Culture, patrimoine et diversité

 

Les conclusions d’un vaste projet de recherche financé par l’UE confirment les principes qui sous-tendent les Cités interculturelles

 

Le Réseau d’excellence de recherche européenne sur le développement durable dans un monde de diversité ("Sustainable Development in a Diverse World", SUS.DIV) présente ses principales conclusions.

 

Le Réseau a regroupé ces cinq dernières années plus de 30 instituts de recherche opérant dans diverses disciplines et cadres culturels, afin d’examiner les défis et les opportunités que présente la diversité pour le développement durable.

 

Globalement, les travaux menés ont montré que la diversité est compatible avec le développement durable à long terme de nos sociétés et que, de surcroît, elle peut être un atout pour les générations actuelles et futures.

 

Les chercheurs ont rassemblé des preuves formelles qui confirment que la diversité peut contribuer à la prospérité, à la créativité et à la croissance à différents niveaux, et qu’elle peut améliorer la prise de décision en équipes restreintes. Elles démontrent également que les entreprises peuvent gérer efficacement la diversité pour réaliser de meilleures performances économiques et que la productivité et les salaires sont plus élevés dans les villes et régions habitées par une population davantage plurielle, et ce tant aux USA que dans les pays de l’UE.

 

La recherche était également axée sur les modèles de gouvernance adaptés à la diversité et les meilleures pratiques en matière de dialogue interculturel.

 

Les conclusions nous recommandent de nous diriger vers un modèle de gouvernance qui privilégie la coordination, où la négociation permanente d’un modus vivendi intégrant de multiples visions et pratiques forme le socle du "vivre ensemble". La priorité doit être donnée à l’instauration de conditions effectives et équitables pour la négociation, à la garantie de la participation politique et de l’intégration réelle de chacun dans la vie économique et sociale. Pour cela, il faut une compréhension élargie de la démocratie fondée sur la participation politique, le dialogue et l’interaction du public. Et dans cette approche, la prise de décision à l’échelon local est un aspect de premier plan.

 

Le réseau a notamment étudié l’accent sur le dialogue interculturel que placent les conseils nationaux et municipaux lors des festivals. La recherche révèle que ces manifestations peuvent contribuer au modelage d’une identité basée sur le sens de l’appartenance au lieu (plutôt que sur celui de l’appartenance ethnique). Toutefois, lorsqu’ils revêtent une dimension ethnique, les festivals provoquent plutôt un affaiblissement de l’engagement communautaire et, en conséquence, une distension des relations interculturelles dans la population. Cela provient de leur tendance à répandre, au moyen de stéréotypes, la croyance qu’il existe une "altérité" culturelle intrinsèque à des communautés, qui se traduit par la marginalisation, l’isolement et la ségrégation de ces communautés. Dépassant le niveau local, d’autres experts ont avancé des arguments similaires pour critiquer les approches politiques centrées sur la religion pour la reconstruction de la paix dans les régions troublées du globe. Il est montré comment l’importance accordée à la religion, en minimisant les valeurs et les affiliations non religieuses, a renforcé la position des élites religieuses et accru le sentiment de distance entre les communautés.

 

La conclusion de ces recherches est que les mesures destinées à la promotion du dialogue interculturel devraient cibler la facilitation et la promotion de tout l’éventail des possibilités d’interaction concrètes (informelles) entre des individus que caractérisent des orientations culturelles diverses, dans des situations spontanées et autour de défis communs dans le quotidien qu’ils partagent.