Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI)

Quatrième rapport sur la Finlande [fr] - [en] - [fin]

Communiqué de presse – 09.07.2013

Version finnoise

La Commission anti-racisme du Conseil de l'Europe publie un nouveau rapport sur la Finlande

Strasbourg, 09.07.2013. La Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI) publie aujourd'hui son quatrième rapport sur la Finlande. La Présidente de l’ECRI, Mme Eva Smith, se félicite des progrès accomplis mais déplore la persistance d'un certain nombre de problèmes. Par exemple, les migrants continuent de souffrir de discrimination dans divers secteurs, dont l’emploi, et la loi relative aux étrangers contient toujours des dispositions discriminatoires.

La Finlande a amendé les dispositions pénales punissant les infractions motivées par des considérations relatives à la « race », à la couleur, à l'origine ethnique ou nationale, à la religion ou aux croyances ; un groupe chargé de la surveillance de la discrimination a été créé pour recueillir des informations sur la lutte contre la discrimination ; la politique nationale sur les Roms a été publiée ; en outre, la Finlande a réduit la durée de séjour requise pour la naturalisation.

Toutefois, les minorités visibles risquent toujours de faire l’objet d’un profilage racial de la part de la police ; le Tribunal national contre la discrimination n’accorde pas d’indemnisation aux victimes de discrimination et n’examine pas les cas de discrimination liés à l'emploi ou à l'immigration ; le manque de ressources humaines et financières nuit à l’efficacité de l’Ombudsman pour les minorités et du Comité consultatif pour les relations interethniques.

Dans son rapport, l'ECRI adresse aux autorités plusieurs recommandations, parmi lesquelles les trois suivantes nécessitent une mise en œuvre prioritaire et feront l'objet d'un réexamen de l'ECRI dans deux ans :

  • étendre le champ d'action et les ressources de l'Ombudsman pour les minorités, de manière à ce qu’il puisse lutter contre la discrimination fondée sur la couleur, la langue, la religion ou la « race » ;
  • étendre le domaine de compétence du Tribunal national de lutte contre la discrimination pour qu’il englobe les questions d’immigration et la discrimination multiple ;
  • améliorer le suivi des actes racistes, notamment en ce qui concerne les suites qui leur sont données par la police et la magistrature.

Le rapport est disponible ici. Il a été élaboré à la suite de la visite de contact effectuée par l'ECRI en Finlande en février-mars 2012 [communiqué de presse – 13.03.2012] et prend en compte l'évolution de la situation jusqu'au 22 juin 2012.

L’ECRI, organe de protection des droits de l’homme du Conseil de l'Europe, composé d’experts indépendants, est chargée du suivi des problèmes de racisme, de xénophobie, d’antisémitisme, d’intolérance et de discrimination fondée sur des motifs tels que la « race », les origines ethniques/nationales, la couleur, la nationalité, la religion et la langue (discrimination raciale) ; elle élabore des rapports et adresse des recommandations aux Etats membres.

Pour de plus amples informations sur l'ECRI : www.coe.int/ecri

Contact presse : Stefano Valenti, Tél. : +33 (0)3 90 21 43 28, stefano.valenti@coe.int