Culture, patrimoine et diversité

 

La réalité est variée - La politique est interculturelle

 

Texte basé sur un article d’Anna Mee Allerslev, adjointe au maire de Copenhague chargée de l’emploi et de l’intégration, publié dans l’hebdomadaire "Weekendavisen" en danois. Traduction du danois : Karen Overgaard

 

Ma politique n’est pas multiculturelle mais interculturelle, et cette différence est capitale.

 

A Copenhague, un élève sur trois et un employé sur quatre appartiennent à un groupe minoritaire.

 

Le multiculturalisme est une idéologie qui suppose des privilèges, des dispositions spéciales et des forums destinés tout particulièrement aux minorités ethniques. Les droits et les moyens sont accordés en fonction de clivages ethniques et religieux. Ces clivages entre les groupes risquent ainsi de se renforcer, les communautés parallèles de se consolider et le lien social de se distendre, comme nous le constatons au Royaume-Uni, par exemple.

 

Vis-à-vis de l’intégration, ma conception, comme celle de Copenhague, est interculturelle. Elle reconnait les droits des minorités à être culturellement différentes. Cependant, l’accent est mis essentiellement sur les relations entre les groupes grâce à l'organisation de réunions plus nombreuses et de meilleure qualité et à la promotion d’une base commune, d’une compréhension mutuelle, d’une empathie et de visions partagées. Au lieu de célébrer les différences, l’interculturalisme cherche à favoriser la participation des groupes minoritaires aux institutions en place et à créer une identité commune.

 

Et cela marche plutôt bien. Plusieurs études, dont une récente intitulée "Muslims in Europe" (les musulmans en Europe), montrent que les minorités ethniques se sentent beaucoup plus copenhagoises que danoises. Parmi les membres du conseil municipal de Copenhague, 16 % ne sont pas d’origine danoise, soit à peu près la même proportion que dans l’ensemble de la population.

 

A Copenhague, les activités d’insertion sont menées dans le cadre de la liberté d’expression, de l’égalité et des droits de l’homme. Ce sont surtout les valeurs fondamentales du Danemark et, plus généralement, de l’Europe occidentale que nous incitons tous les citoyens de Copenhague à respecter et à célébrer. Il n’y a pas de compromis possible sur ces valeurs ; elles s’appliquent de manière inconditionnelle au Danemark comme à Copenhague. Heureusement, l’étude menée par le professeur Peter Grundelach révèle que les Danois de souche et les minorités ethniques adhèrent aux mêmes valeurs, à savoir les valeurs démocratiques.

 

Photo: Anna Mee Allerslev, adjointe au maire de Copenhague chargée de l’emploi et de l’intégration