Culture, patrimoine et diversité

 

Le thème des Villes interculturelles à Tokyo

 

Même si, vu de l'extérieur, le Japon parait monolithique du point de vue ethnologique, il accepte en fait depuis longtemps l'immigration extérieure. Au cours des dernières décennies, cette immigration s'est accélérée, notamment depuis que le gouvernement a assoupli les règles correspondantes afin de compenser le déficit de main d'oeuvre.

 

Désireux de faciliter la coexistence pacifique des habitants indigènes et étrangers, diverses politiques ont été mises en oeuvre dans le cadre du thème général de la "symbiose multiculturelle" (Tabunka-kyosei). Certaines de ces politiques présentent de fortes similitudes avec les villes interculturelles: elles considèrent la diversité comme un atout et encouragent la participation aux activités de la collectivité dans l'ensemble des communautés ethniques. Toutefois, ces initiatives du Japon en faveur de l'intégration régionale et locale n'ont pas été suffisamment présentées en Europe et vice versa, et ont encore moins fait l'objet d'études comparatives.

 

M. Taichiro Nishikawa, maire de la ville d'Arakawa (Tokyo), le Prof. Keizo Yamawaki (Université de Meiji) et quelques journalistes et praticiens du domaine de la symbiose multiculturelle ont visité des villes interculturelles (Reggio Emilia, Italie et Neuchâtel, Suisse) en octobre dernier dans le cadre d'une initiative commune du Conseil de l'Europe et de l'Union européenne, et avec l'aide de la Japan Foundation.

 

Après leur retour au Japon, la Japan Foundation a organisé un séminaire pour déterminer les similitudes et les différences entre les mesures mises en oeuvre pour les villes interculturelles et pour la "symbiose multiculturelle". La rencontre a été modérée par le Prof. Yamawaki et introduite par l'exposé de M. Nishikawa; Mme Hiroko Nakayama, maire de Shinjuku (Tokyo) et M. Takashi Noda, adjoint au maire d'Ota (Tokyo) ont participé aux débats.

 

La ville de Shinjuku, qui compte le plus fort pourcentage d'étrangers à Tokyo (près de 11%), et la ville d'Ota, où se trouve l'aéroport international de Haneda, sont les deux pionniers de la "symbiose multiculturelle" à Tokyo, tandis que la ville de Arakawa profite depuis longtemps de la coexistence avec les "immigrés de longue date".

 

C'était la première fois que ces maires s'exprimaient ensemble et en public sur le sujet. Le modérateur a confirmé l'importance de considérer la diversité comme une source de changement positif, et non comme un fardeau ou comme une menace. Plus de 150 personnes ont assisté au séminaire en cette matinée glaciale de janvier et ont participé à un débat animé, ce qui atteste du grand intérêt du public pour ces questions.

 

Nous espérons intensifier l'établissement de liens entre les villes du Japon et d'autres continents, et à la fois apprendre des citoyens d'autres villes et les inspirer.

 

Photo : Prof. Keizo Yamawaki (Université Meiji) et M. Taichiro Nishikawa, Maire de la ville d'Arakawa (Tokyo)