Groupe d'Etats contre la corruption (GRECO)

Peu de progrès en matière de transparence du financement politique – inquiétude du groupe anti-corruption du Conseil de l’Europe

Communiqué de presse

Strasbourg, 19 juin 2014 – Dans son rapport annuel, publié aujourd’hui, le GRECO, groupe de suivi anti-corruption du Conseil de l’Europe, constate avec inquiétude que la mise en œuvre de ses recommandations sur la transparence du financement politique a peu progressé dans un nombre significatif de pays européens.

Dans son rapport, le GRECO attribue cette situation en partie au caractère politiquement sensible du financement des partis et des campagnes, et au fait qu’en évaluant les Etats sur cet aspect, il a élargi son suivi à des domaines qui échappent au contrôle direct des gouvernements et qui sont soumis à l’influence des partis politiques et des parlements eux-mêmes.

« Le peu d’empressement de certains de nos Etats membres à appliquer positivement et rapidement les recommandations du GRECO est préoccupant. Dans la plupart des cas, cette situation reflète la difficulté, et parfois l’impossibilité, de trouver un accord viable entre les partis politiques du pays concerné pour améliorer la transparence du financement politique. Il y a aussi de nombreux exemples de réussite qui témoignent des progrès accomplis par certains pays, mais il est clair qu’il reste encore beaucoup à faire pour que la prévention de la corruption dans la vie politique devienne une priorité », a déclaré le Président du GRECO Marin Mrčela.

En 2013, le GRECO s’est rendu dans dix pays en vue de préparer des rapports d’évaluation sur la prévention de la corruption dans les rangs des parlementaires, des juges et des procureurs. Au cours de l’année, il a adopté neuf rapports sur ce sujet et vingt-neuf autres rapports de suivi sur la pénalisation de la corruption et la transparence du financement des partis politiques et des campagnes électorales.

Parmi les défis qui se profilent pour le GRECO, la possible adhésion de l’Union européenne, qui devrait entraîner l’évaluation des institutions de l’Union par le Groupe. La Commission européenne a lancé une évaluation d’impact en concertation avec les institutions de l’Union européenne en vue d’analyser la faisabilité et les modalités éventuelles de cette adhésion.

En 2013, le GRECO a entamé une réflexion, menée par sa rapporteure pour les questions de genre Helena Lišuchová, en vue de déterminer comment intégrer une perspective de genre à son action et à la prévention de la corruption en général, par exemple lors de l’examen de la typologie et des effets de la corruption, ou encore en collectant et en analysant des statistiques ventilées par genre.

Lien vers le rapport

***

Le Groupe d’Etats contre la Corruption (GRECO) est un organe du Conseil de l’Europe qui vise à améliorer la capacité de ses membres à lutter contre la corruption en assurant le suivi de leur conformité avec les normes de lutte contre la corruption. Il aide les Etats à recenser les défaillances des politiques nationales de lutte contre la corruption, en incitant à mener les réformes législatives, institutionnelles et pratiques qui s’imposent. Il réunit actuellement les 47 Etats membres du Conseil de l’Europe, le Bélarus et les Etats-Unis d’Amérique.