Culture, patrimoine et diversité

 

La Ville de Lausanne crée un Fonds interculturel

 

Le 26 août 2009, le Conseil communal de Lausanne a annoncé la création d’un fonds interculturel doté d’une enveloppe de 60.000 Francs suisses (42.000 euros). Cette somme n’a rien d’extraordinaire pour une ville. Elle constitue cependant un signal idéologique et politique fort.

 

Les ressources financières limitées mises à la disposition de ce Fonds nécessitent une bonne compréhension des critères de sélection retenus pour le financement des projets. L’élément central est que chaque projet doit avoir un impact sur au moins un groupe culturel, ainsi que sur la population suisse locale. Il doit aussi susciter le débat et l’échange sur les similitudes et différences culturelles entre les habitants de la ville. Pour être sélectionnées, les initiatives devront aussi être novatrices et avoir un impact maximal sur la population locale.

 

Quels sont les objectifs centraux de la stratégie interculturelle de la ville de Lausanne ? Elle cherche tout d’abord à favoriser le dialogue interculturel entre la population locale et les habitants d’origine étrangère. Elle s’efforce ensuite de stimuler les diverses formes d'expression artistique et culturelle en faisant appel à la participation active des habitants de la ville. Enfin, elle vise à faire connaître les activités des associations culturelles et des personnes qui travaillent dans la ville.

 

Qui sont les bénéficiaires du Fonds interculturel de Lausanne ? Il s’agit par exemple d’associations interculturelles d’immigrés, d’associations militant pour l’intégration et la prévention du racisme, de collectifs de quartier ou de structures bénévoles œuvrant pour l’intégration.

 

L’idée à la base de l’initiative des Villes interculturelles du Conseil de l’Europe est que les villes peuvent apprendre les unes des autres en échangeant leurs bonnes pratiques. L’auteur de cet article souscrit à cette philosophie et conclura en établissant des similitudes entre la stratégie de Lausanne et celles adoptées par d'autres villes. Sur le modèle des stratégies interculturelles élaborées par Barcelone et Reggio, Lausanne encourage la participation active d’une grande diversité d’acteurs afin qu’ils s’approprient le processus et le soutiennent. L’idée que la diversité n’est pas une menace mais une richesse est partagée par d’autres villes qui ont une stratégie interculturelle. L’attachement du Conseil communal de Lausanne à défendre la dimension interculturelle est aussi démontré par l’existence d’une équipe dynamique et l’attribution de ressources financières qui lui sont expressément consacrées.

 

Thomas Pavan-Woolfe