Les Numéros 13 et 14 du GRITIM-UPF sont en ligne !

 

Les numéros d’automne de la Série des documents de travail du GRITIM-UPF sont à présent disponibles en ligne. Pour de plus amples informations sur la Série des documents de travail du GRITIM-UPF, consulter le : Site web GRITIM-UPF.

 

Numéro 13 – Automne 2012 – Immigration et contestation du processus d’édification de la nation : comprendre l’importance politique de l’immigration dans les sociétés multinationales

 

Auteur : Fiona Barker, Université Victoria de Wellington, Nouvelle-Zélande

 

Résumé : Les sociétés multinationales constituent un cadre complexe pour les politiques d’immigration car les incidences linguistiques, économiques et culturelles des migrations peuvent coïncider avec le différend entre les sous-ensembles et l’Etat central à propos du concept de nation. En pratique, cependant, ce n’est qu’à certains moments et dans certains lieux que les acteurs politiques relient explicitement la politique de l’immigration aux enjeux de la politique multiniveaux. Se référant au Canada, à la Belgique et au Royaume-Uni, la présente étude examine comment les responsables politiques rattachent l’immigration au débat en cours sur la gouvernance dans les sociétés multinationales. Elle soutient que la répartition des compétences des pouvoirs publics dans le système à multiples niveaux est moins importante pour la formulation des politiques d’immigration et d’intégration que ne le sont les effets perçus (positifs ou négatifs) sur la culture sociétale des sous-ensembles ou leurs relations de pouvoir avec le centre. L’immigration et l’intégration sont plus souvent politisées lorsque le centre et les sous-ensembles ont des points de vue divergents sur les migrations et leur place dans l’identité nationale.

 

Numéro 14 – Automne 2012 – Y a-t-il réellement une réaction très hostile vis-à-vis des politiques de multiculturalisme ? Nouvelles preuves tirées de l’indice de la politique multiculturelle

 

  Auteurs : Keith Banting et Will Kymlicka, université Queen's, Canada

 

  Résumé : Dans une grande partie du monde occidental, et notamment en Europe, s’est largement répandu le sentiment que le multiculturalisme a « échoué » et que les gouvernements favorables auparavant à une approche multiculturelle de la diversité font volteface et mettent fortement l’accent, à présent, sur l’intégration civique. Cette réaction, nous dit-on, constitue un véritable séisme non pas simplement aux Pays-Bas, mais aussi dans d'autres pays d’Europe (Joppke 2007). La présente étude conteste ce point de vue. S’appuyant sur une version actualisée de l’indice de la politique multiculturelle établi précédemment (Banting et Kymlicka 2006), l’étude présente un indice de l’importance des politiques multiculturelles pour les pays européens et plusieurs pays traditionnels d’immigration à trois moments dans le temps (1980, 2000 et 2010). Les résultats donnent une image différente de l’expérience contemporaine en Europe. Alors qu’un petit nombre de pays, dont les Pays-Bas tout particulièrement, ont réduit l’ampleur des politiques multiculturelles mises en place au cours des années 2000, un tel changement d’orientation est l’exception. La plupart des pays qui ont adopté des approches multiculturelles à la fin du XXe siècle ont maintenu leurs programmes au cours de la première décennie du nouveau siècle et un nombre notable de pays en ont conçu de nouveaux. Dans la plupart des pays européens, les politiques multiculturelles ne sont pas, de manière générale, en recul. En conséquence, la réorientation vers l’intégration civique se superpose souvent aux programmes multiculturels existants, ce qui conduit à une approche mixte de la diversité. L’étude examine la compatibilité des politiques multiculturelles et de l’intégration civique, faisant valoir que des formes plus libérales d’intégration civique peuvent se combiner au multiculturalisme alors que des formes plus coercitives sont incompatibles avec une approche multiculturelle.