Le "Laboratorio dei Diritti Fondamentali" (Laboratoire des droits fondamentaux) publie un rapport sur le droit à la santé

 

healthLe Laboratoire des droits fondamentaux (LDF) a récemment publié une étude intitulée "Health as a Fundamental Right : A study on migration and healthcare in Turin" (La santé, un droit fondamental : étude sur les migrations et les soins de santé à Turin) (Italie) dont les co-auteurs sont Irene Biglino et Anthony Olmo.

 

L’étude vise à recenser les divers obstacles auxquels se heurtent les migrants, malgré leur statut juridique, pour accéder et avoir recours aux services de santé à Turin. Dans l’introduction au rapport, elle précise que ces obstacles peuvent être de nature juridique, sociale, culturelle ou institutionnelle. Elle s’efforce aussi de définir les préoccupations qui se font jour dans un cadre de prise en compte des droits de l’homme, en s’appuyant sur le contenu normatif du droit à la santé, tel qu’il est énoncé dans le droit international relatif aux droits de l'homme. Enfin, elle vise à susciter une réflexion approfondie sur l’importance d’intégrer la dimension "droits de l’homme" dans les politiques, les stratégies et la législation nationales en matière de santé.

 

La publication conclut en faisant observer que l’accès des migrants aux systèmes de santé peut certainement être encore amélioré au niveau national. Elle affirme, ce qui est plus positif, que Turin dispose d’un système unique en son genre qui parvient souvent à fournir des solutions aux nombreux problèmes que rencontrent les migrants. Ce système se fonde sur une étroite coopération entre les prestataires publics de santé et le secteur bénévole, à but non lucratif, qui comble les lacunes du service public.

 

L’étude comporte des données qualitatives et quantitatives recueillies par une équipe de recherche interdisciplinaire. Les données qualitatives ont été recueillies grâce à une enquête de terrain fondée sur des entretiens approfondis, semi structurés avec les principaux acteurs locaux, dont le personnel des hôpitaux publics, des services d’urgence, des services sociaux, ainsi que des médiateurs culturels et des représentants d’organisations locales et régionales, d’associations de quartier et d’organismes bénévoles. Les données quantitatives ont été fournies par le partenaire de recherche du LDF, le département régional d’épidémiologie de Turin.

 

La publication souligne clairement les avantages d’une approche fondée sur les droits de l'homme en mettant tout particulièrement l’accent sur le droit à la santé. Elle fait observer que l’intégration d’une dimension "droits de l'homme" dans le discours actuel sur la santé et les migrations en Italie, tant au niveau local que national, fournit un cadre normatif solide basé sur les droits et les responsabilités correspondantes. En outre, l’étude prend en compte d’autres éléments inhérents au droit à la santé comme une alimentation et un logement convenables, des conditions professionnelles et environnementales saines et enfin, l’accès à l’éducation et à l’information. Elle précise que le droit à la santé sert d’étalon pour évaluer ses conclusions, de manière à prendre la mesure, in fine, du degré d’application du droit examiné dans le cadre de la recherche.

 

Dans l’avant-propos qu’il a rédigé, Vladimiro Zagrebelsky déclare, reprenant une formule que l’on retrouve souvent dans les arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme, que cette étude ne se préoccupe pas des droits théoriques ou illusoires mais des droits concrets et effectifs.

Thomas Pavan-Woolfe

 


Source : Laboratorio Diritti Fondamentali- "Health as a Fundamental Right: A study on migration and healthcare in Turin"