
Trente années d’action en faveur des langues régionales ou minoritaires
Il y a trente ans, le 7 octobre 1981, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe adoptait la recommandation 928, à l’origine du processus de rédaction de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, qui est la convention européenne visant à protéger et promouvoir les langues utilisées par les minorités et groupes linguistiques tradtionnels.
La recommandation 928 appelait les Etats à soutenir l’utilisation des langues minoritaires dans la vie publique. Sur la base de cet instrument, le Conseil de l’Europe a tenu en 1984 une audition publique qui a réuni plusieurs centaines de représentants de plus de quarante langues minoritaires. Cette audition a montré que de nombreuses langues régionales ou minoritaires étaient gravement menacées. En conséquence, la Conférence permanente des pouvoirs locaux et régionaux de l’Europe (l’actuel Congrès des pouvoirs locaux et régionaux) a créé un groupe d’experts chargé de préparer un avant-projet de Charte. Ce projet de texte a été approuvé par l’Assemblée parlementaire en 1988. Le Comité des Ministres a ensuite décidé de mettre en place un comité ad hoc d’experts gouvernementaux, dont les travaux ont débuté en 1989. Enfin, le projet de Charte a été adopté par le Comité des Ministres en 1992 et ouvert à la ratification. La Charte est entrée en vigueur en 1998, sensiblement au même moment que la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales.
A ce jour, vingt-cinq Etats ont ratifié la Charte. Elle assure aujourd’hui la promotion de 82 langues dans les domaines de l’éducation, des tribunaux, de l’administration, des médias, de la culture, de la vie économique et sociale et de la coopération transfrontalière. Plusieurs améliorations de la situation des langues minoritaires peuvent être attribuées à la Charte.