurs régionaux rapprochent les citoyens de leur région»

La Chambre des Régions du Congrès appelle toutes les régions d’Europe à se doter de médiateurs régionaux, afin de faciliter le dialogue et de résoudre les litiges pouvant survenir entre les citoyens et les autorités régionales. Au-delà de cette fonction, les médiateurs contribuent aussi à valoriser et à promouvoir l’autonomie régionale, explique le Président de la Chambre des Régions, Yavuz Mildon.

Interview (04.11.2004)

Question : La plupart des pays européens se sont dotés de médiateurs nationaux, souvent appelés « ombudsmen », pour résoudre les conflits entre leurs administrations et leurs citoyens. En quoi consistent les « médiateurs régionaux », et que peuvent-il apporter de plus aux citoyens ?

Yavuz Mildon : Plusieurs pays, comme l’Allemagne, la Belgique, la Bosnie-Herzégovine, la Russie, la Suisse, l’Espagne ou le Royaume-Uni ont mis en place des médiateurs régionaux, qui interviennent lorsque le litige porte sur un domaine de compétence de la région concernée, comme par exemple le logement, les transports ou la santé. Les activités des médiateurs régionaux s’articulent bien sûr avec celles des médiateurs nationaux, afin que l’ensemble des actes et des comportements de toutes les administrations puisse faire l’objet d’une médiation. Comme les régions ont de plus en plus de compétences, il est beaucoup plus simple de régler les litiges qui les concernent au niveau régional, plutôt que de se tourner vers une médiation à l’échelon national, forcément plus éloigné. En outre, le médiateur régional illustre la proximité entre la région et les citoyens.

Question : Vous appelez toutes les régions d’Europe à se doter de tels médiateurs. Mais cette formule peut elle vraiment se généraliser sur l’ensemble du continent ?

Yavuz Mildon : Le fait qu’un pays soit centralisé ne s’oppose pas à la mise en place de médiateurs régionaux, bien au contraire. La Turquie, qui n’est pas un Etat fédéral, s’apprête à les instituer, et chaque pays peut faire de même, en tenant compte de ses spécificités. Nous souhaitons que, parallèlement au développement de la fonction de médiateurs régionaux, ceux-ci se réunissent sous la forme d’un réseau européen chargé de promouvoir leur rôle. Les médiateurs régionaux ont beaucoup à apporter, non seulement aux citoyens, mais aussi aux autorités régionales elles mêmes, par exemple en les informant de leurs droits et de leurs devoirs.

Question : Au cours de sa session d’automne, la Chambre des Régions débattra également de la Charte européenne de l’autonomie régionale : la promotion des médiateurs régionaux permettra-t-elle de faire avancer ce dossier ?

Yavuz Mildon : Nous avons du mal à comprendre que certains pays, déjà dotés des outils nécessaires à la décentralisation, continuent de s’opposer farouchement à cette Charte. Je pense que les médiateurs régionaux, à la fois symboles et acteurs de la décentralisation, illustrent la compétence et le travail des régions et peuvent faciliter les rapports entre celles-ci et les Etats : ils contribueront donc aussi à mieux faire connaître et accepter la Charte.